Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

 Berlinguer, Enrico | 1922-1984

Enrico Berlinger

  • Né le 25 mai 1922 à Sassari, en Sardaigne (Italie)
  • Secrétaire général du Parti communiste italien (17 mars 1972 - 11 juin 1984)
  • Décédé le 11 juin 1984 à Padoue, en Vénétie (Italie)


  • Marcelle Padovani, « Enrico Berlinguer : communiste occidental », Le Nouvel Observateur (France), 15 juin 1984, p. 33.

    «...On parle volontiers, à son sujet, de « socialisme éthique ». Cet homme en tout cas n'a rien à voir avec la IIIe Internationale. Il a échappé, culturellement et politiquement, à sa chape de plomb. Berlinguer n'a connu ni le Kominterm, ni les prisons fascistes, ni l'exil, ni les écoles de Moscou. Ce qui a certainement facilité sa stratégie de rupture avec les modèles de l'Est. Toute sa vie et son histoire sont faites de ruptures successives. Rupture avec le monde communiste, rupture avec les scandales et la corruption du monde politique italien. Rupture également avec l'univers mental et idéologique de son propre parti. D'abord, avec le lancement du « compromis historique ». Berlinguer proposait une alliance entre masses catholiques communistes et socialistes; une façon de faire comprendre à la base que le socialisme, on ne le construit pas entre soi mais avec le concours des autres couches populaires, et même avec ceux qui ne pensent pas comme vous. On est déjà bien loin des schémas du léninisme ! Après le « compromis historique », autre traumatisme : l'austérité. Oui, Berlinguer revendique, en 1997, l'austérité comme une valeur du socialisme. (...) Enfin, troisième et grand concept de rupture : le « strappo », la rupture avec l'U.R.S.S., sanctionnée par le congrès de mars 1981. »


    André Pautard, « Les orphelins de Berlinguer », L'Express (France), 22 juin 1984, p. 57.

    «...Le choeur des regrets unanimes qui aura accompagné (...) les funérailles quasi nationales d'Enrico Berlinguer confère à cet élégant et distant aristocrate devenu secrétaire général du P.c.i. un brevet posthume d'honnête homme. Rare distinction dans la classe politique de ce pays. Le personnage était plus singulier encore. Avec lui disparaît aussi la dernière grande figure d'un communisme - comment dire ? - acceptable, praticable ou possible. (...) Ce qu'on aura retenu de lui, c'est autre chose que ce mariage (avec la Démocratie chrétienne) - non consommé - à l'italienne. L'eurocommunisme, dont il restera, faiblement, l'ultime défenseur ? Peut-être. Mais quel mauvais partenaire il se choisit alors en la personne d'un Georges Marchais. Le couple était peu convaincant. Il ne tiendra guerre, et sa fragilité devant la doctrine moscovite rendra illusoires toutes les séductions d'un « socialisme à visage humain » déployées par Enrico Berlinguer. »


    Douglas C. McGill, « Enrico Berlinguer dies at 62; Leader of Italy's Communists », New York Times (États-Unis), 12 juin 1984.

    «...Mr. Berlinguer, a gaunt, taciturn man who projected more the image of a banker than a revolutionary, was one of Italy's most popular politicians. As the once powerful Christian Democratic Party faltered and the country fell into social and economic disarray, he preached a Westernized brand of Communism that appealed to nearly a third of the voters. His proposal for a « historic compromise »' with other parties, made in 1973, was seen by some as the leading edge of the distinctive brand of Communism that began to take hold in Western Europe. Under that proposal, announced at a party convention, the Italian Communists rejected the idea of violent revolution and declared that they would seek power through a coalition with Christian Democrats and others. « We have never believed that one single party, or single class, can solve the problems of our country, » Mr. Berlinguer said in explanation of the idea. « But it is an illusion to think that the country can be governed without the Communist Party. » Although the alliance proposed by Mr. Berlinguer was rejected by the Christian Democrats, the idea set in motion a trend toward increasing popularity for the Communist Party. Mr. Berlinguer himself, whose public image was that of an attractive, tousle-haired intellectual, helped to spearhead that popularity. »

    Liens internes

    Les objectifs de Perspective monde
    Son équipe au fil des ans
    Les sources et les mises à jour
    Récupérer des éléments de Perspective monde

    Pour en savoir plus

    Pour nous écrire un commentaire
    Pour visionner la vidéo d'introduction
    Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
    Dimension, sur le langage statistique R

    Liens externes

    Observatoire des politiques publiques
    Observatoire des Amériques
    Politique appliquée.tv
    Cahiers de recherche

    Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016