Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Mère Teresa, (Agnes Gonxha Bojaxhiu) | 1910-1997

Mère Térésa de Calcutta

  • Née le 26 août 1910 à Skopje, dans l'Empire Ottoman (Macédoine)
  • Fondatrice de la congrégation des Missionnaires de la Charité (7 octobre 1950)
  • Prix Nobel de la Paix (1979)
  • Décédée le 5 septembre 1997 à Calcutta, en Inde


  • Elie Marechal, Joseph Vandrisse, Renaud Girard, «L'inestimable héritage de la «sainte de Calcutta», Le Figaro (France), 6 septembre 1997, p. 8 et 9.

    «...Dans ce siècle de larmes et de sang, de totalitarismes et de tohu-bohu guerriers, mère Teresa a imprimé son visage chiffonné et son sourire malicieux, sa lumineuse bonté et sa pacifique ardeur. Comme les malades et les mourants sur qui elle s'est si souvent penchée, elle relève notre époque et lui rend une lueur d'espoir. Elle donne simplement sa tendresse maternelle. Le XXe siècle s'achèverait-il avec une génération en mal de paternité ? Heureusement, il y a eu aussi mère Teresa. Celle que, de son vivant, on appelait « la sainte de Calcutta » (...) Sans relâche, mère Teresa fonde, recrute, réconforte, file en Europe ou en Amérique pour convaincre les puissants qu'« ils doivent, eux aussi, faire quelque chose ». Elle finit par ébranler les certitudes, secouer les indifférences. Elle force les yeux à regarder l'océan de misère où elle nage désespérément. Elle réussit à ouvrir toutes les portes et tous les coeurs.»


    Dominique Quinio, «La mort de mère Teresa», La Croix (France), 8 septembre 1997, p. 3.

    «...Il est ainsi des témoins de l'Eglise qui, par leurs actes, leur visage même, bien plus que par leurs paroles, traduisent en toutes langues le message d'amour du Christ. Mère Teresa était l'un de ceux-là. Une image, un symbole touchant le coeur du monde, celui des plus jeunes, des plus éloignés de l'Eglise (...) Par ailleurs, ses positions sur la place de la femme dans l'Eglise restaient terriblement traditionnelles, trop sans doute pour certaines ; ses éloges de la souffrance pouvaient paraître dérangeantes ; les exigences de l'amour qu'elle n'hésitait pas à rappeler aux jeunes venus l'écouter n'allaient certes pas dans le sens de la mode. Et pourtant, elle rassemblait les foules autour d'elle et suscitait, à son exemple, des vocations absolues.»


    Alain Dubuc, «Le message», La Presse (Québec, Canada), 6 septembre 1997, p. B2.

    «...Ce rapprochement dans la mort a déjà amené certains à tracer un parallèle entre la vie de ces deux femmes (mère Teresa et Lady Diana). Mais ces comparaisons sont injurieuses pour celle qui a obtenu et mérité le prix Nobel de la paix, en 1979. Au contraire, s'il faut tirer une leçon de ces deux événements tragiques, c'est la différence fondamentale entre la sainteté et la célébrité. Mère Teresa a donné sa vie aux plus pauvres des plus pauvres, les sans-abri de Calcutta, fondé une congrégation religieuse, étendu son action à travers le monde. Ce travail, elle l'a accompli en se dévouant corps et âme à une cause, dans l'engagement sans limite et le dénuement. Peut-on sérieusement comparer cette oeuvre admirable aux gestes généreux mais ponctuels d'une princesse qui interrompait sa vie dans la jet-set pour se consacrer à temps partiel à quelques bonnes causes? Et dont la popularité tenait plus à sa beauté, sa richesse, sa gentillesse et les soubresauts de sa vie amoureuse qu'à sa contribution au mieux-être de l'humanité. La mort de mère Teresa, bien à l'abri des paparazzi, est là pour nous aider à réajuster nos échelles de valeurs et à réfléchir un peu à la démesure collective et à l'enflure médiatique.»


    Laurent Joffrin, «Mère Teresa. Teresa et Diana», Libération (France), 6 septembre 1997, p. 3.

    «...Acharnée à s'occuper des oubliés du monde, dans la ville-phare de la misère, elle est devenue, par les nombreuses distinctions qu'elle a reçues, l'icône mondiale d'une charité extrême. Mais c'est précisément cette dévotion absolue qui finit par jeter une légère ombre sur cette altruiste lumière. Expliquant sa vie, sa conviction, son oeuvre, mère Teresa l'enrobait de la foi du charbonnier, ce qui ne choquera personne, mais aussi de cette piété à l'ancienne qui flatte les penchants les plus traditionalistes de la religion catholique. Selon le rapprochement qu'on ne manquera pas de faire, elle s'opposait, malgré leurs points communs caritatifs, à cette autre icône en passe d'être béatifiée par le peuple britannique, la princesse Diana. Croyante et charitable, lady Di incarnait aussi la modernité, langage qui n'a guère de sens pour la femme d'ordre de Calcutta. Du coup, les positions qu'elle a prises sur les moeurs, déniant toute autonomie des femmes, assenant les dogmes les plus discutables avec une rigidité d'esprit inflexible, entrent en résonance avec ce fondamentalisme et tirent vers le sombre les couleurs du chromo. Ses relations ambiguës avec plusieurs puissants peu recommandables troublent elles aussi cette eau bénite. Teresa était une sainte. Mais un peu réac.»


    Bernard Kouchner, «Mère Teresa : Si douce, si dure...», Le Nouvel Observateur (France), 11 au 17 septembre 1997, p. 35.

    «...Elle avait la réputation d'une sainte vivante. Pour moi, ce fut d'abord une silhouette tordue comme un tronc d'olivier d'Albanie, son pays natal, qui allait en sari blanc cerné de bleu dans l'allée centrale d'un immense hangar du Guatemala. Des brancards et des chaises roulantes étaient disposés dans l'allée centrale et au pied de l'estrade. Cassée, progressant parallèle à la terre, Mère Teresa s'arrêtait au chevet des paralytiques et des malades chroniques : un signe de croix, une caresse sur la tête. Elle, que la notoriété protégeait des critiques, délivrait aux malades charité et tendresse comme une potion magique (...) Lady Diana (décédée peu avant) et Mère Teresa : deux femmes aux antipodes l'une de l'autre, mais qui parlaient humanitaire, beauté et dévouement, avec un sourire modeste qu'elles avaient en commun et une façon de tendre la main. Chacune à sa manière, elles incarnaient le besoin d'amour du monde, le refus de la seule gestion des êtres, le goût de la ferveur et de la compassion. Une leçon pour tous ceux qui prétendent agir sur l'évolution de nos sociétés et parlent en leur nom.»

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