Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Aquino, Corazon | 1933-2009

Corazon Aquino

  • Née le 25 janvier 1933 à Paniki, aux Philippines
  • Présidente de la République des Philippines (25 février 1986 - 30 juin 1992)
  • Décédée le 1er août 2009 à Makati, aux Philippines


  • Arnaud Dubus, « Cory Aquino, « conscience morale » des Philippines », Le Temps (Suisse), 3 août 2009.

    «...Le mouvement pacifique qui rétablit la démocratie avait été baptisé «People's Power». Il devint un modèle pour de nombreux autres pays, notamment en Europe de l'Est où des populations désarmées défiaient des régimes autocratiques. Devenue présidente, Corazon Aquino, peu préparée pour la fonction, ne parvint pas à établir une plus grande justice sociale dans un pays qui reste par certains aspects quasi féodal. Sa réforme agraire, qu'elle essaya de mener contre sa classe sociale d'origine, fut un échec. Elle fit aussi face à sept coups d'Etats pendant les six ans de sa présidence. Mais elle imposa avec succès une réforme de la Constitution qui limitait le nombre de mandats présidentiels à un seul, garantie contre les futures tentations autocratiques. Après avoir quitté le pouvoir, elle continuait à incarner le rôle de «conscience morale» du pays, intervenant à chaque fois qu'elle sentait que les gouvernants abusaient de leur fonction. »


    Philippe Pons, « Corazon Aquino », Le Monde (France), 5 août 2009, p. 19.

    «...Au pouvoir, « sainte Cory du miracle de février » s'était retrouvée seule. Elle avait ses convictions, ses idées simples, ses principes et son courage. Mais, dans les premiers mois, elle avait hésité à user de sa toute-puissance pour remédier aux maux du pays. Et commença la dérive. Ses conseillers furent loin d'être à la hauteur. Parce qu'elle avait aussi besoin pour elle-même de s'affirmer, elle eut tendance à écarter les proches de Ninoy Aquino, ceux qui l'avaient connue passant les petits fours et vis-à-vis desquels elle se sentait, même présidente, en situation d'infériorité. Elle dut longtemps de conserver son aura dans l'imagination populaire à son image de victime, manipulée par des Raspoutine. Mais, progressivement, il fallut se rendre à l'évidence : « sainte Cory » ne gouvernait pas. L'enlisement des réformes (notamment de la réforme agraire votée par un congrès de propriétaires terriens) ne tarda pas à se conjuguer à un triste sentiment de déjà-vu. La « révolution » de février fut en réalité une restauration : le retour au pouvoir de cette grande bourgeoisie bien-pensante, non dénuée d'allure comparée aux parvenus dont s'entoura Marcos. »


    Pierre Prier, « Corazon Aquino, ancienne présidente des Philippines », Le Figaro (France), 3 août 2009, p. 13.

    «...Modeste, la veuve du leader assassiné dit ne « rien connaître à la présidence » et n'avoir à offrir « que sa sincérité ». Elle rétablit les libertés et les institutions, et limite l'exercice du pouvoir présidentiel à un seul mandat de six ans. Mais la résistance des puissantes familles, dont la sienne, qui tiennent l'économie du pays, l'empêchera de mener jusqu'au bout la réforme agraire promise. (...) L'opposition des militaires a fait également échouer son projet de réconciliation avec l'insurrection communiste de la Nouvelle Armée populaire. Bon gré mal gré, Cory Aquino s'est ralliée à la politique de riposte armée, dans une guerre qui dure encore aujourd'hui. Des mutins en uniforme tentèrent pourtant de la renverser à sept reprises. Sa fermeté renforça l'estime de ses concitoyens. À la fin de sa présidence, Cory Aquino, toujours populaire, devint une sorte de conscience morale, parfois un peu brouillonne. »


    David Pilling, « Philippine democracy still awaits its redeemer », Financial Times (Royaume-Uni), 6 août 2009, p. 11.

    «...So overwhelming has been the emotional outpouring that even Gloria Macapagal-Arroyo, the current, unloved, president, whose resignation Aquino had demanded, felt obliged to cut short a visit to Washington and fly home to pay her respects. That must have been hard to swallow since so many of the tributes to Aquino have pointedly contrasted her honesty with that of Mrs Arroyo, whose administration the public suspects of widespread corruption and a desire to cling to office beyond its constitutional due date next year. Far from seeking to prolong her tenure - thrust upon her in 1986 after her husband's assassination by associates of Ferdinand Marcos, the dictator - Aquino could hardly wait to slip back into private life after serving just one term. Cory mania, symbolised by the yellow ribbons that once again adorned Manila yesterday, inspired popular participation in politics around the world. But if the rebellion she embodied has been revered, the Philippine democracy that she helped restore has not been so appreciated. »

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