Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Mendès France, Pierre | 1907-1982



Raymond Aron, « Le solitaire », L'Express (France), 29 octobre 1982, p. 38.

«...Comment éviter la conclusion ? P.M.F. n'était pas adapté à la IVe (république) et la IVe n'était pas prête à supporter P.M.F., à moins de circonstances exceptionnelles. Aurait-il pu jouer le rôle de Poincaré, celui du sauveur légal, celui auquel les partis font appel quand les compromis coutumiers ne suffisent plus ? On ne le saura jamais puisque, butant sur l'obstacle algérien, l'Assemblée nationale, menacée par une révolte de l'Armée, capitula devant un sauveur en uniforme qui, lui, voulait une autre république. (...) Vaillant, compétent, homme de caractère, capable d'autorité, P.M.F. n'avait plus d'adversaires au cours de la dernière période de sa vie; il en avait d'autant moins qu'il ne gênait plus personne et qu'il avait en apparence échoué. Au jour de sa mort, la droite et la gauche, les deux France s'unissent pour lui rendre hommage. En toute sincérité, puisque le mythe Mendès - mythe de gauche à coup sûr, mais sans lien avec une doctrine définie - est celui d'un homme d'État dont les vertus le destinent à bien gouverner mais lui laissent peu de chances de diriger le gouvernement. »


Michel Rocard, « L'avenir de P.M.F. », Le Nouvel Observateur (France), 23 octobre 1982, p. 28.

«...Si le « mendésisme » - mot dans lequel P.M.F. ne se reconnaissait point - a malgré tout un sens, ce n'est pas comme catalogue de recettes : un zeste de promesses, deux doigts de vérité, de la rigueur économique à volonté, le tout assaisonné de justice sociale, dont le cocktail-miracle permettrait à n'importe quel homme politique d'affronter les difficultés du pouvoir. L'héritage de Pierre Mendès France tient à la fois dans un projet politique et social - celui d'un socialisme moderne réconcilié avec la liberté et exprimant l'aboutissement des idéaux républicains - et dans une méthode de gouvernement qui repose d'abord sur un profond respect de l'autre. Dire la vérité, annoncer son calendrier et ses choix, tenir ses engagements, parler le même langage à ses partisans et à ses adversaires, c'est d'abord marquer pour autrui une reconnaissance qui est un gage non seulement de démocratie mais aussi d'efficacité. »


Jean Daniel, « Le dernier des justes », Le Nouvel Observateur (France), 23 octobre 1982, p. 23.

«...Il aurait aimé ce qu'on dit de lui, osons l'expression dans sa banalité épaisse : qu'il était dévoré par la passion de convaincre (...) ce personnage solitaire, intransigeant et parfois même cassant, était probablement l'homme politique le plus sincèrement démocrate que la société française ait jamais secrété. Sans doute était-il enclin à se dire qu'on pouvait avoir raison contre tous, et que c'était son cas; mais il estimait en même temps et avec autant de force que cela ne procurait aucun espèce de droit et que rien n'était jamais acquis tant qu'on n'avait pas rallié les autres à sa cause. Moins apte qu'un François Mitterrand à drainer vers son dessein les appareils de parti, il partageait avec de Gaulle l'idée que la France mérite mieux que ce qu'on lui réserve dans les joutes politiques. Mais il ne pensait pas néanmoins qu'il convenait de violer les Français pour leur imposer la grandeur ou la vérité. De Gaulle était un démocrate par dépit : quand il jugeait les Français indignes de lui, donc de la France, il s'en allait; et ses départs, un communiste l'a noté, ne manquaient pas d'allure. Mendès France était démocrate par vertu : si les Français le rejetaient, il fallait leur parler encore et encore avec la conviction de pouvoir un jour les désabuser. »


S.A., « Mourning a Man of Principle », Time (États-Unis), 1er novembre 1982, p. 40.

«...When he died suddenly last week of an apparent heart attack at his Paris home, at age 75, some of Pierre Mendès France's bitterest enemies joined the rest of the nation in mourning a man who, like Charles de Gaulle, had carried a rare, if contested, moral authority in public life. In his short, tempestuous seven months and 17 days as Premier in 1954-55, Mendès France demonstrated quixotic courage in defying French public opinion for what he considered the greater national interest. He pushed toward decolonization of the crumbling French empire to cries of betrayal from the right. "Through his personality, his style, his words, his writing, his hesitations, indeed his silences and his refusals, Pierre Mendès France exercised an influence on this generation and the following, which will continue long after his death." So wrote former Premier Edgar Faure of his old rival during the destructive political struggles of France's Fourth Republic. »

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