Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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 Monnet, Jean | 1888-1979

Jean Monnet

  • Né le 9 novembre 1888 à Cognac, en France
  • Président de la Haute autorité de la Communauté du charbon et de l'acier (1952-1955)
  • Décédé le 16 mars 1979 à Bazoches-sur-Guyonne, en France


  • Raymond Aron, «Jean Monnet a-t-il gagné?», L'Express (France), 31 mars 1979, p. 39.

    «...Pourquoi ce bourgeois du cognac, cet ancien banquier, ce petit Français ni orateur ni écrivain, sans diplômes universitaires et sans décorations, a-t-il finalement exercé une telle influence, difficile à déterminer exactement, mais que personne ne peut nier ? Il ne possédait aucune des qualités (ni aucun des défauts) caractéristiques des Français, aucune de celles qui, d'ordinaire, conduisent au pouvoir. Aussi bien n'a-t-il pas accédé au pouvoir et ne l'a-t-il jamais ambitionné. Il ne donna sa pleine mesure, il ne prit une dimension historique qu'à partir de 1950 : simple citoyen qui croyait à l'unité de l'Europe et travaillait à cette oeuvre chaque jour, chaque minute de sa vie, sûr d'avoir raison, invulnérable aux déceptions, possédé par un projet raisonnable, impatient de répandre ses convictions et de les traduire en réalité. Une obsession, un objectif unique, une activité inlassable, le sens du possible, le talent de persuader ses interlocuteurs : voilà, me semble-t-il, la combinaison de mérites qui aidera ceux qui ne l'ont pas connu à comprendre sa carrière et sa gloire.»


    Pierre Drouin, «Un conquérant tranquille», Le Monde (France), 17 mars 1979, p. 3.

    «...Cette foi ne lui a jamais fait défaut, même à ces grands moments de crise par où -forcément- devait passer la construction européenne. Mieux, il a su communiquer, reprenant inlassablement le chemin des capitales du Vieux Monde. Son grand désintéressement, sa liberté à l'égard des formations politiques, ont ajouté sûrement à son crédit, et aussi le fait qu'il savait éviter de se crisper sur ses idées les plus chères. Dans les moments difficiles, Jean Monnet s'employait surtout alors à créer les conditions d'une évolution meilleure (...) Pourtant, la plus grande leçon diffusée par Jean Monnet, à nos yeux, ce n'est pas celle du pouvoir de la goutte d'eau, de l'obstination, mais plutôt celle de la force d'une idée simple dans un monde qui a trop souvent perdu la mesure, soit qu'il vibre sous les éclairs de l'intelligence discursive jusqu'à la sophistication, soit qu'il s'englue dans les stéréotypes du groupe.»


    Marcel Adam, «Jean Monnet, le grand et discret inspirateur», La Presse (Québec, Canada), 21 mars 1979, p. A4.

    «...Les leçons qu'il tira de deux guerres destructrices le convainquirent que le seul moyen d'empêcher que ne se répètent ces conflits destructeurs était de faire des ennemis d'hier des partenaires, des associés dans des entreprises communes, d'abord de caractère économique. Pour cela il fallait convaincre les nations européennes de surmonter leurs intérêts égoïstes et leurs jalousies souverainistes, en vue d'un objectif supérieur : la paix et une plus grande prospérité (...) Homme d'idées et d'imagination, Jean Monnet, que de Gaulle appelait «le grand inspirateur», avait aussi le don de convaincre et l'intelligence de savoir saisir les occasions propices au changement. «Les hommes n'acceptent le changement que dans la nécessité, disait-il, et ils ne voient la nécessité que dans la crise.»


    John Nielsen et Edward Behr, «The Father of Europe», Newsweek (États-Unis), 26 mars 1979, p. 68.

    «...«There are two kinds of people in the world», Jean Monnet used to say, «those who want to do something, and those who want to be somebody.» There was never any doubt about where Monnet belonged. He did things. He never held elective office, but he often exerted as much influence as any national leader. He was a self-described political economist, a counselor to presidents -«a broker of ideas,» in Theodore H. White's apt phrase. More than any other man, he was responsible for the creation of the European Common Market, and by the time he died last week, he had clearly earned the title : Father of Europe (...) Monnet is expected to be buried in a private ceremony near his beloved French country home -away from the pomp and the limelight that he resolutely avoided throughout his lifetime. He was a prophet of limited honor in his homeland; he realized full well that his dedication to international unity had made him a villain to some of his more nationalistic countrymen.»

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