Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Kadhafi, Mouammar | 1942-2011

Mouammar Kadhafi
UE

  • Né le 19 juin 1942 à Qasr Abou Hadi, en Libye
  • Président du Conseil de commandement de la révolution (chef d'État)(1er septembre 1969-2 mars 1977)
  • Premier ministre de la Libye (16 janvier 1970-16 juillet 1972)
  • Secrétaire général du Congrès général du peuple (chef de l'État)(2 mars 1977-2 mars 1979)
  • Guide de la révolution (chef de l'État)(1980-23 août 2011)
  • Président de l'Union africaine (2 février 2009-31 janvier 2010)
  • Décédé le 20 octobre 2011 à Syrte, en Libye



  • François Soudan, « Libye Kaddafin », Jeune Afrique (France), 23 au 29 octobre 2011, p. 10 et 11.

    «...Kaddafi, à qui il restait quelque chose de la fierté bédouine, redoutait d'être traîné comme une bête de foire avant de finir au bout d'une corde comme Saddam, dont la chute l'avait tant traumatisé. Il n'aura pas connu ce destin abject, préservant ainsi un semblant de mythe dans le coeur de ceux qui, en Afrique et au sein de sa tribu, le considèrent déjà comme un martyr. C'est à son corps inerte, piétiné, profané que la foule déchaînée a réservé les derniers outrages de la vengeance. (...) Kaddafi n'est plus, et bien rares sont ceux qui retiendront de lui la beauté sombre et le regard fiévreux du jeune officier libre qui prit le pouvoir un 1er septembre 1969 sur les ruines d'une monarchie avachie, suscitant en Libye et au-delà une vague de ferveur. L'idole déchue est morte à 69 ans, prise dans la nasse de Syrte, sa ville, qu'il n'a jamais voulu quitter, bouffie, les joues botoxées, les yeux à demi clos, la bouche tordue de haine entre les « rats », les « cloportes », les « chiens errants », et tout le bestiaire de ses pires cauchemars. Les opposants assassinés, les islamistes pendus, les démocrates disparus, les Berbères napalmisés, les prisonniers torturés, les Misratis bombardés et tous les grains anonymes de cet interminable chapelet de douleurs que fut pour nombre de Libyens le règne de ce « Guide » dévoyé peuvent désormais reposer en paix. »


    Daniel Cohn-Bendit, « Kadhafi et la face obscure de l'Europe », Le Nouvel Observateur (France), 27 octobre 2011, p. 33.

    «...L'insolente assurance-vie qui couvrit Kadhafi durant plus de quarante ans tenait moins de la marque divine que de son exceptionnelle capacité à instrumentaliser tous ceux qui pensaient pouvoir tirer profit d'accords privilégiés avec lui. En dépit de ses insolences caractérisées, de sa tyrannie congénitale et son caractère plus que borderline, Kadhafi a su fasciner beaucoup de monde. À gauche comme à droite, son incroyable positionnement à la croisée du chef bédouin, de l'idole révolutionnaire et du roi du pétrole en a mystifié plus d'un. (...) Fort de la richesse pétrolière de son pays et d'une situation géostratégique exceptionnelle au sud de la Méditerranée - aux confins à la fois du Maghreb et du Machrek, de l'Europe et de l'Afrique subsaharienne - Kadhafi a su, avec une habileté consommée, profiter au mieux de la cupidité, de l'immoralité et aussi de la naïveté de nombre de ses interlocuteurs. »


    Angélique Mounier-Kuhn, « Kadhafi, la fin d'un tyran », Le Temps (Suisse), 20 octobre 2011.

    «...c'est sur le continent noir que Kadhafi l'Africain a, mieux qu'ailleurs, réparé son orgueil blessé par le dédain de ses pairs arabes, exaspérés par son comportement erratique et ses railleries baroques aux sommets de la Ligue arabe. Obsédé à l'idée de laver l'affront de la présence coloniale en terre arabe, Mouammar Kadhafi avait repris à son compte le flambeau nationaliste dès la mort de Gamal Abdel Nasser (1970) auquel il vouait une profonde admiration. Mais sa chimère d'une réunification panarabique et toutes les formes d'épousailles qu'il a proposées à l'Egypte, la Syrie ou la Tunisie ont été éconduites. Ne restait alors qu'au colonel mégalomane qu'à jeter son dévolu sur le reste du continent pour embrasser, dans les années 1990, le concept au moins aussi ambitieux d'Union africaine. Avec un succès certain: la Libye arrose abondamment l'Afrique subsaharienne de ses pétrodinars par l'entremise de la Libyan Arab African Investment Company (LAAICO) et du Libya Africa Portfolio. Là-bas, le roi des rois traditionnels était respecté et considéré en ami. «Si Kadhafi demande à venir, nous l'accueillerons à bras ouverts», déclarait ainsi il y a peu le premier ministre de la Guinée-Bissau. C'était le 10 septembre. Six semaines avant la fin. »


    Serge Truffault, « Mort de Kadhafi - Le chien fou », Le Devoir (Québec, Canada), 21 octobre 2011, p. A8.

    «...Au classement de la dictature, Kadhafi s'est toujours distingué de ses homologues par sa propension à accompagner la répression de ses concitoyens par la réalisation de coups sanglants à l'étranger, le proche comme le lointain. Lorsqu'il ne faisait pas exploser un Boeing au-dessus de l'Écosse, il envahissait le Tchad. Lorsqu'il n'invitait pas les brutes sanguinaires comme Charles Taylor à venir s'entraîner en sol libyen, il fournissait en armes et en argent les Brigades rouges italiennes ou les militants de l'IRA. À la différence d'un Ben Ali ou d'un Hosni Moubarak, il s'alimentait jour après jour aux sources de la mégalomanie la plus absolue qui soit. À preuve, le plus récent titre dont il s'était affublé: le roi des rois d'Afrique. Question titre, celui auquel il fut le plus attaché tout au long de son règne est leader de la révolution. Libyenne? Non, mondiale. Parce qu'il avait écrit un livre vert qu'il présentait comme la troisième théorie entre le capitalisme et le socialisme, il estimait qu'il lui revenait le droit de commander la Libye, le Moyen-Orient, l'Afrique... D'où ces tentatives à répétition d'imposer le panarabisme et le panafricanisme aux dirigeants voisins en concevant un nombre imposant d'opérations tordues. À preuve (bis), il a été acteur d'une douzaine de coups d'État sur le continent africain. Il était mégalo et tout naturellement mythomane. »

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