Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

24 mars 2017

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 Houphouët-Boigny, Félix | 1905-1993

Félix Houphouët-Boigny

  • Serait né le 18 octobre 1905 à N'Gokro, en Côte-d'Ivoire
  • Première élection à l'Assemblée nationale (1946)
  • Président de l'Assemblée nationale de Côte-d'Ivoire (24 mars 1953-30 novembre 1959)
  • Ministre délégué à la présidence du Conseil (France) (1e février 1956-13 juin 1957)
  • Ministre d'État dans différents gouvernements (France) (13 juin 1957-17 mai 1958, 1e juin 1958-20 mai 1959)
  • Ministre conseiller du gouvernement de Michel Debré (France) (23 juillet 1959-19 mai 1961)
  • Maire d'Abidjan (1956-1960)
  • Premier ministre de Côte-d'Ivoire (1e mai 1959-3 novembre 1960)
  • Ministre de l'Intérieur (Côte-d'Ivoire) (8 septembre 1959-3 janvier 1961)
  • Ministre des Affaires étrangères (Côte-d'Ivoire) (3 janvier 1961-10 septembre 1963)
  • Ministre de la Défense, ministre de l'Intérieur, ministre de l'Agriculture (Côte-d'Ivoire) (10 septembre 1963-21 janvier 1966)
  • Ministre de l'Économie et des Finances, ministre de la Défense, ministre de l'Agriculture (Côte-d'Ivoire) (21 janvier 1966-23 septembre 1968)
  • Ministre de l'Éducation nationale (Côte-d'Ivoire) (8 juin 1971-1e décembre 1971)
  • Président de la République de Côte-d'Ivoire (7 août 1960-7 décembre 1993)
  • Décédé le 7 décembre 1993 à Yamoussoukro, en Côte-d'Ivoire


  • François Soudan, «Le baobab et les bûcherons», Jeune Afrique (France), 16 au 22 décembre 1993, p. 34-35.

    «...Le sang, la terre, le peuple : de ce triptyque fondateur, Houphouët a acquis une légitimité sans beaucoup d'équivalent sur le continent africain. Même si, au crépuscule de son long, trop long règne, trop de mauvaises figures, d'appétits et de fantômes dansaient un pénible ballet autour de son lit de douleur, l'image que l'Histoire retiendra de lui ne sera pas celle d'un grabataire au soir de sa vie, accroché au pouvoir comme un naufragé à sa bouée, mais celle d'un président-planteur les pieds rougis de latérite et la tête nourrie du bon sens et de la magie de l'Afrique du jour et de la nuit (...) Une page se tourne donc. Pour les relations franco-africaines, mais aussi pour cette Afrique francophone privée désormais de son sage, de son parrain et de son doyen. Sur ce plan, Houphouët ne sera sans doute pas remplacé : ainsi le veut l'époque. En ces temps de démocratisation chaotique, de crise sociale aiguë et de disette financière, chacun se replie sur soi et chemine sans guide sur les pistes du hasard.»


    Ibrahima Signaté, «Houphouët l'Africain», Le Nouvel Afrique-Asie (France), janvier 1994, p. 9-10.

    «...C'est assurément un homme très controversé, mais de grande dimension, qui vient de s'éteindre. Un monument. Laurent Gbagbo, chef du Front populaire ivoirien (FPI, opposition) a trouvé juste pour décrire l'événement en parlant du «grand baobab qui s'est écroulé» (...) Il ne fait pas de doute que dans sa politique africaine, Houphouët-Boigny a été guidé par la recherche obstinée d'une certaine hégémonie. Il ne concevait, par exemple, les regroupements régionaux qu'avec des pays réduits à une sorte de vassalisation et auxquels l'unissait des liens très lâches. Il était aussi très flatté d'occuper une position prééminente dans ce qu'il est convenu d'appeler le «pré carré» francophone. En réalité, le chef d'État foncièrement conservateur qu'était Houphouët-Boigny n'aura jamais su épouser les causes porteuses de changements décisifs. Il avait en horreur le mouvement et combattait à ce titre tout ce qui allait à l'encontre de sa vision passéiste des choses. D'ailleurs, le mythe qu'il incarnait avait été passablement ébréché par l'irruption de la démocratie dans son pays.»


    Philippe Gaillard, «Un Africain dans le siècle», Jeune Afrique (France), 16 au 22 décembre 1993, p. 37.

    «...Si l'on peut observer chez cet homme, à travers ses âges, une grande stabilité des principaux traits de caractère, dont la capacité à jauger et utiliser les hommes, son parcours fut tout sauf rectiligne. Que de virages, en effet ! Le chef de canton aux ordres du régime réactionnaire et raciste de Vichy prend presque subitement la tête du mouvement anticolonialiste. Le grand allié du Parti communiste français devient le héraut de l'anticommunisme. L'ennemi numéro un en Afrique des premiers gouvernements de la IVe République est invité à siéger dans les derniers. Le partisan d'une fédération franco-africaine qui aurait exclu, même à long terme, la souveraineté nationale, précipite soudain son pays dans l'indépendance et porte le dernier coup, fatal, à la Communauté. L'adroit politicien qui trouvait ses délices dans le jeu des partis instaure le parti unique et ne restaurera le pluralisme que contraint et forcé. L'homme qui entra dans l'histoire de l'Afrique en faisant abolir le travail forcé au nom des droits de l'homme se souciera assez peu des libertés individuelles - mais beaucoup de la vie humaine - et pas du tout de la liberté de la presse.»


    Frederico Mayor, directeur de l'UNESCO, http://www.unesco.org/prixfhboigny/le_prix/laureats/1994/ang/tributes_fhb.htm

    «...Félix Houphouët-Boigny left us a message in the form of a demand: peace. He made the search for peace the source of inspiration of his thoughts and the goal of his action, thus embracing the same vision as the founding fathers of UNESCO who expressed their conviction that «It is in the minds of men that the defences of peace must be constructed». He indeed admitted that throughout his life he was «guided by but one ideal, the ideal of universal fraternity». He used both the authority, which he gained as a result of his combat at the national and continental levels, and his aura of sage on the international stage, to further this ideal. Continuing the African tradition of conciliation and interchange, he was able to restore to the concept of negotiation its dignity and primary function of being a method for settling conflicts which is in all cases preferable to confrontation and violence. This was the resolute choice of someone who had come to understand that true courage lay in listening, understanding and tolerance. «There is no problem in the world, however difficult and knotty; that cannot be solved through negotiation», he used to say, even in the midst of crises.»

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