Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Sakharov, Andreï | 1921-1989

Andreï Sakharov

  • Né le 21 mai 1921 à Moscou, en Union soviétique
  • Prix Nobel de la Paix (1975)
  • Siège au Congrès des députés du peuple (mars à décembre 1989)
  • Décédé le 14 décembre 1989 à Moscou, en Union soviétique


  • K.S. Karol, «Le prophète de la perestroïka», Le Nouvel Observateur (France), 21 et 27 décembre 1989, p. 4.

    «...«C'était un vrai prophète, au sens ancien, authentique du terme», c'est ainsi que le très pondéré Dimitri Likhatchev, membre de l'Académie des Sciences, a décrit, lundi dernier, Andreï Sakharov, lors de l'émouvante cérémonie funèbre organisée en son honneur à Loujniki (...) Sakharov, c'est un fait, n'a pas seulement lutté pour les droits de l'homme. Il a vu avant les autres les faiblesses du système soviétique. Relisons ses premiers textes, écrits en 1968 et 1970 : ils annoncent étrangement les discours actuels de Mikhaïl Gorbatchev. Au moment où Sakharov rédigeait ses toutes premières « Réflexions sur le progrès », l'équipe au pouvoir au Kremlin - Brejnev, Kossyguine, Podgorny - , poursuivant sur la lancée de Nikita Khrouchtchev, promettait toujours de « rattraper et de dépasser les États-Unis » dans la production de biens par tête d'habitant. Andreï Sakharov a été le premier à s'inscrire en faux contre ce triomphalisme.»


    Jean Amalric, «Un vrai démocrate», Le Monde (France), 16 décembre 1989, p. 4.

    «...Nul trace chez lui d'esprit «grand russe», du moindre chauvinisme. Il défendait le droit à la liberté de tous les hommes et rêvait que son pays devienne une vraie démocratie parlementaire, après avoir rendu leur liberté aux peuples asservis. Il a payé son combat de plus de six années d'exil; il était revenu de Gorki un peu plus épuisé, un peu plus voûté, la voix encore plus sourde, mais toujours aussi déterminé. «Réhabilité» par M. Gorbatchev, il aurait pu jouir d'une existence facile, jouer les grands prêtres d'un régime en voie de modernisation. Il a refusé : il connaissait trop bien son pays, ses blocages, les obstacles à franchir, les dangers à éviter, pour croire la partie gagnée. Il ne fut donc pas le propagandiste de la perestroïka et de la glasnost, sur lesquelles il nourrissait de nombreux doutes (...) Sans s'encombrer d'arguments d'opportunité, il poursuit tranquillement son combat pour une vraie démocratie : le système pour lui n'était pas amendable, et s'arrêter en chemin eût été faire marche arrière.»


    Paul-André Comeau, «La dignité de la dissidence», Le Devoir (Québec, Canada), 19 décembre 1989, p. 6.

    «...En s'éteignant à Moscou à l'âge de 68 ans, le Prix Nobel de la Paix (1985) laisse un vide important au moment où la perestroïka marque le pas. Depuis son retour d'exil intérieur à Gorki, Sakharov a joué un rôle majeur dans l'entreprise de libéralisation menée par le Président Mikhaïl Gorbatchev. Entreprise délicate et subtile, où l'un et l'autre homme ont donné l'impression de se donner la réplique dans un drame en constante improvisation (...) Ce physicien exceptionnel s'est inscrit au premier rang de la contestation dès le début des années 60. Hanté par les perspectives d'horreur de la bombe à hydrogène dont il fut l'un des artisans, Sakharov est rapidement devenu la mauvaise conscience d'un régime à qui il avait donné la maîtrise de l'arme supérieure.»


    Fred Coleman, «The Conscience of a Country», Newsweek (États-Unis), 25 décembre 1989, p. 45.

    «...Seldom in any nation's history has one man commanded so much moral authority. In the Soviet Parliament the day after Sakharov's death, an admirer called him «the conscience of our country». He had forsworn a life of privilege as a top scientist to wage a three-decade battle against Soviet policies. In an era of repression and silence, he was a lonely voice for human rights, for political freedom and for an end to nuclear terror. He suffered the consequences : ostracism, threats, eventually internal exile. But Sakharov lived to see his labors justified. The reforms effected by Mikhail Gorbachev are in part his legacy.»

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