Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Palme, Olof | 1927-1986

Olof Palme

  • Né le 30 janvier 1927 à Stockholm, en Suède
  • Ministre sans portefeuille (1963-1965)
  • Ministre des Communications (1965-1967)
  • Ministre de l'Éducation et des Affaires religieuses (1967-1969)
  • Premier ministre de Suède (14 octobre 1969-8 octobre 1976 / 8 octobre 1982-28 février 1986)
  • Décédé le 28 février 1986 à Stockholm, en Suède


  • Bruno Kreisky, «Il a inventé la « radicalité » sociale-démocrate», cité dans Le Nouvel Observateur (France), 7 au 13 mars 1986, p. 36.

    «...À mes yeux, son importance historique est d'avoir su introduire dans la vie politique mondiale ce que j'appellerai une « radicalité » sociale-démocrate. Et cela, en se faisant le porte-parole d'une nouvelle solidarité internationale. C'est ainsi qu'il a su ramener à la politique une bonne partie de la jeune génération. Jusqu'à lui, les partis sociaux-démocrates consacraient l'essentiel de leurs efforts à la mise en oeuvre de politiques réformistes dans leurs propres pays. Palme les a entraînés sur la voie d'un engagement international très marqué, d'abord en faveur des mouvements de libération, de la coopération avec le tiers monde, de la lutte contre la faim, ensuite - et c'est devenu son domaine d'intervention privilégié - en faveur du désarmement. Sur toutes ces questions, le nom d'Olof Palme s'est imposé au point d'acquérir sur la scène internationale un prestige semblable à celui de John Kennedy.»


    Jean Daniel, «Pour quoi meurent les justes ?», Le Nouvel Observateur (France), 7 au 13 mars 1986, p. 22-23.

    «...C'est un antihéros de la social-démocratie qui est tombé au moment où il se livrait à l'activité la plus antihéroïque. Il était allé au cinéma. Il en sortait pour se rendre chez lui. Sans aucune escorte, sans aucun gorille, pas le moindre garde du corps. C'est la Suède et c'est la démocratie (...) Abattre l'homme symbole d'une telle société, c'est menacer le rêve de tous de vouloir imiter cette société. Autre chose : ce Suédois battait des records de popularité contradictoires. Dans le monde en tout cas. Soucieux de neutralisme à l'égard des Soviétiques, il était respecté par les Américains. Tiers-mondiste engagé, il prêchait dans les milieux de la haute finance. Ami des Palestiniens, il n'était pas considéré comme un ennemi par les Israéliens. Les Irakiens et les Iraniens venaient de l'accepter comme médiateur. Le roi du Maroc songeait à lui pour être l'un des garants de moralité lors d'un éventuel référendum au Sahara. Les Algériens n'auraient pu le récuser. Qui d'autre, aujourd'hui, pourrait réunir sur son nom de tels antinomiques suffrages ? Réponse : personne. Dans le passé, Mendès France peut-être.»


    Christian d'Epenoux, «Stockholm : qui a tué Palme ?», L'Express (France), 14 mars 1986, p. 16.

    «...Quel homme de cette dimension oserait prétendre qu'il n'a pas d'ennemis ? Surtout pas Olof Palme, infatigable apôtre de l'anticolonialisme, du tiers-mondisme, du neutralisme et du désarmement. Contre la guerre d'Algérie, naguère, il orchestrait des collectes en faveur des insurgés du F.L.N., comme il condamna, plus tard, dans des discours corrosifs, l'«agression» américaine au Vietnam, dont il accueillait à bras ouverts les G.I. déserteurs. Cela crée des souvenirs, parfois des rancunes (...) L'extrême affliction des Suédois, toutes classes confondues, en témoigne : Olof Palme, ce vieil adolescent si irritant et si séduisant à la fois, a bien été l'un des personnages les plus attachants de la saga suédoise. Curieusement, c'est au moment où il avait expurgé les aspects les plus indigestes de son engagement politique qu'Olof Palme tombe sous les balles d'un fanatique. En 1982, après six ans d'intermède d'une coalition « bourgeoise » à laquelle il n'avait pas fait de cadeau, il était revenu au pouvoir, adouci et plus oecuménique, « en tendant la main à tous les Suédois de bonne volonté ».


    Agence France-Presse, «Un partisan de toutes les bonnes causes», La Presse (Québec, Canada), 2 mars 1986, p. 13.

    «...Homme de toutes les bonnes causes, Olof Palme, gardien de l'État-providence en Suède, a appliqué son neutralisme actif aux deux plus grandes menaces qui pesaient selon lui sur la paix dans le monde : l'écart grandissant entre le Nord et le Sud et la course aux armements. Il a sillonné le monde pour le compte de l'Internationale socialiste, se présentant comme un médiateur, et arrivant à donner l'image d'un homme «qui n'a pas d'ennemis». En témoignent les hommages qui lui sont rendus de partout, tant par le régime communiste du Nicaragua - qui a décrété trois jours de deuil - que par le premier ministre turc Turgut Ozal, qui estime que le monde se souviendra de ses efforts sans limite au service de la paix.»


    The Washington Post (États-Unis), 1e mars 1986.

    «...His career as a politician breaks into two parts, the years before he lost office in 1976 and the years after he triumphantly returned in 1982. In the earlier period he was one of the most prominent and unremitting of the many critics abroad of this country's part in the Vietnam war. He was also one of Europe's most prominent spokesmen for the ideals of the welfare state . On both subjects he spoke for authentic Swedish traditions (...) In his second term as prime minister, after 1982, he was less exhuberant and perhaps less audible. Circumstances had changed. Tensions had risen between the two great powers, and the Russians began routinely harassing Sweden with their submarines. Mr. Palme was no pacifist, as he demonstrated when he warned the Soviets that his navy would attack any foreign subs in Swedish waters. In a time of little economic growth and much use of the word austerity, the welfare state was on the defensive. But he knew that both countries and ideas need their defenders.»

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