Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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 Thatcher, Margaret | 1925-2013

Margaret Thatcher

  • Née le 13 octobre 1925 à Grantham, au Royaume-Uni
  • Ministre de l'Éducation et des Sciences (20 juin 1970-4 mars 1974)
  • Chef du Parti conservateur (11 février 1975-28 novembre 1990)
  • Première ministre du Royaume-Uni (4 mai 1979-28 novembre 1990)
  • Décédée le 8 avril 2013 à Londres, au Royaume-Uni


  • Dominique Dhombres, « Les conséquences de la démission de Mme Thatcher », Le Monde (France), 24 novembre 1990, p. 1.

    «...Ne compter que sur soi et ne jamais laisser les autres prendre les décisions à votre place. Telles sont les valeurs, farouchement individualistes, auxquelles il faut ajouter l'esprit de parcimonie et le refus de toute extravagance, qu'elle avait héritées de son enfance à Grantham (Lincolnshire), au coeur d'une Angleterre encore victorienne. Son père y était épicier, au croisement des deux rues principales de la ville. Elle-même officiait parfois derrière le comptoir. Elle a donc le sentiment de ne devoir qu'à elle-même son extraordinaire carrière et n'a, contrairement à d'autres dirigeants conservateurs d'origine plus aisée, aucun complexe vis-à-vis de ceux qui ont moins bien réussi. Conformément à la doctrine méthodiste, Dieu bénit les entreprises de celui qui commence par s'aider lui-même. Elle n'a jamais varié là-dessus. Ce n'est pas, selon elle, le rôle de l'Etat de chercher à instaurer le paradis sur terre ni de procéder à une redistribution des richesses qui pénalise l'audacieux et l'industrieux au profit du paresseux ou de l'incompétent. L'État-Providence, progressivement mis en place après la seconde guerre mondiale aussi bien par les travaillistes que par les conservateurs, n'a pas eu d'adversaire plus résolu que la fille de l'épicier de Grantham. »


    Jean-Michel Demetz, « Insubmersible Maggie », L'Express (France), 10 avril 2013, p. 72.

    «...Elle inspira la haine comme l'adulation, jamais l'indifférence. Mais c'est bien la grande ordonnatrice d'un nouveau siècle qui a disparu, ce 8 avril, à Londres. En entrant au 10 Downing Street, il y a près de trente-cinq ans, Margaret Thatcher a façonné le monde dans lequel nous vivons toujours. Pour la première fois depuis 1945, un chef de gouvernement, non content de rompre le consensus en faveur du « toujours plus d'État », affirmait avec insolence vouloir libérer les appétits individuels, réhabiliter le profit, faire reculer la puissance publique, identifiée à un Léviathan, enrayer, enfin, le déclin de l'Occident. En onze ans de mandat, entre 1979 et 1990, ce Premier ministre aura produit une révolution libérale dont les effets sont encore visibles. Dans ce Royaume-Uni stratifié, où la naissance comme l'accent dictent votre position, elle crée les conditions d'une mobilité sociale inédite, qui la rendront toujours odieuse à l'establishment le plus conservateur. La classe ouvrière s'évapore au profit d'une gigantesque classe moyenne qui aspire à la propriété, à l'entrepreneuriat, à l'actionnariat. »


    Agnès Gruda, « Grande-Bretagne : la fin d'un règne », La Presse (Québec, Canada), 23 novembre 1990, p. B2.

    «...Ce règne avait commencé en 1979, à une époque où l'Angleterre courait tout droit à la faillite; des voix cyniques affirmaient alors que le pays était carrément en voie de sous-développement. Sous la poigne de Mme Thatcher, les Tories ont imposé une médecine draconienne à un pays qui n'était plus que l'ombre de lui-même. Privatisations, libéralisation de l'économie, mise au pas des syndicats, abolition des subventions aux entreprises. Bref, retour aux fondements du capitalisme et relance à tout prix, peu importe les coûts sociaux qui en découlent. Le traitement était ingrat, mais il s'imposait. Et effectivement, cet électrochoc a remis l'Angleterre sur pied. Mme Thatcher a toutefois commis l'erreur de ne pas réajuster sa médication à mesure, de façon à en corriger les effets secondaires. Conséquence: au bout d'une décennie de thatchérisme, l'Angleterre est à nouveau entrée dans un cycle économique descendant. »


    Leo McKinstry, « Mrs Thatcher was not divisive - she just didn't cave in », The Express (Royaume-Uni), 11 avril 2013.

    «...When her opponents accuse her of divisiveness what they mean is that she refused to cave in. Just as she would not put up the white flag to (Arthur) Scargill or the IRA so she refused to give in to Ken Livingstone and the hard Left in local government when they tried to bring down her administration over her drive to rein in public spending. The same is true of her victories over the CND which wanted Britain to lie prostrate before the Soviet Union and over the Argentine dictatorship after the Falklands invasion. She was accused of being divisive over Europe but she won us a huge rebate. Mrs Thatcher's greatness lay in her refusal to duck the battles she knew were necessary. She marched towards the sound of gunfire instead of cowering from it and in the process, she rebuilt the greatness of our country. "Britain badly needed a dose of resolution" »


    Jonathan Walker, David Bailey, « A Towering Figure in or Own Imaginations », The Birmingham Post (Royaume-Uni), 11 avril 2013.

    «...It may have been true that the coal industry could not continue as it was. It may also have been true that the trade unions had too much power. But in taking on Arthur Scargill and the National Union of Mineworkers, she appeared to spare not a thought for the devastated communities that would be left behind in mining towns and villages following her victory. Yet the legend of Lady Thatcher has grown out of all proportion to her achievements or her failings. She has become a towering figure in our imaginations, superhuman in her ability to mould human nature according to her will. Hence, 23 years after she left office - more than half of those years under a Labour government - much that still goes wrong today is still blamed on the society which she created, as if governments led by Tony Blair and Gordon Brown were powerless to stamp their own mark. And, indeed, as if Britain in the 1970s had been a shining beacon of wealth and equality, where industry boomed and selfishness was unknown, rather than the sick man of Europe. »

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