Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 novembre 2018

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DISCOURS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU PCUS SUR L'INCIDENT DE TCHERNOBYL



Date: 14 mai 1986

L'explosion d'un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl, une ville de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), est à l'origine d'émanations radioactives anormalement élevées causant des morts et forçant l'évacuation de 135 000 habitants de la région. L'affaire est rendue publique le 4 mai 1986. Le 14, le secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS), Mikhaïl Gorbatchev, explique la situation à la nation.

Sélection et mise en page par l'équipe de Perspective monde


Vous savez tous que nous venons de subir une très pénible épreuve, l'accident survenu dans la centrale nucléaire de Tchernobyl. Elle a durement frappé le peuple Boviétique et ému l'opinion internationale. Pour la première fois, nous nous sommes trouvés concrètement confrontés à la force redoutable que représente l'énergie nucléaire lorsqu'elle échappe à tout contrôle.

Conscient du caractère exceptionnel et dangereux de ce qui s'est passé à Tchernobyl, le Politburo s'est chargé d'organiser toutes les activités pour surmonter le plus rapidement possible l'accident et en limiter les conséquences. Une commission gouvernementale a été constituée, qui s'est rendue sans tarder sur les lieux de l'accident et un groupe a été créé au sein du Politburo, sous la direction de Nikolai Ivanovitch Ryjkov, pour traiter des questions urgentes.

Comme je l'ai déjà dit, c'est la premlere fois que nous sommes confrontés à type d'accident nous obligeant à maîtriser rapidement la puissance dangereuse produite par des réactions nucléaires échappant à notre contrôle et à limiter le plus possible l'ampleur de la catastrophe.

D'après les spécialistes, l'activité du réacteur a brusquement augmenté pendant un arrêt prévu de l'unité 4. L'émission considérable de vapeur et la réaction qui a suivi ont conduit à la formation d'hydrogène qui, en explosant, a endommagé le réacteur et a entraîné des fuites radioactives.

Une énorme part des travaux et des responsabilités a été assumée par le Parti et les organes gouvernementaux et économiques d'Ukraine et de Biélorussie. Tout le personnel d'exploitation de la centrale nucléaire de Tchernobyl travaille avec dévouement et courage.

Que s'est-il passé?

Tous les travaux se poursuivent pratiquement 24 heures sur 24. Les moyens scientifiques, techniques et économiques de tout le pays ont été mis à contribution. Dans la région de l'accident, opèrent des organismes de nombreux ministères et départements de l'Union, sous la direction de ministres, de chercheurs et de spécialistes éminents, ainsi que des unités de l'armée soviétique et des services du Ministère de l'intérieur.

Il est encore trop tôt pour porter un jugement définitif sur les causes de :l'accident. Tous les aspects du problème, la conception, les plans et les quesitions techniques et d'exploitation, sont examinés de près par la commission gouvernementale. Il va de soi que, lorsque les résultats de l'enquête sur les causes de l'accident seront connus, toutes les conclusions qui s'imposent seront tirées et que des mesures seront prises pour empêcher qu'un tel accident ne se reproduise.

La gravité de la situation est évidente. Il fallait l'analyser rapidement et efficacement. Dès que les premières informations fiables nous sont parvenues, nous les avons mises à là disposition de la population soviétique et les avons communiquées par les voies diplomatiques aux gouvernements des pays étrangers. Sur la base de ces informations, des mesures concrètes ont commencé d'être prises pour surmonter l'accident et en limiter les lourdes conséquences.

Dans la situation telle qu'elle est apparue, nous avons considéré comme notre premier devoir - et un devoir de la plus haute importance - d'assurer la sécurité de la population et d'apporter une aide efficace aux victimes. En quelques heures, les habitants de la localité située à proximité de la centrale ont été évacués puis, quand il est apparu que la santé des populations des zones adjacentes était potentiellement menacée, Ces dernières ont elles aussi été conduites en zone sûre.

Toutes ces tâches complexes ont dû être réalisées avec la rapidité, l'organisation et la précision les plus grandes possibles.

Néanmoins, toutes les mesures qui ont été prises n'ont pas permis de protéger tout le monde. Au moment de l'accident, deux personnes ont trouvé la mort - Vladimir Nikolaevitch Chachenck, ajusteur de systèmes informatiques et Valery Ivanovitch Khodemtchuk, opérateur de la centrale nucléaire. A la date d'aujourd'hui, 299 personnes sont hospitalisées pour contamination radioactive de degrés variés. Sept d'entre elles sont décédées. Les autres reçoivent le meilleur traitement possible. Les meilleurs spécialistes scientifiques et médicaux du pays et les cliniques spécialisées de Moscou et d'autres villes qui participent à cet effort ont à leur disposition les moyens médicaux les plus modernes.

Au nom du Comité central du PCUS et du Gouvernement soviétique, j'exprime mes profondes condoléances aux familles et aux parents des victimes, aux collectifs de travailleurs, et à tous ceux qui ont souffert de cette calamité ou qui ont perdu des êtres chers. Le Gouvernement soviétique prendra soin des familles de ceux qui ont péri et qui ont souffert.

Les habitants des zones qui ont accueilli chaleureusement les personnes évacuées méritent toute notre gratitude. Ils ont agi comme si l'infortune de leurs voisins était la leur et, conformément aux meilleures traditions de notre peuple, ils ont fait preuve de considération, de compassion et d'attention.

Le Comité central du PCUS et le Gouvernement soviétique reçoivent des milliers de lettres et de télégrammes émanant de ressortissants soviétiques et d'étrangers qui expriment leur sympathie et leur soutien aux victimes. De nombreuses familles soviétiques sont disposées à accueillir chez elles pour l'été des enfants et à offrir une aide matériélle. Nombreux sont ceux qui demandent à être envoyés sur les lieux de l'accident pour y travailler.

Nous ne pouvons tous qu'être émus devant ces manifestations d'humanité, de véritable philanthropie et de haute qualité morale.

La fourniture d'une assistance, je le répète, reste notre tâche prioritaire. Simultanément, des travaux intensifs se déroulent, à la centrale même et à proximité en vue de limiter l'ampleur de l'accident. Dans des conditions extrêmement difficiles, il a été possible d'éteindre l'incendie et de l'empêcher de s'étendre aux autres unités. Le personnel de la centrale a arrêté le fonctionnement des autres réacteursl les plaçant dans des conditions de sécurité. Ils font l'objet d'une surveillance constante.

Toutes les personnes mobilisées - pompiers, travailleurs des transports et du bâtiment, médecins, unités spéciales de protection chimique, équipages d'hélicoptères et autres groupes détachés par le Ministère de la défense et le Ministère de l'intérieur - ont surmonté et continuent de surmonter des épreuves extrêmement difficiles.

Compte tenu de la complexité de la situation, il était essentiel de disposer d'une évaluation scientifique correcte de ce qui se produisait, sinon, il aurait été impossible d'élaborer et de mettre en oeuvre des mesures efficaces en vue de faire face à l'accident et à ses conséquences. D'éminents savants de l'Académie des sciences et des spécialistes de premier plan des ministères et organismes de l'Union, de l'Ukraine et de la Biélorussie s'acquittent avec succès de cette mission.

Je tiens à souligner que ces personnes ont agi et continuent d'agir avec héroïsme et abnégation. Je pense que nous aurons l'occasion de nommer ces personnes courageuses et apprécier leur exploit à sa juste valeur.

J'ai toutes les raisons d'affirmer qu'en dépit de l'extrême gravité de ce qui s'est produit les dégâts ont été limités dans une très large mesure grâce au courage et aux compétences extraordinaires de notre peuple, à son sens du devoir et à l'esprit de corps dont il a fait preuve au cours des efforts déployés pour éliminer les conséquences de l'accident.

Ce n'est pas seulement dans la zone de la centrale nucléaire elle-même que cette mission s'accomplit mais aussi dans les instituts scientifiques, et dans de nombreuses entreprises du pays qui fournissent tout les moyens nécessaires à ceux qui participent directement aux efforts pénibles et dangereux visant à faire face à la situation.

Grâce aux mesures efficaces qui ont été prises, on peut dire aujourd'hui que le plus mauvais est passé. Les conséquences les plus graves ont été évitées. Certesl on ne peut pas encore crier victoire. Nous ne pouvons relâcher notre effort. Une longue et pénible tâche nous attend encore. Les taux de radioactivité dans la zone de la centrale et à proximité immédiate restent dangereux pour la santé.

Aujourd'hui, la tâche prioritaire consiste donc à éliminer les conséquences de l'accident. Un vaste programme de désactivation de la zone de la centrale et de la cité ouvrière, des bâtiments et des diverses installations a été établi et est en cours d'exécution. La main-d'oeuvre et les ressources matérielles et techniques nécessaires ont été réunis sur place à cet effet. Afin d'empêcher la contamination radioactive du réseau hydrologique, des mesures sont prises actuellement sur le site même, ainsi que dans la zone avoisinante.

Les services météorologiques surveillent en permanence les taux de la radioactivité au niveau du sol, ainsi que dans l'eau et dans l'atmosphère. Ils disposent des moyens techniques nécessaires et utilisent des avions, des hélicoptères et des stations de contrôle au sol spécialement équipés à cet effet. Il est évident que toutes ces opérations prendront du temps et exigeront des gros efforts. Elles doivent être réalisées avec soin, méthode et organisation. Il faut rétablir dans la région une situation de sécurité totale pour la santé et la vie normale de la population.

Il est un autre aspect de cette affaire que je ne peux passer sous silence. C'est la réaction que l'accident de Tchernobyl a suscité à l'étranger. Devant cette calamité qui nous a frappé et les mesures que nous avons prises pour faire face à cette situation complexe, le monde tout entier, je souligne tout entier, a fait preuve de compréhension.

Nous sommes profondément reconnaissants envers nos amis des pays socialistes qui ont exprimé leur solidarité avec le peuple soviétique en cette heure difficile. Nous savons gré aux dirigeants politiques et aux personnalités en vue des autres pays de la sympathie qu'ils ont manifestée et de l'appui qu'ils nous ont prêté.

Nous exprimons nos meilleurs sentiments aux scientifiques et aux spécialistes étrangers qui se sont montrés prêts à nous apporter leur concours en vue de remédier aux conséquences de l'accident. Je veux signaler en particulier la part prise dans le traitement des malades par les médecins américains R. Gale et P. Tarassaki, et remercier les milieux d'affaires des pays qui ont répondu d'emblée à nos commandes de moyens techniques, d'équipement et de médicaments divers. Nous apprécions comme il se doit l'attitude objective qu'ont adoptée face aux événements de la centrale atomique de Tchernobyl l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AlEA) et son directeur général, M. Hans Blix.

En d'autres termes, nous apprécions à sa juste valeur la sympathie de tous ceux dont le coeur n'est pas resté indifférent à nos malheurs et à nos problèmes. On ne peut cependant passer sous silence ni se dispenser d'évaluer sur le plan politique l'attitude des gouvernements, des responsables politiques et des médias de certains pays de l'OTAN, et particulièrement des Etats-Unis, face aux événements de Tchernobyl.

Ils ont en effet déclenché une campagne antisoviétique effrénée. Que n'a t-on pas dit ni écrit ces jours deniers! On a parlé de "milliers de victimes", de "fosses communes", de "Kiev ville morte", on a dit que "toute la terre d 'Ukraine était empoisonnée", etc. etc.

De façon générale, nous nous sommes trouvés devant une véritable montagne de mensonges, de mensonges les plus éhontés et les plus malveillants qui soient. Il n'est certes pas agréable de rappeler tout cela, mais c'est nécessaire. c'est nécessaire pour que l'opinion publique internationale sache ce que nous avons trouvé sur notre chemin. C'est nécessaire si l'on veut savoir ce qui, en fait, a pu inspirer une campagne si éminemment amorale.

Pour sûr, ce qui intéressait ses organisateurs, ce n'étaient pas des informations véridiques sur l'accident, ni le sort de la population de Tchernobyl, d'Ukraine, de Biélorussie, de tout autre lieu ou de tout autre pays. Ce qu'il leur fallait, c'était un prétexte pour dénigrer l'Union soviétique et sa politique extérieure, pour affaiblir l'effet des propositions soviétiques en faveur de la cessation des essais nucléaires et de l'élimination de l'armement nucléaire, et atténuer en même temps les critiques toujours plus nombreuses que suscitent le co~portement des Etats-Unis sur la scène internationale et leur politique militariste.

Pour parler sans détour, certains hommes politiques occidentaux poursuivaient des objectifs bien définis: anéantir toute possibilité d'un équilibrage des relations internationales et semer de nouvelles graines de méfiance et de suspicion envers les pays socialistes.

C'est ce qui est apparu aussi très nettement lors de la rencontre des dirigeants des "sept" qui s'est tenue récemment à Tokyo. De quels dangers ont-ils averti l'humanité, de quoi ont-ils parlé au monde? De la Libye, accusée sans preuve de se livrer au terrorisme, et aussi du fait que l'Union soviétique ne leur aurait pas fourni "suffisamment d'informations" sur l'accident de Tchernobyl. Quant à l'essentiel, ils n'en ont pas dit un mot: ils Se sont tus sur les moyens de mettre fin à la course aux armements et de soustraire le monde à la menace nucléaire. Ils n'ont pas dit un mot pour répondre aux initiatives soviétiques, à nos propositions concrètes pour mettre finaux essais nucléaires, pour délivrer l'humanité des armements nucléaires et chimiques et réduire les armements classiques.

Comment faut-il interpréter tout cela? On en retire malgré soi l'impression que les dirigeants des pays capitalistes réunis à Tokyo ont voulu utiliser Tchernobyl pour détourner l'attention de l'opinion publique mondiale de problèmes qui les dérangent mais qui nlen sont pas moins réels et cruciaux pour le monde entier.

L'accident de la centrale de Tchernobyl et les réactions qu'il a provoquées sont devenus en quelque sorte un test de morale politique. Une fois encore, on a vu se manifester deux conceptions, deux comportements différents.

Les milieux dirigeants des Etats-Unis et leurs alliés les plus zélés - parmi lesquels je citerai tout particulièrement la République fédérale d'Allemagne nlont vu dans cet événement qu'une nouvelle occasion de dresser des obstacles supplémentaires au développement et à l'approfondissement d'un dialogue Est-Ouest déjà bien assez difficile et de justifier la course aux armements nucléaires.

Qui plus est, on a tenté de prouver au monde que les pourparlers et, a fortiori, les accords, avec l'URSS étaient impossibles, et de donner ainsi le feu vert à de nouveaux préparatifs militaires.

Quant à nous, c'est de façon tout autre que nous avons perçu cette tragédie. Nous comprenons bien qu'une fois de plus le tocsin a sonné, qu'une fois de plus un sombre avertissement nous a été donné pour nous convaincre que l'ère nucléaire exige une pensée politique neuve et une politique nouvelle.

Cela nous a renforcés davantage dans notre conviction que la ligne définie par le XXVlle Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique en matière de politique étrangère est juste, gue nos propositions d'éliminer totalement les armements nucléaires, de ne plus procéder à des explosions nucléaires, de créer un système universel de sécurité internationale répondent aux exigences sévères auxquelles doivent inexorablement se plier les dirigeants politiques de tous les pays à l'âge nucléaire.

Quant à "l'insuffisance d'informations", question qui a provoqué une campagne particulière - d'Un caractère et d'Un contenu politique d'ailleurs - c'est en l'occurrence une invention. On n'en veut pour preuve qu'il a fallu aux autorités américaines, comme personne ne l'a oublié, 10 jours pour informer leur propre Congrès et plusieurs mois pour informer la communauté mondiale de l'ampleur de la tragédie qui s'est produite dans la centrale atomique de Three Miles Island en 1979. J'ai déjà dit comment nous avons réagi.

Chacun est maintenant en mesure de juger et de dire qui s'inquiète d'informer son propre peuple et les pays étrangers, et de quelle façon?

Mais la question n'est pas là. Nous estimons que l'accident de la centrale de Tchernobyl, tout comme ceux qui se sont produits dans des centrales atomiques américaines, anglaises et autres, pose à tous les Etats des problèmes très graves qu'il convient d'aborder de façon responsable.

Plus de 370 réacteurs atomiques fonctionnent aujourd'hui dans différents pays du monde. C'est la réalité des faits. Il est difficile d'imaginer l'avenir de l'économie mondiale sans le développement des techniques énergétiques atomiques. Quarante réacteurs d'une capacité totale de plus de 28 millions de kilowatts sont en service dans notre pays. Comme on le sait, l'humanité bénéficie considérablement des utilisations pacifiques de l'énergie atomique.

Il va cependant de soi que nous devons tous redoubler de prudence et nous attacher, en concentrant dans ce domaine les efforts de la science et de la technique, à maîtriser et rendre inoffensives les forces immenses et terribles que renferme le noyau atomique.

La leçon que nous devons indiscutablement tirer de Tchernobyl est qu'à mesure que se développe la révolution scientifique et technique, les questions de la fiabilité et de la sécurité des techniques, comme celles de la discipline, de l'ordre et de l'organisation, acquièrent une importance primordiale. Les normes les plus sévères doivent être respectées partout et dans tous les domaines.

Il faut en outre à notre avis envisager d'approfondir sensiblement la coopération organisée dans le cadre de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AlEA). Que pourrait-on faire à cette fin?

Premièrement, il faut créer un régime international garantissant le développement en toute sécurité des techniques énergétiques nucléaires sur la basp. d'une collaboration étroite de tous les Etats exerçant des activités dans ce domaine. Dans le cadre de ce régime, il convient d'établir un système de notification rapide et d'information en cas d'accident ou de mauvais fonctionnement de centrales nucléaires, surtout slils s'accompagnent d'émissions radioactives. De même, il est nécessaire de mettre en place un mécanisme international, tant bilatéral que multilatéral, d'aide d'urgence mutuelle en cas d'apparition de situations dangereuses.

Deuxièmement, il serait bon d'examiner l'ensemble de ces questions sous la haute autorité d'une conférence internationale ad hoc qui serait convoquée à Vienne sous les auspices de l'AlEA.

Troisièmement, comme l'AlEA a été fondée en 1957 et que ses ressources et effectifs ne correspondent plus au niveau de développement des techniques énergétiques nucléaires actuelles, il serait utile de renforcer le rôle et les possibilités de cette organisation internationale unique en son genre. L'Union soviétique Y est disposée.

Quatrièmement, nous sommes convaincus que l'ONU et ses institutions spécialisées, par exemple l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) doivent être plus activement associées aux mesures visant à assurer le développement inoffensif des activités nucléaires pacifiques.

Quoi qu'il en soit, il ne faut pas oublier que dans notre monde interdépendant, les problèmes que posent les utilisations pacifiques de l'énergie atomique viennent s'ajouter à ceux de ses utilisations militaires. Ces derniers sont aujourd'hui les plus graves. L'accident de Tchernobyl a montré une fois de plus quel abîme s'ouvrirait devant l'humanité si la guerre nucléaire s'abattait sur elle. En effet, l'accumulation des arsenaux nucléaires porte en germe des milliers et des milliers de catastrophes bien plus horribles que celle de Tchernobyl.

Alors que les questions nucléaires retiennent de plus en plus l'attention, le Gouvernement soviétique, ayant pesé toutes les données concernant la sécurité de son peuple et celle de l'humanité tout entière, a pris la décision de proroger son moratoire unilatéral sur les essais nucléaires jusqu'au 6 août prochain, c'est-à-dire jusqu'à la date anniversaire du largage de la première bombe atomique sur la ville japonaise d'Hiroshima, qui, il y a plus de 40 ans, fit plusieurs centaines de milliers de victimes.

Nous lançons de nouveau un appel aux Etats-Unis pour qu'ils mesurent en ayant pleinement conscience de leurs responsabilités la menace qui pèse sur l'humanité et prêtent l'oreille à l'opinion de la communauté mondiale. Que ceux qui dirigent les Etats-Unis montrent par des actes leur souci de la vie et de la santé des hommes.

Je confirme la proposition que j'ai faite au président Reagan de le rencontrer sans delai dans la capitale de n'importe quel Etat européen prêt à nous accueillir ou, par exemple, à Hiroshima, en vue de conclure un accord sur l'interdiction des essais nucleaires.

L'ère nucléaire'exige impérieusement qu'une nouvelle approche soit adoptée dans les relations internationales, que les Etats dotés de régimes sociaux différents unissent leurs efforts pour faire cesser la course fatale aux armements et améliorer profondément l'atmosphère politique mondiale. A10rs s'éclairciront les vastes horizons d'une coopération fructueuse pour tous les pays et les peuples, et tous les habitants de la planète en bénéficieront.


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