Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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 Boumédiène, Houari | 1932-1978

Houari Boumédiène

  • Né le 23 août 1932 à Beni Addi, en Algérie
  • Président du Conseil de la révolution (19 juin 1965-12 décembre 1976)
  • Président de l'Organisation de l'unité africaine (13 septembre 1968-6 septembre 1969)
  • Secrétaire général du Mouvement des non-alignés (1973-19 août 1976)
  • Président de la République (12 décembre 1976-27 décembre 1978)
  • Décédé le 27 décembre 1978 à Alger, en Algérie


  • Sennen Andriamirado, «L'autre succession de Boumedienne», Jeune Afrique (France), 10 janvier 1979, p. 66.

    «...Houari Boumedienne n'était pas seulement le président de l'Algérie. Il était aussi le chef de file de cette minorité agissante de l'OUA que l'on s'est habitué (trop vite) à appeler «le camp des progressistes» (...) D'un Gamal Abdel Nasser, Houari Boumedienne n'avait pas l'aura du seul Africain présent au rendez-vous de Bandoeng (1955), où germa le mouvement des non-alignés. Il n'avait pas plus le charisme ni l'ambition - à l'époque révolutionnaire - du panafricanisme d'un Kwame Nkrumah. Mais Houari Boumedienne avait le privilège de diriger un pays ayant potentiellement l'attribut de grande puissance : le poids économique. En tant que leader d'un bloc dit progressiste africain, lequel s'est affirmé à Khartoum lors du quinzième sommet de l'OUA en juillet 1978, Houari Boumedienne n'est pas facile à remplacer. Il le sera difficilement par son successeur à la tête de l'Algérie : quel qu'il soit, le futur président algérien sera d'abord un nouveau venu, voire un cadet dans le club des chefs d'État africains.»


    André Putard, «Que laisse Boumediène ?», L'Express (France), 6 janvier 1979, p. 46.

    «...Chantier ou ruine, c'est ainsi qu'on peut qualifier cette Algérie de Boumediène après seize ans d'indépendance. Les deux mots, découlant de jugements farouchement opposés, recouvrent la même réalité. Et au fond, portent la même signification. Car, où situer la frontière entre ce qui reste à faire et ce qui n'a pas été fait ? (...) C'est le régime bureaucratique qui, ici, comme partout ailleurs où s'instaure un socialisme autoritaire, désorganise, stérilise le pays (...) Boumediène, dit-on, le déplorait. Qu'a-t-il fait pour y porter remède ? Nantis, hiérarques du parti, cadres de l'État et de l'Armée forment la classe où s'appuyait son pouvoir. Aux autres, il offrait, en contrepartie, le prestige extérieur et les desseins ambitieux particulièrement séduisants pour ce peuple plein de fierté. Il semblait vouloir faire de l'Algérie la Prusse de l'Afrique, voire du monde arabe... Énigmatique silhouette drapée d'un burnous noir, il aura disparu avant de réaliser ce rêve. Et, surtout, avant d'avoir réussi dans son pays ce total et harmonieux développement qu'il tenait, pourtant, pour essentiel.»


    Sans auteur, «Un héritage important», Le Monde (France), 20 décembre 1978, p. 1.

    «...Le vide laissé par la disparition de Houari Boumediène met en relief l'envergure de l'homme d'État qui pendant treize ans a forgé l'Algérie moderne et occupé une place majeure sur la scène internationale, en s'affirmant comme le chef de file intransigeant mais pragmatique du tiers-monde. S'il avait la passion de son pays, dont il se faisait «une certaine idée», il avait également une vision stratégique du monde. En ce sens, il aura été le véritable héritier spirituel de Gamal Abdel Nasser. «Jacobin», nationaliste arabe et socialiste, il a été un des premiers à comprendre que le principal conflit du dernier quart du vingtième siècle ne serait plus celui opposant l'Est à l'Ouest mais le Nord au Sud, les peuples riches aux peuples pauvres, les États industrialisés aux pays sous-développés.»


    Chicago Tribune (États-Unis), 28 décembre 1978

    «...President Houari Boumedienne of Algeria, who died this week, was one of the most complex and intriguing leaders of the Third World, a man who was able to combine political radicalism with pragmatic economic and foreign policies. In the 13 years since he seized power in a military coup, he made Algeria one of the most advanced and prosperous countries in the developing world despite his seeming preoccupation with revolution and anti-Zinoism. Inconsistencies abounded in Mr. Boumedienne's Algeria. He could on the one hand provide succor for terrorist hijackers and on the other negociate a mutually profitable natural gas deal with an American capitalist. He professed to dislike the limelight and to favor collective leadership, but he was so much a dictator that he had no need for a vice president, prime minister, or defense minister. While espousing Arab solidarity, he warred with Arab neighbors. Now that Mr. Boumedienne’s intensely personal influence is gone, his successors have an opportunity to resolve some of those inconsistencies.»

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