Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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 Bokassa, Jean-Bedel | 1921-1996

Jean Bedel Bokassa

  • Né le 22 février 1921 à Bobangui (future République centrafricaine)
  • Chef d'état-major de l'armée (1964-1965)
  • Président de la République centrafricaine (1e janvier 1966-4 décembre 1976), se proclame président à vie à partir du 2 mars 1972
  • Premier ministre de la République centrafricaine (4 janvier 1966-3 janvier 1975)
  • Empereur de Centrafrique (4 décembre 1976-20 septembre 1979)
  • Décédé le 3 novembre 1996 à Bangui, en République centrafricaine


  • Stephen Smith, «Bokassa, mort d'un tyran déchu», Libération (France), 5 novembre 1996, p. 8.

    «...«J'ai fait les choses comme Napoléon: en grand». Bokassa estimait avoir apporté beaucoup à ses concitoyens. Il entreprit effectivement la construction d'un stade, d'un aéroport, d'un hôpital, de routes mais, aussi, celle d'arcs de triomphe, de statues à son effigie et du palais de Berengo, dans son village natal. Bokassa prenait l'argent disponible dans les caisses de l'Etat et le dépensait, au gré de ses humeurs. Il ne supportait ni la critique, ni la contradiction. Ses ministres, ses enfants, des opposants, des journalistes ou des diplomates en firent tour à tour les frais. Des coups de canne à l'assassinat, Bokassa usa, tout au long de son règne, d'une gamme variée de répression. A Paris, les années passant, on ne parlait plus de «sautes de caractère» mais d'un «caractériel». Mais si les «frasques» du président à vie inquiétaient, elles ne semblaient pas de nature à remettre en cause les liens avec le dictateur d'un pays qu'Alexandre de Marenches, ancien patron des services secrets, qualifia de «garde-chasse privé de la République française».»


    Jean de la Gueriviere, «Bokassa 1er, imperator sanglant», Le Monde (France), 5 novembre 1996, p. 14.

    «...Quand, après s'être nommé lui-même maréchal et «président à vie» de la République centrafricaine, Bokassa se proclame «empereur», en décembre 1977, sa célébrité de mauvais aloi n'a d'égale que celle du maréchal Amin Dada, le tyran ougandais. Pour beaucoup, cependant, le plus bouffon des «rois nègres» apparaît encore comme un être plus ingénu que malfaisant, un peu trop prodigue des deniers que la France continue de lui verser au nom de la coopération, mais pas antipathique. «N'est-il pas touchant, écrivit un observateur, que Bokassa choisisse de porter la couronne de Napoléon, inspirée elle-même de celle de Charlemagne, pour implanter son pouvoir au coeur de l'Afrique ?» C'était oublier que «le chamarré», comme l'appelaient certains de ses compatriotes, en faisant allusion à son goût pour les médailles, était aussi un bourreau.»


    Géraldine Faes, «Bokassa ou le fantasme du «roi Nègre»», Jeune Afrique (France), 13 au 19 novembre 1996, p. 37.

    «...La vérité c'est que, de 1966 à 1979, les excentricités de Bokassa, et même son goût pour les belles créatures, étaient connu de tous à Bangui, mais ne gênaient en rien la population. Au contraire, il arriva même que la manière brutale dont Bokassa tint parfois tête à la France plût à ses concitoyens. Bokassa prenait de l'argent dans les caisses de l'État, à son gré, dilapidait des millions en futilités, mais, profitant de la bonne tenue des cours mondiaux du coton et du café, il construisait : l'université, le stade, des routes, l'hôpital de Bangui sont «ses» réalisations. Sous l'Empire, les Centrafricains croient aujourd'hui se souvenir qu'ils vivaient mieux (...) Arrestations, détentions arbitraires, tortures faisaient régner dans le pays un climat de terreur et d'insécurité qui prit fin avec le départ de Bokassa. Si la population a pardonné au vieil homme, elle n'a pas oublié. Simplement, les Centrafricains voulaient que l'on juge leur président pour ses crimes et non pas pour exorciser on ne sait quelles peurs blanches...»

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