Université de Sherbrooke
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TIERS-MONDISME

Brève définition - Équipe Perspective Monde

Tiers-mondisme: doctrine (idéologie) politique, généralement de gauche, qui attribue la responsabilité de la pauvreté du tiers-monde aux interventions, considérées néfastes, du capitalisme étranger.

Sont visés par cette critique: le Royaume-Uni, la France, mais aussi la Belgique, les Pays-Bas, puis l'Allemagne, le Portugal, l'Espagne et, dans une mesure plus limitée, l'Italie. Tous ces pays ont détenu des colonies; ces pays-métropoles exercaient un contrôle explicite et manifeste tant au plan politique qu'au plan économique sur les pays-colonies. Sont également visés par cette critique, les États-Unis. Les tiers-mondistes y décèlent alors une forme de néo-colonialisme -dépourvue d'un contrôle politique explicite. Ici, est en cause une structure de dépendance économique que le capitalisme américain établirait avec les pays du tiers-monde: présence des multinationales, exploitation abusive des ressources naturelles,déséquilibre des termes d'échange, etc.

Le tiers-mondisme pose comme principe que l'indépendance politique ou institutionnelle ne suffit pas. Une fois la colonisation traditionnelle terminée, les mécanismes de dépendance peuvent se reconstituer par des structures économiques et culturelles. Si la forme est différente, l'effet serait analogue: les besoins des pays du tiers-monde seraient à nouveaux soumis aux impératifs des pays riches. Le tiers-mondisme estime donc que le néo-colonialisme a pris la relève du colonialisme traditionnel. C'est l'explication tiers-mondiste du sous-développement par la «dépendance», par «l'échange inégal» ou «l'effet de domination».

D'une manière générale, le tiers-mondisme a été l'une des expressions politiques et idéologiques de la contestation des pays du Sud à l'endroit de ceux du Nord.

Au début du XXe siècle, Lénine est probablement l'un des premiers leaders politiques à avoir identifié et exploité cette problématique dans son ouvrage L'impérialisme, stade suprême du capitalisme. L'expression «tiers-monde» est cependant utilisée pour la première fois en 1952, par Alfred Sauvy, un économiste et démographe français: « car enfin, ce tiers-monde ignoré, exploité, méprisé comme le tiers état, veut lui aussi, être quelque chose » . En faisait un parallèle avec la grande majorité de la population française qui, sous l'ancien régime (soit avant 1789), n'appartenait ni à la noblesse, ni au clergé, mais à un troisième ordre, il initia une nouvelle désignation pour désigner les pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, constituant la majorité de la population mondiale et néanmoins exploités par le Nord -minoritaire. Par après, cette critique a été reprise par Naser en Égypte, par Castro à Cuba ou Boumédiène en Algérie ou par des intellectuels et théoriciens, comme Samir Amin, René Dumont, Pierre Salama ou Christian Palloix pendant les années 1970 et 1980.




 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension