Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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RAPPORT JDANOV



Date: septembre 1947

Rapport «sur la situation internationale» présenté par Andreï Jdanov, membre du bureau politique du Parti communiste d'Union soviétique, devant la Conférence d'information des partis communistes en Pologne (réunion constitutive du Kominform).

Sélection et mise en page par l'équipe de Perspective monde


"Le but que se pose le nouveau cours expansionniste des États-Unis est l'établissement de la domination mondiale de l'impérialisme américain. Ce nouveau cours vise à la consolidation de la situation de monopole des États-Unis sur les marchés, monopole qui s'est établi par suite de la disparition de leurs deux concurrents les plus grands - l'Allemagne et le Japon - et par l'affaiblissement des partenaires capitalistes des États-Unis : l'Angleterre et la France.

Ce nouveau cours compte sur un large programme de mesures d'ordre militaire, économique et politique, dont l'application établirait dans tous les pays visés par l'expansionnisme des États-Unis la domination politique et économique de ces derniers, réduirait ces pays à l'état de satellites des États-Unis, y instaurerait des régimes intérieurs qui élimineraient tout obstacle de la part du mouvement ouvrier et démocratique à l'exploitation de ces pays par le capital américain. Les États-Unis d'Amérique cherchent à étendre actuellement l'application de ce nouveau cours politique non seulement envers les ennemis de la guerre d'hier, ou envers les États neutres, mais aussi de façon toujours plus grande, envers les alliés de guerre des États-Unis d'Amérique.

On attache une attention spéciale à l'utilisation des difficultés économiques de l'Angleterre - l'allié et en même temps le rival capitaliste et concurrent depuis longue date des États-Unis. Le cours expansionniste américain a pour point de départ la considération que non seulement il faudra ne pas détendre l'étau de la dépendance économique vis-à-vis des États-Unis, dans lequel l'Angleterre est tombée durant la guerre, mais, au contraire, renforcer la pression sur l'Angleterre, afin de lui ravir successivement son contrôle sur les colonies, l'évincer de ses sphères d'influence et la réduire à l'état de vassal.

Ainsi, par leur nouvelle politique, les États-Unis tendent à raffermir leur situation de monopole et comptent assujettir et mettre sous leur dépendance leurs propres partenaires capitalistes.

Mais, sur le chemin de leurs aspirations à la domination mondiale, les États-Unis se heurtent à l'URSS avec son influence internationale croissante, comme au bastion de la politique anti-impérialiste et antifasciste, aux pays de la nouvelle démocratie qui ont échappé au contrôle de l'impérialisme anglo-américain, aux ouvriers de tous les pays, y compris les ouvriers de l'Amérique même, qui ne veulent pas de nouvelle guerre de domination au profit de leurs propres oppresseurs.

C'est pourquoi le nouveau cours expansionniste et réactionnaire de la politique des États-Unis vise à la lutte contre l'URSS, contre les pays de la nouvelle démocratie, contre le mouvement ouvrier de tous les pays, contre le mouvement ouvrier aux États-Unis, contre les forces anti-impérialistes de libération dans tous les pays.

Les réactionnaires américains, inquiets des succès du socialisme en URSS, des succès des pays de la nouvelle démocratie et de la croissance du mouvement ouvrier et démocratique dans tous les pays du monde entier, après la guerre, sont enclins à se fixer comme tâche celle de " sauver " le système capitaliste du communisme.

De sorte que le programme franchement expansionniste des États-Unis rappelle extraordinairement le programme aventurier des agresseurs fascistes, qui a misérablement échoué, agresseurs qui, comme on le sait, se considéraient naguère aussi comme des prétendants à la domination mondiale.

Comme les hitlériens, lorsqu'ils préparaient l'agression de brigandage afin de s'assurer la possibilité d'opprimer et d'asservir tous les peuples et avant tout leur propre peuple, se masquaient de l'anticommunisme; de la même manière, les cercles dirigeants d'aujourd'hui des États-Unis dissimulent leur politique d'expansion et même leur offensive contre les intérêts vitaux de leur concurrent impérialiste devenu plus faible - l'Angleterre - par des tâches de pseudo-défense anticommuniste.

La course fiévreuse aux armements, la construction de nouvelles bases et la création de places d'armes pour les forces armées américaines dans toutes les parties du monde sont justifiées par les arguments pharisiens et faux de la soi-disant " défense " contre le danger militaire imaginaire de la part de l'URSS.

La diplomatie américaine agissant par les méthodes de menaces, de corruption et de chantage arrache facilement des autres pays capitalistes, et avant tout de l'Angleterre, le consentement à l'affermissement légal des positions avantageuses américaines en Europe et en Asie, dans les zones occidentales de l'Allemagne, en Autriche, en Italie, en Grèce, en Turquie, en Egypte, en Iran, en Afghanistan, en Chine, au Japon, etc.

Les impérialistes américains, se considérant comme la force principale opposée à l'URSS, aux pays de la nouvelle démocratie, au mouvement ouvrier et démocratique de tous les pays du monde, se considérant comme le bastion des forces réactionnaires, anti-démocratiques du monde entier, ont entrepris littéralement, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de dresser contre l'URSS et la démocratie mondiale un front hostile et d'encourager les forces réactionnaires, anti-populaires, les collaborationnistes et les anciennes créatures capitalistes dans les pays européens qui, libérés du joug hitlérien, ont commencé à organiser leur vie selon leur propre choix.

Les politiciens impérialistes les plus enragés et déséquilibrés ont commencé, après Churchill, à dresser des plans en vue d'organiser le plus rapidement possible une guerre préventive contre l'URSS, faisant ouvertement appel à l'utilisation contre les hommes soviétiques du monopole américain temporaire de l'arme atomique.

Les instigateurs de la nouvelle guerre tentant d'utiliser l'intimidation et le chantage non seulement envers l'URSS, mais aussi envers les autres pays, et en particulier, envers la Chine et l'Inde, présentent d'une façon calomnieuse l'URSS comme agresseur possible, et se présentent eux-mêmes en qualité d' " amis " de la Chine et de l'Inde, comme " sauveurs " du danger communiste, appelés à " aider " les plus faibles. De cette façon, on accomplit la tâche de maintenir dans l'obéissance à l'impérialisme l'Inde et la Chine et de prolonger leur asservissement politique et économique.

(...)

La politique extérieure expansionniste, inspirée et menée par la réaction américaine, prévoit une activité simultanée dans toutes les directions :

1) mesures militaires stratégiques ;

2) expansion économique ;

3) lutte idéologique.



La réalisation des plans militaires stratégiques de futures agressions est liée aux efforts pour utiliser au maximum l'appareil de production militaire des États-Unis qui s'est accru considérablement vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale. L'impérialisme américain mène une politique conséquente de militarisation du pays. Aux États-Unis, les dépenses pour l'armée et la flotte dépassent 11 milliards de dollars par an. En 1947-1948, les États-Unis ont assigné pour l'entretien de leurs forces armées 35%. du budget, soit 11 fois plus qu'en 1937-1938.

Si, au début de la Deuxième Guerre mondiale, l'armée des États-Unis occupait la dix-septième place de tous les pays capitalistes, actuellement elle occupe la première place. Parallèlement à l'accumulation des bombes atomiques, les stratèges américains ne se gênent pas pour dire qu'aux États-Unis se font des préparatifs pour l'arme bactériologique.

Le plan militaire stratégique des États-Unis prévoit la création, en temps de paix, de nombreuses bases et places d'armes, très éloignées du continent américain et destinées à être utilisées dans des buts d'agression contre l'URSS et les pays de la nouvelle démocratie. Les bases américaines militaires, aériennes et navales, existent ou sont de nouveau en voie de création en Alaska, au Japon, en Italie, au sud de la Corée, en Chine, en Egypte, en Iran, en Turquie, en Grèce, en Autriche et en Allemagne occidentale. Une mission militaire américaine opère en Afghanistan et même au Népal. Des préparatifs se font fiévreusement pour utiliser l'Arctique en vue d'une agression militaire.

Bien que la guerre soit déjà finie depuis longtemps, l'alliance militaire entre l'Angleterre et les États-Unis subsiste encore, de même que l'état-major anglo-américain unifié des forces armées. Sous l'enseigne de la convention sur la standardisation des armements, les États-Unis ont étendu leur contrôle sur les forces armées et les plans militaires des autres pays, en premier lieu de l'Angleterre et du Canada. Sous l'enseigne de la défense commune de l'hémisphère occidental, les pays de l'Amérique latine sont en voie d'entrer dans l'orbite des plans d'expansion militaire des États-Unis. Le gouvernement des États-Unis a annoncé que sa tâche officielle était d'aider à la modernisation de l'armée turque. L'armée du Kuomintang réactionnaire fait son instruction avec des officiers américains et reçoit du matériel américain. La clique militaire devient une force politique active aux États-Unis, dont elle fournit, sur une grande échelle, les hommes d'Etat et les diplomates qui suivent une ligne militariste agressive dans toute la politique du pays.

L'expansion économique des États-Unis complète d'une façon importante la réalisation du plan stratégique. L'impérialisme américain s'efforce, comme un usurier, d'exploiter les difficultés d'après guerre des pays européens, surtout la pénurie de matières premières, de combustibles et de denrées alimentaires dans les pays alliés qui ont le plus souffert de la guerre, pour leur dicter ses conditions asservissantes de secours. En prévision de la crise économique imminente, les États-Unis s'empressent de trouver de nouvelles sphères de monopole pour l'investissement des capitaux et pour l'écoulement des marchandises. Le " secours " économique des États-Unis a pour but d'asservir l'Europe au capital américain. Plus la situation économique d'un pays est grave, plus les monopoles américains s'efforcent de lui dicter de dures conditions.

Mais le contrôle économique entraîne aussi avec lui une dépendance politique de l'impérialisme américain. Ainsi, l'extension des sphères d'écoulement des marchandises américaines se combine pour les États-Unis avec l'acquisition de nouvelles places d'armes propices à la lutte contre les nouvelles forces démocratiques de l'Europe. En " sauvant " un pays de la famine et de la ruine, les monopoles américains ont le dessein de le priver de toute indépendance. L' " aide " américaine entraîne presque automatiquement des modifications de la ligne politique du pays qui reçoit cette " aide " : viennent au pouvoir des partis et des personnalités qui, obéissant aux directives de Washington, sont prêts à réaliser, dans leur politique intérieure et extérieure, le programme désiré par les États-Unis (France, Italie, etc.).

Enfin, les aspirations des États-Unis à la domination mondiale et leur ligne antidémocratique comportent aussi une lutte idéologique. La tâche principale de la partie idéologique du plan stratégique américain consiste à user du chantage envers l'opinion publique, à répandre des calomnies sur la prétendue agressivité de l'Union soviétique et des pays de la nouvelle démocratie, afin de pouvoir ainsi présenter le bloc anglo-saxon dans le rôle d'un bloc de prétendue défense et le décharger de la responsabilité dans la préparation de la nouvelle guerre. La popularité de l'Union soviétique à l'étranger s'est considérablement accrue pendant la Deuxième Guerre mondiale. Par sa lutte héroïque, pleine d'abnégation, contre l'impérialisme, l'Union soviétique a gagné l'amour et le respect des travailleurs de tous les pays. La puissance militaire et économique de l'Etat socialiste et la force indestructible de l'unité morale et politique de la société soviétique ont été démontrées clairement devant le monde entier. Les milieux réactionnaires des États-Unis et de l'Angleterre se demandent avec souci comment dissiper l'impression inoubliable que le régime socialiste produit sur les ouvriers et les travailleurs du monde entier. Les instigateurs de guerre se rendent très bien compte que, pour envoyer les soldats combattre contre l'Union soviétique, une longue préparation idéologique est nécessaire.

Dans leur lutte idéologique contre l'URSS, les impérialistes américains, qui s'orientent mal dans les problèmes politiques et montrent leur ignorance, mettent en avant tout d'abord l'image représentant l'Union soviétique comme une force soi-disant antidémocratique, totalitaire, tandis que les États-Unis, l'Angleterre et tout le monde capitaliste sont présentés comme des démocraties.

Cette plate-forme de la lutte idéologique - défense de la pseudo-démocratie bourgeoise et attribution au communisme de traits totalitaires - unit tous les ennemis de la classe ouvrière sans exception, depuis les magnats capitalistes jusqu'aux leaders socialistes de droite qui, avec un grand empressement, s'emparent de n'importe quelle calomnie antisoviétique, dictée par leurs maîtres impérialistes. Le pivot de cette propagande fourbe réside dans l'affirmation que l'existence de plusieurs partis et d'une minorité oppositionnelle organisée serait l'indice d'une démocratie véritable. Sur cette base, les " travaillistes " anglais, ne ménageant pas leurs forces pour lutter contre le communisme, auraient voulu déceler qu'il y a, en URSS, des classes antagonistes et une lutte de partis correspondante. Ignorants en politique, ils ne peuvent pas arriver à comprendre que, depuis longtemps déjà, il n'y a plus en URSS de capitalistes et de propriétaires fonciers, qu'il n'y a plus de classes antagonistes et, partant, qu'il ne pourrait y exister plusieurs partis. Ils auraient voulu avoir en URSS des partis chers à leurs coeurs, des partis bourgeois, y compris des partis pseudo-socialistes, en tant qu'agence impérialiste. Mais, pour leur malheur, l'histoire a condamné ces partis bourgeois exploiteurs à disparaître.

(...)

La dissolution du Komintern, répondant aux exigences du développement du mouvement ouvrier dans les conditions de la nouvelle situation historique, a joué son rôle positif. Par la dissolution du Komintern, il a été mis fin pour toujours à la calomnie répandue par les adversaires du communisme et du mouvement ouvrier, à savoir que Moscou s'immisce dans la vie intérieure des autres États et que, soi-disant, les partis communistes des différents pays n'agissent pas dans l'intérêt de leur peuple, mais d'après les ordres du dehors.

Le Komintern avait été créé après la Première Guerre mondiale, quand les partis communistes étaient encore faibles, quand la liaison entre la classe ouvrière des différents pays était presque inexistante et quand les partis communistes n'avaient pas encore de dirigeants du mouvement ouvrier généralement reconnus. Le Komintern eut le mérite de rétablir et de raffermir les relations entre les travailleurs des différents pays, d'élaborer les positions théoriques du mouvement ouvrier dans les nouvelles conditions du développement d'après-guerre, d'établir les règles communes d'agitation et de propagande des idées du communisme et de faciliter la formation des dirigeants du mouvement ouvrier. Ainsi ont été créées les conditions de la transformation des jeunes partis communistes en partis ouvriers de masse.

Cependant, à partir du moment où les partis communistes se transformèrent en partis ouvriers de masse, leur direction provenant d'un centre devenait impossible et non conforme au but. On est arrivé à ceci que le Komintern, de facteur aidant au développement des partis communistes, avait commencé à se transformer en facteur freinant ce développement. La nouvelle phase de développement des partis communistes exigeait de nouvelles formes de liaison entre les partis. Ce sont ces circonstances qui ont déterminé la nécessité de la dissolution du Komintern et de l'organisation de nouvelles formes de liaison entre les partis.

Pendant les quatre années qui se sont écoulées depuis la dissolution du Komintern, on enregistre un renforcement considérable des partis communistes, une extension de leur influence dans presque tous les pays de l'Europe et de l'Asie. L'influence des partis communistes s'est accrue non seulement dans les pays de l'Europe orientale, mais également dans presque tous les pays de l'Europe qui avaient connu la domination fasciste, ainsi que dans les pays comme la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark, la Finlande, etc., qui avaient connu l'occupation fasciste allemande. L'influence des communistes s'est renforcée tout particulièrement dans les pays de la nouvelle démocratie, où les partis communistes sont devenus les partis les plus influents de ces États.

Pourtant, dans la situation actuelle des partis communistes, il y a aussi des faiblesses propres. Certains camarades avaient considéré la dissolution du Komintern comme signifiant la liquidation de toutes les liaisons, de tout contact entre les partis communistes frères. Or, comme l'expérience l'a démontré, une pareille séparation des partis communistes n'est pas juste, mais nuisible et foncièrement contre nature. Le mouvement communiste se développe dans les cadres nationaux, mais, en même temps, il est placé devant des tâches et des intérêts communs aux partis communistes des différents pays.

En fait, on se trouve devant un tableau bien étrange : les socialistes, qui se démènent farouchement pour prouver que le Komintern avait soi-disant dicté des directives de Moscou aux communistes de tous les pays, ont reconstitué leur Internationale, tandis que les communistes s'abstiennent de se rencontrer, et encore plus, de se consulter sur les questions qui les intéressent mutuellement, et tout cela par crainte de la calomnie des ennemis au sujet de la " main de Moscou ".

Les représentants des différentes branches d'activité - les savants, les coopérateurs, les militants syndicaux, les jeunes, les étudiants - estiment, qu'il est possible d'entretenir entre eux un contact international, de faire des échanges de leurs expériences et de se consulter sur les questions concernant leurs travaux, d'organiser des conférences et des délibérations internationales, tandis que les communistes, même ceux des pays qui ont des relations d'alliés, se sentent gênés pour établir entre eux des relations d'amitié. Il n'y a pas de doute que pareille situation, si elle se prolonge, ne soit grosse de conséquences très nuisibles au développement du travail des partis frères. Ce besoin de consultation et de coordination libre des activités des différents partis est devenu particulièrement pressant, surtout maintenant, alors que la continuation de l'éparpillement pourrait conduire à l'affaiblissement de la compréhension réciproque et parfois même à des erreurs sérieuses.

Puisque la plus grande partie des dirigeants des partis socialistes (surtout les travaillistes anglais et les socialistes français) se comporte comme agents de cercles impérialistes des États-Unis d'Amérique, c'est aux partis communistes qu'incombe le rôle historique particulier de se mettre à la tête de la résistance au plan américain d'asservissement de l'Europe et de démasquer résolument tous les auxiliaires intérieurs de l'impérialisme américain. En même temps, les communistes doivent soutenir tous les éléments vraiment patriotiques qui n'acceptent pas de laisser porter atteinte à leur patrie, qui veulent lutter contre l'asservissement de leur patrie au capital étranger et pour la sauvegarde de la souveraineté nationale de leur pays. Les communistes doivent être la force dirigeante qui entraîne tous les éléments antifascistes épris de liberté à la lutte contre les nouveaux plans expansionnistes américains d'asservissement de l'Europe.

Il importe de considérer qu'il y a très loin du désir des impérialistes de déclencher une nouvelle guerre à la possibilité d'organiser une telle guerre. Les peuples du monde entier ne veulent pas la guerre. Les forces attachées à la paix sont si grandes et si puissantes qu'il suffirait qu'elles fassent preuve de ténacité et de fermeté dans la lutte pour la défense de la paix pour que les plans des agresseurs subissent un fiasco total. Il ne faut pas oublier que le bruit fait par les agents impérialistes autour des dangers de guerre tend à intimider les gens sans fermeté ou ceux à nerfs faibles, afin de pouvoir, au moyen du chantage, obtenir des concessions en faveur de l'agresseur.

Actuellement, le danger principal pour la classe ouvrière consiste en la sous-estimation de ses propres forces et en la surestimation des forces de l'adversaire. De même que, dans le passé, la politique munichoise a encouragé l'agression hitlérienne, de même aujourd'hui, les concessions à la nouvelle orientation des États-Unis d'Amérique et du camp impérialiste peuvent inciter ses inspirateurs à devenir plus insolents et plus agressifs. C'est pourquoi les partis communistes doivent se mettre à la tête de la résistance dans tous les domaines - gouvernemental, économique et idéologique - aux plans impérialistes d'expansion et d'agression. Ils doivent serrer leurs rangs, unir leurs efforts sur la base d'une plate-forme anti-impérialiste et démocratique commune, et rallier autour d'eux toutes les forces démocratiques et patriotiques du peuple.

Une tâche particulière incombe aux partis communistes frères de France, d'Italie, d'Angleterre et des autres pays. Ils doivent prendre en main le drapeau de la défense de l'indépendance nationale et de la souveraineté de leurs propres pays. Si les partis communistes frères restent fermes sur leurs positions, s'ils ne se laissent pas influencer par l'intimidation et le chantage, s'ils se comportent résolument en sentinelles de la paix durable et de la démocratie populaire, de la souveraineté nationale, de la liberté et de l'indépendance de leur pays, s'ils savent, dans leur lutte contre les tentatives d'asservissement économique et politique de leur pays, se mettre à la tête de toutes les forces disposées à défendre la cause de l'honneur et de l'indépendance nationale, aucun des plans d'asservissement de l'Europe ne pourra être réalisé."

("Pour une paix durable, pour une démocratie populaire", 1er novembre 1947) extraits de : Charles Zorgbibe, "textes de politique internationale depuis 1945", PUF, Que sais-je ? 2224, pp. 17-28


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