Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 de Beauvoir, Simone | 1908-1986



Élisabeth Badinter, « Femmes, vous lui devez tout ! », Le Nouvel Observateur (France), 18 au 24 avril 1986, p. 23.

«...Quel paradoxe, mais quelle victoire aussi, que cette femme qui n'a jamais voulu d'enfant se retrouve effectivement la mère spirituelle de millions de filles dans le monde ! Car même si certaines ont par la suite pris quelque distance, voire rompu avec elle, elles savent bien que c'est une partie essentielle d'elles-mêmes qu'elles enterrent aujourd'hui. Le terreau qui nous a permis d'être ce que nous sommes devenues. Certains ne manqueront pas de souligner que les obsèques de Simone de Beauvoir sont aussi celles du féminisme. Mais, si tel est le cas, il n'y a pas lieu d'être triste. Cela signifie tout simplement qu'elle a mené à leur terme toutes les luttes idéologiques et qu'en fin de compte elle a rendu possibles toutes les victoires. Chère conquérante de terres inconnues - et non encore totalement conquises - , reposez en paix. Vos filles ne vous oublieront pas. »


Jean-Paul Aron, « Madame de...», L'Express (France), 2 mai 1986, p. 66.

«...Toutefois, le maître ouvrage de Simone de Beauvoir, pour sûr, c'est « Le Deuxième Sexe », dont on a à peine, trente-sept ans après, à apprécier les charges subversives quand, en 1949, chez les femmes, apparemment, rien ne bouge. Tout se noue dans une civilisation qui se prépare aux jouissances du corps. Déjà murmurent les droits à la santé, à la gourmandise, aux vacances ensoleillées. Déjà s'ébranle le mouvement qui va, en Occident, délivrer la sexualité de ses entraves. Mais on dirait que ces acquisitions sont destinées aux mâles, indécrottables détenteurs du désir. Un quart de siècle avant les débordements du féminisme, Beauvoir, insolemment, sur les thèmes brûlants de la contraception - ou de la liberté du plaisir - de l'avortement - ou de la liberté d'engendrer - sur l'égalité des sexes dans le travail, dans l'économie, dans l'honneur, déclenche un combat dont la grandeur est intacte. Dommage que son talent se soit, depuis, si souvent fourvoyé dans les querelles douteuses ou dans les méandres d'une autobiographie dont sa « Cérémonie des adieux » , hommage à Sartre, récemment décédé, est la dernière et parfois affligeante vicissitude. »


Marie Denis, « Simone de Beauvoir », La Revue nouvelle (Belgique), mai-juin 1986, p. 497.

«...Simone de Beauvoir dit avoir écrit ce livre (Le Deuxième sexe) pour penser la femme, pour comprendre sa condition. Sa première action féministe fut de sortir de cette condition, de la nier pour elle-même. D'où sa conclusion fameuse : « On ne naît pas femme, on le devient ». Le livre eut un retentissement énorme et progressif, il est un des piliers du néo-féminisme. Simone de Beauvoir découvrira au cours des années la complexité de la question. Elle-même décrit dans ses romans une sensibilité féminine très riche, notamment la sensibilité amoureuse, qu'elle dit un peu différente chez les femmes, d'où la richesse des échanges. Par ailleurs, elle constate : l'idéologie libératrice de gauche ne suffit pas à faire tomber les préjugés sur les femmes ni à donner à celles-ci la place qui leur revient dans la société. Cette double observation fait de Simone de Beauvoir une féministe active. (...) Le vrai message de Simone de Beauvoir est inscrit dans son autobiographie, cette lettre immense, cette « parole de bouche à oreille » qu'elle a voulu communiquer au plus près de son vécu : la vérité d'une existence qui a voulu se rendre libre de toute contingence par fidélité au meilleur de soi. Fidélité au meilleur des autres. À Sartre, profondément. À l'amitié. À tout appel à une réflexion pour la liberté, pour la justice. »


S.A., « Simone de Beauvoir, Author and Intellectual, Dies in Paris at 78 », New York Times (États-Unis), 15 avril 1986.

«...Over the years, « The Second Sex » remained the book for which Miss de Beauvoir was known worldwide, and which made her an important theorist of militant, radical feminism and a heroine of the women's movement. (...) Its basic premise - from which it took off for more than 700 pages of compelling, exasperating indictment - was best summed up in two sentences: «One is not born, but rather becomes, a woman. No biological, psychological or economic fate determines the figure that the human female presents in society; it is civilization as a whole that produces this creature, intermediate between male and eunuch, which is described as feminine. » Throughout her life Miss de Beauvoir was active in causes that advanced or supported her beliefs - from a 1960's international « tribunal » condemning the United States role in Vietnam to the signing of a manifesto with 340 other women in 1971 admitting to having had an abortion in defiance of existing French law. Her disillusionment with Marxism in practice was recurrent - regime after regime, from the Soviet Union through Algeria to Cuba, disappointed her hopes. But she long advocated what she thought of as the concept of authentic international revolution, and the civil rights even of those with whom she disagreed. »

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