Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 décembre 2018

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DISTORSION ÉLECTORALE

Brève définition - Équipe Perspective monde

Il peut exister un écart important entre la distribution des votes lors d'une élection et la distribution des sièges. Un parti peut ainsi avoir obtenu 60% des sièges d'une assemblée législative en ayant reçu que 40% des votes. On dira alors qu'il est sureprésenté. Inversement, un parti peut n'avoir obtenu aucun siège en dépit du fait qu'il ait récolté 10% du vote. On dira alors qu'il est sous-représenté. Dans le premier cas, la distorsion serait de +20; et dans le deuxième cas la distorsion serait de -10. Le calcul de la distorsion impose donc de traduire le nombre de sièges en pourcentage de sièges de l'assemblée, puis de comparer les deux pourcentages (sièges et votes) en opérant une simple soustraction.

D'une manière générale, les distorsions sont fonction du mode de scrutin en vigueur. Un mode de scrutin majoritaire génère souvent des distorsions importantes : positive pour le parti gagnant, et souvent négatives pour les perdants, en particulier pour les petits partis. À l'inverse, un mode de scrutin proportionnel génère habituellement une distorsion très réduite bien que cela puisse varier selon les modalités mises en place dans le pays. Il y a alors une forte similitude entre le pourcentage de votes pour un parti et le pourcentage des sièges qu'il détient dans l'assemblée législative.

On a deviné que la somme des distorsions lors d'une élection égale zéro. Les distorsions peuvent varier d'une élection à l'autre.

L'indice de disproportion développé par Michael Gallagher permet d'évaluer l'ensemble des distorsions. Le calcul est relativement simple. Il faut d'abord mettre au carré les distorsions de chacun des partis, en faire la somme, puis diviser la dite somme par deux pour en extraire finalement la racine carrée. Au Canada, où prévaut un scrutin majoritaire l'indice de disproportion fut de 10,9 lors du scrutin de 2008, au Royaume-Uni en 2005, il était de 16,7. En France, en 2007, il s'établissait à 13,6. Inversement, en Israël, où prévaut un mode de scrutin proportionnel, l'indice de disproportion n'était que de 1,6 en 2009; en Allemagne où prévaut un scrutin mixte (à finalité proportionnelle) il s'établissait à 3,4 en 2009; enfin, en Belgique où les sièges sont attribués selon une proportionnelle régionale, l'indice de disproportion s'élevait à 3,4 lors des élections de 2007.

Pour consulter la liste des indices par pays depuis 1945 [en anglais]

Pays Mode de scrutin Niveau
France Majoritaire 2 tours Élevé
Russie Proportionnelle Intermédiaire
Allemagne Mixte Élevé



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