Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

19 octobre 2018

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 Makarios III, (Chypre) | 1913-1977

Makarios III

  • Né le 13 août 1913 à Ano Panaïa, Chypre
  • Archevêque et primat de l'Église orthodoxe de Chypre (1950-1977)
  • Président de Chypre (16 août 1960-15 juillet 1974, 23 juillet 1974-3 août 1977)
  • Décédé le 3 août 1977 à Nicosie, Chypre


  • Pierre-Yves Péchoux, «Mille Makarios», Esprit (France), octobre 1977, p. 142.

    «...L'Occident, qui ne s'émeut guère de voir un banquier, ou un général, devenir premier ministre, s'étonnait volontiers qu'une république puisse de la sorte se confier à un homme d'Église. La double légitimité de Makarios avait cependant été plusieurs fois confirmée de façon éclatante. En 1973 encore, quand un synode majeur des Églises orientales lui donna raison contre les évêques de Chypre qui voulaient le contraindre à choisir entre l'archevêché et la présidence. Et en 1974, les Nations unies l'accueillant en chef d'État, alors qu'il avait dû fuir l'île pour échapper aux coups de soldats dévoyés (...) Dès que Chypre connaissait une alerte, dès que le peuple grec s'alarmait, les références à l'ethnarque se faisaient plus fréquentes, allusion implicite à la contingence des fonctions présidentielles en même temps qu'à la nécessité de faire front plutôt que de cultiver des différences partisanes. Rares ceux qui n'avaient pas sangloté quand les putschistes de 1974 prétendaient l'avoir tué.»


    Sans auteur, «Après Makarios», L'Express (France), 8 au 14 août 1977, p. 39.

    «...De ses origines paysannes, il avait gardé le goût des négociations interminables qui finissent par lasser les plus patients. De ses études théologiques, le sens du décorum, des gestes rituels. Il était bien l'ethnarque, le chef incontesté des Grecs de l'île méditerranéenne. La popularité dont il jouissait auprès de ses frères grecs tenait autant du «charme» que de ses qualités de protecteur. Là, peut-être, résidait sa faiblesse. Car sa force même le rendait peu réceptif aux plaintes de la communauté turque (...) Le «Castro de la Méditerranée», comme disaient les Américains, laisse une oeuvre inaccomplie.»


    Kenize Mourad, «L'après-Makarios», Le Nouvel Observateur (France), 8 août 1977, p. 31.

    «...La mort de l'archevêque Makarios survenue mercredi dernier à Chypre relance-t-elle le danger d'un conflit en Méditerranée ? Les Turques disaient volontiers que l'ethnarque constituait l'obstacle principal à une solution du problème chypriote. Le charisme de cet homme d'État, populaire dans le monde entier, irritait en effet ses adversaires. Mais sa disparition pourrait rendre le règlement de la crise chypriote plus difficile encore. La situation à Chypre est en effet explosive. Non tant entre Grecs et Turcs qu'entre Grecs de différentes obédiences que seule l'autorité de Makarios parvenait à tempérer (...) Tout ce monde, extrêmement bien armé, Makarios le tenait en main, tant bien que mal. Mais il n'en sera pas de même pour son successeur, Spyros Kyprianou, quarante-trois ans.»


    Sans auteur, «A Leader, not a Statesman», The Times (Royaume-Uni), 4 août 1977, p. 13.

    «...It would be wrong, no doubt, to place on Makarios's shoulders the sole blame for the tragic breakdown of the Cyprus constitution in the bloodshed of December 1963. But his most fervent apologist would be hard put to agree that during those crucial years, 1960 to 1963, he was really trying to create a single independent Cypriot nation in which Turkish Cypriots could feel they were equal partners. It may be argued that had he done so he would have lost the support of his own community. But the overriding impression remains that he lacked the statesmanlike vision for the attempt. After 1963 the chances of creating such a nation were virtually nil. The most that could have been hoped for was a bi-national state. Again, Makarios was not alone to blame for the fact that no such state was built. The blame for the lack of an intercommunal agreement between 1964 and 1974 must be shared also by successive Greek and Turkish governments of the period and by their supporters on the island. But Makarios did little to shake the Greek Cypriots from their complacency during this period. Indeed he almost certainly failed himself to realize just how precarious was a status quo largely favourable to him ; and he devoted far more energy to fighting off successive challenges from Athens than to seeking an accommodation with the Turks. And in the process he helped build up a specifically Greek Cypriot national consciousness, from which both mainland Greeks and Turkish Cypriots were excluded.»

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