Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Samaranch, Juan Antonio | 1920-2010



Dino Dimeo, « Mort d'Antonio Samaranch, le marchand du temple olympique », Libération (France), 22 avril 2010, p. 11.

«...Ce fils d'un riche entrepreneur du textile de Barcelone, aura suivi un parcours sinueux tout au long de sa vie. Son habileté diabolique fera de lui un des hommes les plus puissants de la planète. Tour à tour adjoint au maire de Barcelone, chef provincial de la Phalange, président de la province de Catalogne et secrétaire d'État aux Sports sous Franco, puis premier ambassadeur d'Espagne en Union Soviétique après la mort du Caudillo en 1975, Samaranch était l'opportunisme personnifié. «Tout est fini et tout continue, car l'exemple de Franco accompagnera toujours notre effort...» disait-il après la mort du dictateur, en l'honneur duquel il tentera de créer un parti catalan «Concordia Catalana». Un fiasco. Il avait déjà pour ambition de devenir le Catalan le plus puissant du monde, un objectif évidemment réussi. Et aujourd'hui, s'il est difficile officiellement de ne pas saluer «cette très grande figure de l'olympisme» comme le déclare Sarkozy, il est aussi difficile de le respecter totalement. »


Cédric Voisard, « Samaranche, le décès du seigneur des anneaux », Le Figaro (France), 22 avril 2010, p. 17.

«...Sous l'impulsion de l'Espagnol, le CIO a mis fin à un amateurisme désuet dans le sport pour permettre aux Jeux d'épouser les contours de leur époque, et opposer au passage le professionnalisme aux champions d'État des pays de l'Est et de la Chine. Samaranch, c'est aussi, dès 1988 à Séoul, l'unité politique retrouvée après le boycott des JO de Moscou en 1980 par les États-Unis, puis, revers de la médaille, celui de Los Angeles en 1984 par le bloc soviétique. Le temps pour le mur de Berlin de tomber, et l'ancien président du CIO - qui à l'époque découvre et met le pied à l'étrier à Jacques Rogge - de mener campagne auprès de l'ONU pour ressusciter la trêve olympique. Acté, ce positionnement pacifique de l'événement JO permettra à la Yougoslavie, à la Croatie et à la Bosnie de s'oublier le temps des Jeux d'Atlanta, en 1996. Juan Antonio Samaranch, c'est également une restructuration du CIO, dont les têtes pensantes étaient trop souvent couronnées avant son arrivée, une « assemblée de marquis et de milliardaires », à l'époque, aux yeux de Fidel Castro. Reste que la politique d'ouverture de l'ancien président du CIO sera celle des grandes manoeuvres et des réseaux d'influence. En bon autocrate, capable en fin de règne d'obtenir un allongement de la limite d'âge du président pour briguer un énième mandat, ou de favoriser la nomination de son fils, il aimait à répéter à l'heure de recevoir les membres du CIO : « Ne perdons pas de temps à ne rien faire, cela leur donnerait des idées... »»


Sylvain Cypel, « Juan Antonio Samaranch », Le Monde (France), 23 avril 2010, p. 14.

«...Potentat, mi-pape mi-parrain du sport ? Juan Antonio Samaranch a été tout cela, et pas seulement. Ce franquiste pur sucre se sera fait sur le tard l'apôtre de la coexistence pacifique. Ce bourgeois fasciné par les aristocrates aura fini par réduire systématiquement leur poids au CIO. Ce conservateur convaincu de la mission civilisatrice de l'Europe aura ouvert sa chapelle aux Africains, aux Asiatiques et aux femmes. C'est que l'homme était d'abord, comme disent les Catalans, un « espavilat », mélange l'instinct, de séduction, de débrouillardise et de froid calcul. Le paradoxe survivra à Juan Antonio Samaranch : malgré ses terribles failles personnelles, on se souviendra de lui comme du plus grand promoteur de l'olympisme après le baron Pierre de Coubertin. »


Philip Hersh, « Juan Antonio Samaranch dead at 89 », Chicago Tribune (États-Unis), 21 avril 2010.

«...Samaranch took over the IOC at a time, 1980, when it had assets of barely $2 million and one year after just one city, Los Angeles, was interested in playing host to the 1984 Summer Games. When he left the presidency after four terms, the IOC's resources were $335 million, and Beijing had just prevailed in a competition with 10 cities to become host of the 2008 Summer Games. In restoring unity to an Olympic movement fractured by successive Summer Games boycotts in 1976, 1980 and 1984, Samaranch turned a blind eye to doping and scandalous vote-buying by Olympic bid cities; gave the Olympic movement's highest honors to despots from former Soviet Bloc nations; and appointed IOC members with links to brutal regimes. Samaranch turned his years as IOC head into an imperial presidency featuring an often imperious president, one who was forced to lead major reforms of the IOC after nearly one-third of its members were linked to the bidding corruption that focused on Salt Lake City's successful 2002 Winter Games campaign. « No IOC president has had such a pervasive influence on so many issues as Juan Antonio Samaranch, » said Jacques Rogge of Belgium, the IOC president since the Samaranch era ended. »

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