Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Sékou Touré, Ahmed | 1922-1984

Sékou Touré

  • Né le 5 janvier 1922 à Faranah, en Guinée française
  • Président de la République de Guinée (2 octobre 1958 - 26 mars 1984)
  • Décédé le 26 mars 1984 à Cleveland, aux États-Unis


  • Ginette Cot, « Au-delà des passions », Afrique-Asie (France), 9 avril 1984.

    «...Si tout chef historique de la stature du disparu suscite inévitablement des controverses et donne lieu à des interprétations contradictoires, rarement dirigeant africain aura, comme Sékou Touré, déchaîné autant de passions extrêmes. Cela tient sans doute à la fois à des raisons historiques, à l'ambiguïté du personnage et à sa stature charismatique. Ou il fascinait les foules et ses amis, qui ne retenaient de lui que le combattant farouche de l'indépendance guinéenne et le panafricaniste visionnaire, et fermaient les yeux sur les chausse-trappes dans lesquelles s'est maintes fois fourvoyée la révolution guinéenne; ou il suscitait une haine implacable chez ceux qui, les uns en toute bonne foi, les autres pour des motifs politiques obscurs, ne voulaient voir en lui qu'une sorte de Machiavel narcissique, oppresseur de son peuple et responsable de la fuite en exil de centaines de milliers de ses citoyens, de la disparition, dans l'univers carcéral, de milliers d'autres ainsi que d'une partie de l'élite intellectuelle guinéenne. Le moins que l'on puisse dire est que le jugement porté sur le dirigeant disparu était, dans tous les cas de figure, sans nuances. »


    R.B., « Les glissements de Sékou Touré », Le Nouvel Observateur (France), 30 mars 1984, p. 25.

    «...Depuis février 1982, la République arabe sahraouie démocratique (R.A.S.D.), soutenue par vingt-six États africains, est devenue le cinquante et unième membre de l'O.U.A. Une vingtaine d'autres pays, parmi lesquels la Guinée, aujourd'hui très proche du Maroc, contestent cette admission. L'affaire, qui divise depuis des années l'O.U.A., est également symbolique du glissement idéologique de la Guinée et de son « guide ». Après avoir milité pour l'union du marxisme et du nationalisme africain, puis défendu la coexistence du marxisme et de l'islam noir, Sékou Touré, assagi peut-être par son échec économique, par l'exil de deux millions de ses concitoyens, et par la réprobation de la communauté internationale pour ses sanglantes méthodes de gouvernement, ne rêvait plus, depuis quelques années, que de rapprocher l'Islam et l'Occident. Vingt après son célèbre « non » à de Gaulle, il a scellé les retrouvailles avec la France en recevant à Conakry Valéry Giscard d'Estaing, avant d'apporter son appui à François Mitterrand, aux prises avec l'imbroglio tchadien. »


    Dibany, « 1984 en Guinée », Esprit (France), juin 1984, p. 175.

    «...En fait, la première démarche politique de Sékou Touré à l'aube de l'indépendance a été de prolonger et d'exploiter les animosités populaires contre les agents subalternes de la colonisation. Aux yeux des masses, ceux-ci étaient en effet plus responsables de leurs malheurs que les colons étrangers. Mettant à profit ses talents d'orateur, ne rechignant pas devant les logiques les plus simples, il réussit cette première coupure qui lui permit de se débarrasser de beaucoup d'opposants et de bâtir une classe dirigeante à sa dévotion. Parfois il exploita de façon très significative la notion de « mauvais fils » pour attiser la haine populaire : quand on connaît ce que représente la mère dans la société guinéenne, le succès était garanti. En dramatisant le rôle de l'impérialisme international, identifié aux forces du mal déchaînées contre les libertés africaines, l'ostracisme à l'égard des traîtres virtuels pouvait être approfondi de jour en jour. Quand Sékou Touré disait de la dissidence contre son régime : « Ils n'ont ni frère, ni soeur, ni ami, ni famille en Guinée », il ne lançait pas que des paroles en l'air. Il encourageait la balkanisation interne et l'esprit de suspicion permanente, effaçant les exigences du droit au profit d'une logique passionnelle. Cela eut pour conséquence la fuite à l'étranger de plus de deux millions de Guinéens, la plus grande diaspora de réfugiés africains. »


    S.A., « Fierce Patriot, Sékou Touré : 1922-1984 », Time (États-Unis), 9 avril 1984, p. 36.

    «...When Guinea was preparing for independence from France in 1958, President Charles de Gaulle proposed that it join in a Franco-African community that was to maintain political and economical ties to France. The leaders of all twelve other former French colonies in Africa decided to participate, but not intense, eloquent Ahmed Sékou Touré. Said he to De Gaulle : « We prefer poverty in liberty to riches in slavery. » That single act, Touré would often say over the next quarter-century, was the proudest moment of his life. It also represented a high point for both Guinea and Touré, a son of a poor farmer who became the West African nation's first and only ruler. When Touré died last week at 62 in a Cleveland hospital, to which he had been rushed for treatment of a worsening heart condition, he left behind a record of thoroughgoing repression, oppression and tyranny that began to abate only a few years ago. Lamented France's Le Monde, « If ever there was a revolution that went astray in Africa, it was the one that Sékou Touré promised to his people 26 years ago. »»

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