Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

19 octobre 2018

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 Ben Bella, Ahmed | 1916-2012

Ben Bella

  • Né le 25 décembre 1916 à Marnia, en Algérie française
  • Ministre d'État du gouvernement provisoire de la République algérienne (19 septembre 1958 - 22 juillet 1962)
  • Premier ministre (27 septembre 1962 - 16 juin 1965)
  • Président (15 septembre 1963 - 19 juin 1965)
  • Décédé le 11 avril 2012 à Alger, en Algérie


  • Malika Rahal, « Sa mort risque d'obliger l'État algérien à un difficile retour sur soi », Le Monde (France), 13 avril 2012, p. 21.

    «...Quand Ahmed Ben Bella est réapparu sur la scène politique, au début des années 1980, notamment pour dénoncer le système du parti unique, qu'il avait largement contribué à mettre en place, et l'absence de démocratie, sa parole avait perdu beaucoup de son poids. Il revient en Algérie, à la tête du Mouvement pour la démocratie en Algérie, en 1990. Mais son parti n'a pas pris dans l'opinion, et comme cette période d'ouverture politique a débouché sur la prise du pouvoir par les militaires et une décennie de guerre civile, beaucoup d'Algériens en gardent une image très négative. Durant les « années noires », il a été associé à de nombreuses négociations, sans succès, et, ces dernières années, il avait beaucoup choqué les Algériens par ses attaques contre d'anciens amis politiques comme Abdelaziz Bouteflika ou Hocine Aït-Ahmed. Le plus ironique, finalement, c'est que sa mort intervient l'année du cinquantenaire d'une indépendance que l'Etat algérien a beaucoup de mal à commémorer. Aujourd'hui, en célébrant l'espoir qui s'est levé avec lui en 1962, on risque de mettre en lumière toutes les déceptions qui ont suivi. La mort de Ben Bella risque d'obliger l'État algérien à un difficile retour sur soi. »


    Ryma Achoura, « L'Algérie orpheline de Ben Bella, père de l'indépendance », Libération (France), 12 avril 2012, p. 6.

    «...Sur la scène mondiale, l'Algérie devient un des porte-voix du mouvement des non-alignés. Proche de l'Égyptien Nasser, de Fidel Castro à Cuba, il soutient ouvertement tous les mouvements de libération dans le monde, notamment en Afrique du Sud. Là encore, Houari Boumediene marchera dans ses pas. C'est lui encore qui inaugure le raidissement du régime vis-à-vis de l'opposition. Depuis l'indépendance, le FLN est déjà le parti unique et Ben Bella ne va pas hésiter à réprimer les contestations, celles des communistes ou des mouvements régionaux en Kabylie. Après sa «destitution», il est emprisonné pendant quinze ans, puis assigné à résidence. Libéré en 1980, il s'exile en Suisse, où il restera jusqu'à son retour en Algérie en 1990. Depuis son retour et jusqu'à sa mort hier à 95 ans à Alger, il était beaucoup moins présent sur la scène politique algérienne. Mais il était malgré tout écouté et respecté. Bon nombre de personnalités étrangères qui venaient en Algérie ne manquaient pas d'être reçue dans sa villa sur les hauteurs de la capitale. »


    Benjamin Stora, « Il a une valeur mythique », Le Figaro (France), 12 avril 2012, p. 6.

    «...Il est d'abord le premier président de la République algérienne indépendante. Il a, à ce titre, une valeur mythique très forte. Il a aussi été le personnage algérien le plus médiatisé pendant la guerre d'Algérie par la presse française et internationale. Le troisième point c'est que la présidence d'Ahmed Ben Bella entre 1962 et 1965 est plutôt synonyme d'effervescence politique, de liberté dans l'imaginaire algérien. La réalité est plus complexe. Sous Ben Bella il n'y avait pas non plus de liberté absolue. Il a écrasé la révolte en Kabylie en 1963. Il y a eu aussi la guerre des sables en 1963 contre le Maroc. Mais sa pratique du pouvoir contraste avec ce que va connaître l'Algérie à partir de 1965, c'est-à-dire le coup d'État de Boumediene. Il y a un avant et un après-1965 en Algérie, l'avant-1965 étant considéré comme plus libre que l'après-1965 quand les militaires sont arrivés au pouvoir de manière visible. »


    Borzou Daragahi, « Algeria's independence leader dies age 95 », Financial Times (Royaume-Uni), 11 avril 2012.

    «...After a decade in exile, he resettled in Algeria in 1990, where he lived out his final years as an elder statesman. Many noted with surprise his presence at President Abdelaziz Bouteflika's 2009 inauguration. But his influence has largely waned in an Algeria dominated by secretive security officials and Islamist political activists. His pan-Arabism did not sit well with the large Berber population while his secularism did not endear him to the country's Islamists. Mostly francophone, he struggled to speak proper Arabic, limiting his influence beyond his native country. "He was an important figure but I'm not sure he means anything for most Algerians now," said Lazare Beullac, editor-in-chief of Maghreb Confidential, a newsletter. "It's history."»


    Renaud de Rochebrune, « Ben Bella : L'homme, le mythe, l'histoire », Jeune Afrique (France), 22 au 28 avril 2012, p. 48.

    «...Ben Bella ne fit jamais l'unanimité. Une image non consensuelle qui peut tout aussi bien être interprétée comme la marque d'un leader qui n'hésita jamais à prendre position, fût-ce au risque de se tromper, voire d'être mis à l'écart, comme pendant les premières années de la guerre. Mais nul ne peut lui contester son courage et sa détermination, ni son aura de leader du Tiers Monde, aux côtés d'un Castro et d'un Nasser - ses deux grandes références. Ni son attitude particulièrement digne après sa libération en 1980, après seize ans de détention, notamment à l'égard de ceux qui furent à divers titres responsables de sa chute - à commencer par Bouteflika, qu'il décida de soutenir. Comme en témoigne l'un des meilleurs historiens de l'Algérie contemporaine, Omar Carlier, qui a réuni depuis de nombreuses années une documentation très complète sur sa vie en vue d'une biographie, retracer l'itinéraire de Ben Bella, c'est raconter un parcours d'exception. »

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