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1 janvier 2000

Célébrations du nouveau millénaire

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Nouvel an à Sydney

Des cérémonies spectaculaires sont organisées un peu partout sur le globe pour souligner ce que l'on considère comme le début du nouveau millénaire. Malgré quelques inquiétudes, les festivités se déroulent sans anicroches majeures.

Anticipée depuis plusieurs années comme un moment de réjouissance, cette célébration de l'an 2000 s'accompagne aussi de certaines inquiétudes. D'une part, la possibilité que des groupes terroristes profitent de l'occasion pour faire un coup d'éclat oblige les services de renseignement et les forces policières à rester sur le qui-vive. D'autre part, on craint aussi que le passage du chiffre 1999 à 2000 n'entraîne des complications informatiques qui pourraient avoir des conséquences catastrophiques à différents niveaux (transports, finances, communications, équipements militaires, etc.). Des centaines de milliards de dollars sont dépensés par les gouvernements et les entreprises afin de neutraliser ce «bug» du millénaire (Y2K) qui, en fin de compte, ne causera pas de problèmes d'envergure. Le Kiribati, dans l'océan Pacifique, est le premier pays à fêter le nouveau millénaire. Par la suite, grâce à la télévision, des milliards de personnes sont en mesure d'apprécier les célébrations qui se déroulent un peu partout dans le monde, notamment dans les grandes villes (Londres, New York, Paris, Sydney, etc.) où les concepteurs rivalisent d'ingéniosité pour produire des cérémonies spectaculaires. Cet événement est également propice à une réflexion sur les enjeux planétaires -guerres, malnutrition, problèmes environnementaux, etc.- qui menacent l'espèce humaine. Fait intéressant : les festivités de l'an 2000 font l'objet d'une couverture même dans un pays comme la Chine, où le calendrier en vigueur n'indique aucune commémoration particulière.

Dans les médias...


Henri Madelin, « Au tournant du millénaire »

«...En dépit des mises en scène, célébrations et sollicitations collectives, nous le savons, nos grands changements sont finalement des conventions qui introduisent une discontinuité là où ne règne qu'une inexorable continuité. (...) Pour le passage à l'an 2000, où sont les grandes terreurs annoncées par certains marchands d'illusions ? Des peurs existent, mais elles paraissent apprivoisées et localisées. Elles ont nom : possible défaillances techniques dans les ordinateurs, sentiment d'insécurité urbaine, bouleversement des modes de filiation et de transmission de la vie. Face à un avenir inconnu et problématique, nous voici dans un espace mouvant et un temps incertain. Sous l'effet de la mondialisation et de l'individualisation poussées à l'extrême, nous nous éprouvons parfois comme « les déracinés » dont parlait déjà Barrès en déplorant les déchirures dans le tissu national. Puissance des moyens mis à la disposition de chacun et de tous, perturbation des fins qui ne parviennent plus à donner de la mesure et à fournir du sens. »

Études (France), janvier 2000, p. 6.

François d'Alancon, « Nuit fauve, nuit câline, le récit du millénaire»

«...Nuit fauve, nuit câline. Si ce n'étaient les bombes russes qui sont tombées, comme jamais depuis le début de la guerre, sur Grozny, la capitale tchétchène, ou les inondations meurtrières de Caracas, la plupart des 6 milliards d'êtres humains ont basculé paisiblement dans l'an 2000. A la veille de l'événement, les gouvernements, les entreprises et, en définitive, les citoyens-consommateurs des pays développés pouvaient s'inquiéter de tout : des menaces terroristes, de la violence des casseurs et du grand méchant « bogue du millénium » qui risquait de « tout faire péter ». (...) L'apocalypse tant redoutée n'a pas eu lieu. Tout, ou presque, s'est bien passé. Ni les attentats ni la violence incontrôlée ne sont venus perturber la « fête du millénaire ». En France, plus d'un million de personnes ont fêté le passage à l'an 2000 dans une ambiance bon enfant, entre la tour Eiffel et les Champs-Elysées. On a dansé, comme il se doit, sur le pont d'Avignon. »

La Croix (France), 3 janvier 2000, p. 2.

Philippe Muray, « L'homme du XXIe siècle sera une femme »

«...Pétrifié de remords, l'homme sort du XXe siècle par la porte de la honte. De repentance en repentance, de mortifications en déplorations, de coulpes battues comme plâtre en confessions à rebondissements, c'est les genoux en sang, les mains vides et le cerveau en bouillie qu'il aborde l'aube du troisième millénaire. Socialement et mondialement inutilisable pour les nouvelles grandes aventures qui se préparent. L'homme est une affaire classée. Il n'y aura pas d'homme du XXIe siècle. S'il doit y avoir quelque chose, ou plutôt quelqu'un, ce sera une femme : et même un femme, comme je propose de l'écrire pour marquer la mutation. La femme du XXIe siècle. On nous l'a assez dit que la femme était l'avenir de l'homme, que le futur était femme et que le nouveau millénaire serait féminin ou ne serait pas. Eh bien ça y est, c'est fait, l'avenir est là. Demain est enfin devenu aujourd'hui. La femme n'est plus l'avenir de l'homme, elle est le présent d'un monde qui n'a pas encore de nom. »

Le Figaro (France), 4 janvier 2000, p. 13.

Michel Venne, « Société du risque, société des droits »

«...Nous avons passé le seuil du millénaire entre la peur et la gloire de la technologie. Entre ce que la science apporte à l'humanité de crainte et de progrès. Ce jeu de balancier entre le pire et le meilleur correspond à ce que des sociologues désignent maintenant comme « la société du risque ». Une société largement développée au cours de la seconde moitié du siècle. Albert Jacquard fixerait peut-être sa naissance au 6 août 1945 alors que l'humanité, a-t-il écrit quelque part, passait de l'ère chrétienne à l'ère nucléaire. La société du risque existe là où la nature et la tradition perdent leur emprise, que l'homme doit décider par lui-même et qu'il cherche à contrôler les conséquences de l'action humaine. L'idée de risque ne signifie pas que nous vivions dans un monde plus dangereux qu'auparavant. Mais le risque est davantage aujourd'hui au coeur de la vie des sociétés parce que nous percevons plus aujourd'hui qu'autrefois tout sous cet angle. En essayant de contrôler la nature, voire de l'imiter et même de surpasser ses capacités, l'humain a créé des risques que la nature seule ne pouvait engendrer. »

Le Devoir (Québec, Canada), 4 janvier 2000, p. a6.

Éditorial

«...It was the potent combination of individual rights, property ownership, democratic governance - all of which were extended to the entire citizenry in this country only in the 20th century and still are far from universal - that produced the dynamic self-sustaining and wealth-creating Western culture we know today. On balance, we have much to be grateful for. And if the speed of technological advance sometimes appears to outpace our capacity to comprehend, it is always worth recalling that when the fireworks go off tonight we are not just celebrating the future but also the past. We are undeniably marking a religious event 2,000 years ago. No matter what your faith, that spiritual content is as important today, on the threshold of the third millennium as ever it was. A little humility will not hurt either as we contemplate the many generations that have gone before and ponder what we can do to improve ourselves and the lives of our neighbors. »

The Washington Times (États-Unis), 31 décembre 1999.

Gouvernance et gouvernement [ 1 janvier 2000 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

null
Non disponible

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1990 - 2010



septembre
1999
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janvier
2000
Célébrations du nouveau millénaire


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