Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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 Brejnev, Leonid | 1907-1982

Leonid Brejnev

  • Né le 1e janvier 1907 à Kamenskoïe, en Ukraine (empire russe)
  • Commissaire politique à l'Armée Rouge (août 1941-août 1946)
  • Premier secrétaire du Parti communiste de Moldavie (1950-1952)
  • Premier secrétaire du Parti communiste du Kazakhstan (1955-février 1956)
  • Secrétaire du comité central (1959-1963)
  • Président du Praesidium du Soviet suprême (fonction honorifique du chef de l'État) (5 mai 1960-1964 / 1977-1982)
  • Premier secrétaire du comité central (1963-1964)
  • Secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique (1964-1982)
  • Maréchal de l'Union soviétique (mai 1976-10 novembre 1982)
  • Décédé le 10 novembre 1982 à Moscou, en Union soviétique


  • Reuter et AFP, «Leonid Brejnev est mort», dans Le Devoir (Québec, Canada), 12 novembre 1982, p. 1.

    «...La détente avec l'Occident a occupé une place prépondérante dans sa politique étrangère, mais elle a été remise en cause par l'intervention en Afghanistan, puis par la crise polonaise. En dix-huit de pouvoir, Leonid Brejnev aura inauguré en URSS l'ère de la stabilité, par opposition à la terreur stalinienne et aux à-coups de la politique de Khrouchtchev. Les Moscovites affichaient un grand calme hier matin et, dans l'ensemble, ne paraissaient guère affectés par la disparition de leur leader. Des jeunes gens interrogés ne cachaient pas leur indifférence: «l'important, soulignait l'un d'eux, c'est ce qui va suivre. J'espère qu'il y aura des changements dans le sens d'une libéralisation.» Parmi la génération des 40-50 ans, l'émotion était plus visible.»


    K.S. Karol, «Ce que sa mort peut changer», Le Nouvel Observateur (France), 13 novembre 1982, p. II (spécial Brejnev).

    «...Prévue, maintes fois annoncée par les rumeurs moscovites, la mort de Leonid Ilitch Brejnev suscite néanmoins dans le monde une stupeur d'angoisse. Avec ce vieux leader, malade à ne presque plus bouger, on savait au moins à quoi s'en tenir. Son U.R.S.S., décidément déplaisante et totalitaire, était devenue un bon client pour les industries occidentales, tandis que son image politique a aidé à détourner toute une génération des idées révolutionnaires. Leonid Brejnev, fondateur du « socialisme réel » -terme inconnu auparavant- , est aussi le père des « reaganiens » de tous les continents, sans oublier certains intellectuels parisiens. Pendant les dix-huit ans de son règne, il s'est appliqué à démontrer que le socialisme ne pouvait être qu'un système médiocre, intolérant, inefficace et, malgré tout cela, impossible à changer. Après Brejnev, trouvera-t-on un autre leader au Kremlin, pour maintenir aussi figés un énorme pays comme l'U.R.S.S. et son empire qui s'étend jusqu'au coeur de l'Europe et au fin fond de l'Asie ?»


    Bernard Féron, «Le garant de la stabilité du parti», Le Monde (France), 12 novembre 1982, p. 2 et 3.

    «...Il n'avait pas, comme son prédécesseur, le don - ou le toupet - de la formule qui étonne. À l'entendre ou à lire ses discours, on s'assoupissait parfois tant il avait souci d'empêcher les remous. Mais s'il n'avait pas le style, il s'est découvert dans la dernière période de son règne un tempérament. Puisqu'il voulait tenir un rôle de vedette, il lui fallait montrer quel homme il était. (...) Étrange courbe de carrière que la sienne. Il suscita l'inquiétude quand il prit la place d'un personnage souvent déconcertant mais humain. Il fit naître la désespérance quant il remit en marche, chez lui et chez ses voisins, la mécanique glacée du parti. Mais peu à peu le bon vivant qu'il était sembla dépouiller l'«apparatchik». Il apparut même à certains comme un de ceux que le pouvoir a finalement bonifiés. C'est un cas.»


    Guy Cormier, «Brejnev le terrible», La Presse (Québec, Canada), 12 novembre 1982, p. A6.

    «...Léonide Brejnev aura connu une fin plus glorieuse que Nikita Khrouchtchev, à qui il a succédé en 1964. Khrouchtchev a corrigé Staline et Brejnev a corrigé Khrouchtchev. Faut-il penser que, pendant toute cette période, c'est-à-dire depuis la mort de Staline en 1953, il y eut dégradation lente mais inexorable de la terreur ? C'est une question à laquelle il n'est pas facile de répondre de manière catégorique. D'autant moins facile que, fidèle à une règle qui veut que le premier devoir d'un gouvernement solide est de rester laconique, le régime soviétique cultive systématiquement le secret. Il est remarquable que la mort du leader ait été tenue secrète pendant 24 heures. Léonide Brejnev est mort comme il a vécu : dans le secret (...) Dans l'héritage laissé par le défunt, on chercherait en vain les signes de la prospérité promise par l'évangile socialo-communiste, mais l'empire a tout de même connu, avec la stabilité, la sécurité.»


    Serge Schmemann (New York Times Service), «Moscow mourns Brezhnev : I guess his time had come», dans The Globe and Mail (Ontario, Canada), 12 novembre 1982, p. 11.

    «...The preparations and announcements pointed to the grandest state funeral in Moscow since Stalin's. But beyond the hurried official preparations and rituals, the capital seemed curiously oblivious to the passing of a man officially described as the «most prominent politician and statesman of our time» (...) In his 18 years in power, Mr. Brezhnev never approached the powerful, magnetic spell that Stalin had exercised over Russia. When Stalin spoke, people stood transfixed to their receivers and even Nikita Khrushchev drew attention by the promise of the unexpected. Mr. Brezhnev, in contrast, was bland, his speeches were carefully and bureaucratically worded, his personality was veiled behind official secrecy and ritual. (...) Among more sophisticated people, a common feeling in latter months was a frustrated sense that any progress, any reform, any assault on the country's economic and social stagnation was impossible under the aged, frail Mr. Brezhnev. «I don't care if it does get worse», one economic planner recently said, «as long as there's change.»»

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