Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Sankara, Thomas | 1949-1987

Thomas Sankara

  • Né le 21 décembre 1949 à Yako, en Haute-Volta
  • Secrétaire d'État à l'Information (1981-21 avril 1982)
  • Premier ministre de Haute-Volta (10 janvier 1983-17 mai 1983)
  • Président de la Haute-Volta, qui devient le Burkina Faso en août 1984 (4 août 1983-15 octobre 1987)
  • Décédé le 15 octobre 1987 à Ouagadougou, au Burkina Faso


  • Béchir Ben Yahmed, «Un rêve brisé», Jeune Afrique (France), 28 octobre 1987, p. 4.

    «...Il aura été pour l'Afrique des années 80 ce que Lumumba a été pour celle des années 60 : un révolutionnaire sincère et brouillon, trop jeune et trop pur pour trouver sa place en politique, y durer. Un jour ou l'autre, les crocodiles devaient l'avaler. Il était d'ailleurs de bon ton, au sein de l'establishment politique africain, d'affecter de ne pas le prendre au sérieux tout en le surveillant du coin de l'oeil. Il agaçait les chefs d'État, et pas seulement ceux de l'ancienne génération. Il dérangeait les notables et donnait mauvaise conscience à ceux qui en avaient gardé une (...) Les jeunes, en revanche, les « sans-voix », avaient fait de Thomas Sankara leur idole. Ces désespérés avaient mis en lui leur espoir. Ils avaient vu surgir un homme qui sentait comme eux, rejetait avec eux ce qu'ils abhorrent : le costume coûteux, la villa-palais, la Mercedes et ce qu'ils impliquent, la corruption. Au fond d'eux-mêmes, ils savaient bien que c'était un rêve qui se briserait, mais la fraîcheur de cet homme, son originalité et son côté iconoclaste les ravissaient. Les voilà pleurant Sankara et enterrant, avec lui, l'espoir qu'il a fait naître.»


    François Hauter, «Le président Sankara tué», Le Figaro (France), 17-18 octobre 1987, p. 4.

    «...De nombreux connaisseurs du Burkina Faso s'attendaient depuis longtemps à la chute du capitaine intrépide. N'avait-il pas défié le Moro-Naba de Ouagadougou et tous les héritiers des chefferies qui règnent depuis le XVe siècle sur le territoire mossi ? Tous ceux qui furent fascinés par le verbe de Sankara, le «Sant-Just du Sahel», préféreront certainement évoquer d'autres raisons pour expliquer son échec. Mais il est certain qu'au coeur de l'Afrique la plus paysanne et la plus conservatrice qui soit, le capitaine apparaissait comme un mutant, tout à tour séducteur et dévastateur, tant il maîtrisait mal les effets pervers de ses fausses bonnes idées.»


    Yves Breheret, «Uu jeune homme très tranchant», Le Figaro (France), 17-18 octobre 1987, p. 4.

    «...Le discours de Thomas Sankara était une longue litanie marxiste, corrigée de références tribales. (...) Ce mince capitaine a eu longtemps la baraka. Il est vrai qu'il savait soigner son image. Depuis ses exploits, vrais ou améliorés, sur le «front» de l'Agacher contre le Mali en 1985, il était écrit que Sankara devait régner un jour, puis mourir, encore tout jeune. Fils d'un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, il s'était forgé l'image d'un officier spartiate, soucieux de plaire aux foules par un langage simple et des formules choc. Mais, en quatre ans, son image s'était ternie : face aux difficultés, Sankara était devenu un homme de contradictions, indécis, qui s'éloignait des masses dont il se voulait si proche.»


    Nicholas Beeston, «Death toll nears 100 in Burkina Faso», The Times (Royaume-Uni), 17 octobre 1987, p. 7.

    «...His relationship with President Mitterrand was that of a young rebel trying to teach a wise older statesman a few new tricks - a game that was taken in good part by M. Mitterrand, for he knew what Captain Sankara was learning slowly, that however idealistically he aimed to run his poverty-stricken country, he could not in the end do it without French and international aid (...) An unknown quantity at the beginning, his first actions to stamp out corruption made other African Presidents sit up and take notice. All ministers were forced to give up their Mercedes cars, which were put in the national lottery. The President wanted it instil in his eight million countrymen that to be poor was not shameful. He changed the country's name from Upper Volta to Burkina Faso (the country of just people) and spent much of his time in the countryside teaching the peasants how to make a living out of the drought-ridden terrain.»


    Bruno Jaffré, Extrait de «Thomas Sankara - La patrie ou la mort», reproduit dans Le Nouvel Afrique-Asie (France), octobre 1997, p. 23.

    «...La popularité de Thomas Sankara réside dans les qualités qu'il a déployées au pouvoir, dans son énergie communicative, son intelligence, sa créativité, sa résolution, l'ampleur du travail qu'il était capable d'accomplir, sa capacité à entraîner son entourage et son peuple, mais aussi dans son intégrité et sa rigueur morale. Autant de qualités somme toute très humaines et très réelles. Mais elles sont rares chez le même homme et atteignent rarement la même force. Son héroïsme réside surtout dans la valeur d'exemple qu'il représentait, ce qui décuplait sa capacité à faire rêver, tout en restant toujours très proche des gens, par la proximité physique mais aussi par son langage qu'il voulait accessible. Les hommes de pouvoir doivent passer par tellement d'étapes, jouer de tant de malignité, passer par tant de compromissions ou de compromis, se débarrasser de tant de rivaux que lorsqu'ils arrivent au sommet, ils en ont souvent oublié leur engagement initial, quand ils n'étaient pas dès le départ des ambitieux motivés essentiellement par leur propre avenir. Thomas Sankara tranche avec tous ceux-là.»

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