Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Havel, Vaclav | 1936-2011

Vaclav Havel

  • Né le 5 octobre 1936 à Prague, en Tchécoslovaquie
  • Président de la Tchécoslovaquie (29 décembre 1989-20 juillet 1992)
  • Président de la république tchèque (2 février 1993-2 février 2003)
  • Décédé le 18 décembre 2011 à Vlcice, en République tchèque



  • Jean Daniel, « Un passeur de liberté », Le Nouvel Observateur (France), 22 décembre 2011, p. 31.

    «.....Il y a sans doute peu de précédents d'un littérateur accédant ainsi à la tête d'un État. Il y a eu, en revanche, beaucoup de conseillers. Voltaire a cru pouvoir jouer ce rôle auprès de Frédéric de Prusse, Diderot a tenté vainement de le faire auprès de Catherine de Russie, et Malraux auprès de De Gaulle. Mais je ne vois que Lamartine pour avoir eu directement un tel ascendant, même provisoire, sur le peuple. À l'heure du « printemps arabe », on n'aime guère se rappeler que le « printemps de Prague » de 1968 devait être écrasé dans le sang. J'écrivais alors : « Tous ceux qui se sont engagés dans la vie politique par impératif moral ou par envie d'épopée ont été saisis d'enthousiasme. Une brise purificatrice et sereine soufflait sur Prague. » Et rien n'est arrivé pour la compromettre ou la salir...sauf les chars soviétiques. Oui, Vaclav Havel a été le dissident obstiné non violent par excellence, et c'est à ce titre qu'il est entré dans cette lignée où devaient figurer Martin Luther King et Nelson Mandela, deux non-violents victime de la violence, l'un devant payer son combat de sa vie, et l'autre échappant finalement à la prison pour accéder au pouvoir. Comme Vaclav Havel. »


    Serge Enderlin, « Le dissident devenu président », Le Temps (Suisse), 19 décembre 2011.

    «...Bien sûr il y a des moments historiques, comme l'entrée de la République tchèque dans l'Alliance atlantique (1999), ou le geste de réconciliation («La Déclaration» de 1997) à l'égard des Allemands à propos de l'expulsion des Sudètes après-guerre - acte encore contesté encore aujourd'hui qui nécessita un vrai courage politique aussi bien du côté de Vaclav Havel que de celui de Helmut Kohl. Il y eut aussi des échecs: «la saloperie» de guerre russe en Tchétchénie, l'offensive en Irak qu'il a soutenue («Lorsqu'on passe à côté d'une vieille dame attaquée, on ne reste pas indifférent») mais qui était «si mal préparée». Et puis surtout, un monde qui change et n'écoute plus les esprits sages. Un peu isolé au Château, Havel y effectue deux mandats, mais son message porte moins auprès de ses concitoyens. Porteur d'un message cosmopolite dans un pays parfois étriqué et, plus encore, obsédé par la réussite matérielle, Havel se positionne en caution morale et intellectuelle alors que l'heure est à la dissolution dans le grand oeuvre apocryphe de la globalisation. »


    Véronique Soulé, « Vaclav Havel, un bohème en politique », Libération (France), 19 décembre 2011, p. 2.

    «...Václav Havel ne s'est jamais vraiment tout à fait coulé dans ses vies successives. Perclus de contradictions, il a toujours été tiraillé entre son envie d'écriture et son goût de la politique, son plaisir (inavoué) d'être le chef et son attirance pour la solitude, loin des bruits du monde. Havel fut ainsi à la fois un introverti recherchant la compagnie des autres, un homme prompt au doute mais aussi bardé de certitudes, un bohème maniaque de l'ordre, un philosophe hanté par Faust et un utopiste quelque peu égaré en politique. A-t-on souvent vu un président comme lui qui, quittant le pouvoir le 2 février 2003, après une cérémonie soporifique au Parlement, finit la soirée au Rock Café de Prague ? (...) Alors que d'autres s'y préparent des vies entières et y pensent même en se rasant, Havel n'avait jamais vraiment voulu être président. Il l'est devenu par les hasards de l'histoire. Toujours un peu gauche et gêné, il s'est alors glissé dans les habits présidentiels, puis les a quittés avec plus de regrets qu'il ne le pensait, inquiet de son propre bilan. »


    Serge Truffault, « Mort de Vaclav Havel - L'humaniste », Le Devoir (Québec, Canada), 22 décembre 2011, p. A6.

    «...On l'a peut-être oublié, mais à titre de fondateur et porte-parole de la Charte 77, l'amateur de Beckett et Ionesco fut dans les années 70 et les suivantes l'une des figures de proue de la dissidence à une époque, c'est à souligner, où lui et ses camarades polonais et russes ne disposaient pas de réseaux sociaux, d'Internet et autres avancées technologiques. Autrement dit, il fit preuve d'un immense courage. Alors que le monde tangue de l'Asie à l'Europe, du Caucase au Maghreb, alors que le monde est aux prises avec la pire crise économique depuis 70 ans, force est de constater une absence: aucun dirigeant n'a pris la hauteur de vue qu'avait prise Havel à deux reprises. Soit pendant la vingtaine d'années de dissidence et au début de sa présidence. Là où la grande majorité des chefs d'État s'emploient à administrer leur fonds de commerce, Havel collait à « la vie dans la vérité » parce qu'il était conscient, lui, que l'histoire est tragique. »


    WL Webb, « Vaclav Havel : Czech Playwright and Former Dissident who led his nation after the collapse of communism », The Guardian (Royaume-Uni), 19 décembre 2011.

    «...when the evident disintegration of the Soviet empire (...) made Czechs and Slovaks bold enough to come out en masse into the streets at last, it was Havel, and not the former reform communists, whom they chose to lead them back to democracy. Installed in the castle, the man who had succeeded Aleksandr Solzhenitsyn in the minds of western intellectuals as the very type and pattern of literary dissident, became now the most admired of leaders of the newly democratising states. There were times when there was some truth in the jibe that he was a president more popular abroad than at home, but his international standing helped him to lay the foundations of a rapprochement between the Czechs and Germany which would eventually overcome the scars of Munich, the Nazi protectorate and the harshly responsive expulsion of the Sudeten Germans in 1945-46. It also helped to establish his country's place at the head of the queue for entry to Nato and the EU, and to give weight to his wider advocacy of central Europe's special place at the heart, not the edge of Europe, and the Czech lands, once « the spiritual crossroads of Europe », as the place where that heart beat strongest. More important to him even than this was the attempt to carry the moral clarity and authenticity of the politics of dissidence into the hurly burly of late 20th-century market democracy politics. »

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