Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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 Sese Seko, Mobutu | 1930-1997

Joseph Mobutu

  • Né le 14 octobre 1930, à Lisala (Congo belge)
  • Nommé secrétaire d'État à la présidence du conseil (24 juin 1960)
  • Nommé chef d'État-major de l'armée (8 juillet 1960)
  • Président de la République démocratique du Congo (24 novembre 1965-16 mai 1997)
  • Président-fondateur du Mouvement populaire de la Révolution (parti unique) (20 mai 1967)
  • Maréchal-président du Zaïre (décembre 1982)
  • Décédé le 7 septembre 1997 à Rabat, au Maroc


  • Albert Bourgi, «Mobutu : une fin sans gloire», Jeune Afrique (France), 10 au 16 septembre 1997, p. 8.

    «...Le régime Mobutu aura été le concentré de tous les maux qui, jusqu'à l'orée des années quatre-vingt-dix, auront perverti le développement politique, économique et culturel du continent : du culte de la personnalité et de la répression érigé en mode de gouvernement, du système du parti-État censé exprimer la volonté populaire, de la gabegie et de la corruption comme instrument d'allégeance ou du bric-à-brac idéologique sur lequel se fondait le slogan de l'«authenticité» (...) Le «maréchal-président» a su, mieux que quiconque, dans son entreprise de soumission de ses concitoyens, utiliser tous les paramètres de la guerre froide. Se posant en défenseur du «monde libre» dans une région où la menace du communisme dictait la politique de l'Occident, il a réussi non seulement à s'assurer le silence des grandes puissances sur une politique systématique de violation des droits de l'homme et de pillage des richesses du pays, mais aussi à obtenir leur soutien chaque fois que son régime vacillait.»


    Patrick de Saint-Exupéry, «Mobutu, l'ami encombrant...», Le Figaro (France), 9 septembre 1977, p. 5.

    «...Mobutu Sese Seko était un naïf. Il fut terrible. Sanguinaire et retors. Machiavélique et truqueur. Sans foi ni loi. Mais aussi manipulé, utilisé, trompé... et, pour finir, abandonné. Au printemps dernier, la victoire de Laurent Désiré Kabila a soudain confirmé ce que Paris, jusqu'au dernier moment, n'avait pas voulu s'avouer : Mobutu n'était plus qu'une baudruche. Mais, jusqu'au bout aussi, le maréchal-président n'avait pas cru à sa propre déchéance. On lui avait si longtemps déroulé le tapis rouge qu'il était persuadé que les puissants du monde resteraient à jamais ses obligés. En s'emparant du pouvoir en 1965, n'avait-il pas arrimé au camp occidental un territoire dont les dimensions en faisaient le pivot de l'Afrique noire ?»


    Frédéric Fritscher, «La seconde mort de Mobutu», Le Monde (France), 9 septembre 1997, p. 16.

    «...Sa capacité de corruption n'avait d'égale que la formidable vénalité de la classe politique zaïroise. Il a su jouer avec virtuosité de l'anticommunisme viscéral des Américains et des règles édictées pendant la guerre froide pour se concilier les faveurs de l'Occident. Il a été le rempart inébranlable, le dernier bastion contre la progression de l'influence soviétique en Afrique. Il a reçu, en échange, des sommes colossales des Etats-Unis, qui n'ont pas hésité à en faire un commandeur de la Légion du mérite. Il a vu venir la fin de la politique des blocs, mais il n'a jamais pensé que la chute du mur de Berlin entraînerait un jour la sienne. Ceux qui l'ont fait roi l'ont abandonné avec le plus grand cynisme, jouant la carte de Laurent-Désiré Kabila, le lumumbiste avec qui Che Guevara avait envisagé d'allumer un grand foyer révolutionnaire dans le Kivu... Rattrapé par la Realpolitik, Mobutu avait eu raison de proclamer : «Il n'y avait pas de Zaïre avant moi, il n'y en aura plus après moi.» C'était au temps de sa splendeur.»


    Lise Bissonnette, «La sainte et le truand», Le Devoir (Québec, Canada), 9 septembre 1997, p. A6.

    «...Tout cela ne veut rien dire si, en même temps, on continue à expulser presque toute morale des rapports entre nations. La mort de Mobutu Sese Seko, au lendemain de celle de mère Teresa, jette cette contradiction à la face des institutions. Après avoir pris le pouvoir au Zaïre avec l'aide américaine en 1965, Mobutu l'a conservé avec l'aide européenne jusqu'en 1997, et n'a jamais connu autre chose, même dans son exil in extremis en pays ami, qu'une large complaisance envers sa dictature, son pillage, ses exactions, ses tueries, le désespoir atroce de son peuple et les reculs qu'il a infligés à presque toute l'Afrique (...) La complicité est d'ordre semblable aujourd'hui, quand on va mettre le genou en terre devant d'autres dictateurs pour leur vendre des turbines ou se réjouir d'acheter ici leurs pacotilles fabriquées dans des camps de prisonniers. Ce sont des Mobutu qu'on embrasse, même s'ils paraissent moins grossiers, et s'ils font moins de bruit en supprimant la dissidence.»


    Howard W. French, New York Times, (États-Unis), 8 septembre 1997.

    «...After seizing power in a 1965 coup, Mr. Mobutu formed one of the continent's archetypal one-party states, tolerating no dissent and encouraging a strong personality cult. The chosen symbols of his power became a trademark leopard-skin cap and wooden walking stick, carved with the figure of an eagle at the top. Under the banner of an ideology dubbed «authenticity», and later simply known as Mobutuism, he sought to legitimize his rule by reawakening pride in values supposedly unique to Africans, all the while enhancing his own power as the undisputed chief. He built his political longevity on three pillars: violence, cunning and the use of state funds to buy off enemies. His systematic looting of the national treasury and major industries gave birth to the term «kleptocracy» to describe a reign of official corruption that reputedly made him one of the world's wealthiest heads of state.»

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