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2 juillet 2008

Libération de la femme politique colombienne Ingrid Betancourt

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ingrid Betancourt

Une opération d'infiltration menée par les forces colombiennes permet de libérer Ingrid Betancourt et 14 autres otages des mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Betancourt, une ex-candidate à la présidence du pays, avait été enlevée en 2002.

En 2002, Ingrid Betancourt, une fondatrice de l'Oxigeno Verde (Parti vert), est candidate à l'élection présidentielle de mai sous la bannière de Colombie nouvelle, un mouvement indépendant qui, jusque-là, semble récolter peu d'appuis. Défendant un programme de gauche, elle dénonce la corruption qui existe au sein du régime. Lors d'une tournée qu'elle effectue en février dans le sud du pays, Betancourt, ainsi que sa directrice de campagne, Clara Rojas, sont enlevées par les FARC. Cette organisation marxiste influente et bien structurée, considérée comme terroriste par plusieurs pays occidentaux, livre une guérilla au gouvernement colombien depuis plusieurs décennies. Elle finance notamment ses activités par le lucratif trafic de la cocaïne ainsi que les enlèvements pour lesquels on lui verse de fortes rançons. D'autres personnalités politiques colombiennes ont été séquestrées par les FARC. L'enlèvement de Betancourt, qui possède la citoyenneté française par un premier mariage, a toutefois un rayonnement international. Des négociations sont entreprises sans succès. Plusieurs hommes politiques tentent néanmoins d'exercer leur influence, comme le président vénézuélien Hugo Chavez et le président français, Nicolas Sarkozy, qui fait même mention de Betancourt dans son discours de la victoire en mai 2007. C'est finalement une opération d'infiltration menée par l'armée colombienne qui entraîne la libération de la femme de 46 ans et de 14 autres otages, le 2 juillet 2008. La nouvelle suscite de vives réactions, particulièrement en France où l'ex-otage se rend dans les jours suivant sa libération. Il s'agirait d'un autre recul pour les FARC qui, selon certains analystes, ont vu leur situation se détériorer depuis quelque temps.

Dans les médias...


Christophe Barbier, « Compassion émolliente »

«...Qu'explose le feu d'artifice de la félicité est légitime, après tant d'années d'angoisse; qu'il nous aveugle et nourrisse un rideau de fumée pour cacher la vérité n'est pas acceptable. Six ans durant, la gestion par l'État français de l'affaire Betancourt a été contestable. La libération du 2 juillet ne tient pas du miracle, elle est le fruit d'un patient travail de l'armée colombienne et d'une inflexible volonté du président Uribe : ne pas négocier avec les Farc, ne pas leur laisser un instant de répit, les détruire. Or, à Paris, cette constance lui a valu alarmes et sarcasmes : il mettait en danger la vie des otages, n'avait pas les moyens de sa politique, n'était qu'un stratège d'opérette. Mais voici qu'un homme d'État surgit de l'uniforme du général Tapioca (Hugo Chavez), et la France des diplomates applaudit : ne devrait-elle pas, avant de s'adonner à des réjouissances qui sont déjà une récupération, présenter ses excuses ? Que la famille d'Ingrid Betancourt ait prôné la négociation avec les Farc, ou érigé Hugo Chavez en médiateur idoine, est compréhensible. Que l'État français ait succombé au charlatanisme marxisto-droits-de-l'hommiste du président vénézuélien est accablant. »

L'Express (France), 10 juillet 2008, p. 5.

François Hauter, « Le destin d'une bourgeoise dans une arène de fauves »

«...Betancourt est apparue par vidéo interposée abandonnée, décharnée, contemplant la mort comme si elle la quémandait. Cette image de grande bourgeoise enchaînée, torturée par des hommes impitoyables, était puissante. Elle symbolisa les antagonismes de notre époque, notre monde de nantis qui toujours veut représenter le « bien », se présenter sous le meilleur angle en donnant des leçons de morale aux bandits du tiers-monde, ces derniers méritant, selon les uns, d'être anéantis, ou, selon les autres, la sympathie de l'éducateur. La photographie de Betancourt calmement soumise à son destin ramenait à d'autres représentations, bibliques celles-là, dans notre Europe sans Dieu, mais toujours imprégnée de valeurs chrétiennes. Au-delà de l'icône de la Pieta, et d'une façon plus malsaine, Ingrid Betancourt a fasciné en Europe et en Amérique du Nord parce qu'à chaque seconde, nous nous inquiétions pour elle : elle a failli mourir. »

Le Figaro (France), 3 juillet 2008.

Jean-Marc Salvet, « Elle a libéré des esprits »

«...Grâce à sa notoriété, la célèbre otage a en effet contribué tout au long de sa captivité à libérer des esprits; à libérer des esprits restés trop longtemps enchaînés à l'idée ridicule et romantique qu'ils se faisaient des groupes "révolutionnaires". Une idée plus ancrée en francophonie et dans le monde latin qu'aux États-Unis et dans le monde anglo-saxon, soulignons-le. Non, ces groupes révolutionnaires ne sont pas naturellement bons. Ils peuvent être composés de criminels, de bandits. D'individus qui éructent une bien pathétique et pseudo-rhétorique révolutionnaire. La bataille pour la réforme agraire? Il y a longtemps que les FARC l'ont oubliée. Loin de la Colombie, des révolutionnaires de salon ont enfin pu mettre un visage sur une victime, tout en sachant que des milliers d'autres ont subi et subissent encore le même sort que le sien et que celui des Américains et des Colombiens délivrés mercredi. Ingrid Betancourt a obligé tout le monde à s'ouvrir les yeux. »

Le Soleil (Québec, Canada), 4 juillet 2008, p. 21.

Éditorial

«...There is every reason to celebrate the daring rescue from FARC guerrillas of the Colombian-French politician Ingrid Betancourt, three American military contractors and 11 members of the Colombian security forces. The Revolutionary Armed Forces of Colombia still holds many more hostages. But the operation by undercover Colombian commandos - who tricked the rebels into handing over the captives without a shot - offered further evidence that the guerrilla group is in disarray. President Alavaro Uribe should now capitalize on that disarray and offer the rebels, who long ago traded the business of political liberation for drug trafficking, a political settlement. (...) Any deal must require the rebels to fully disarm and get out of the business of drug trafficking and extortion. In exchange, Mr. Uribe could offer amnesty for most guerrillas and the possibility to participate in Colombian politics. »

The New York Times (États-Unis), 4 juillet 2008.

Gouvernance et gouvernement [ 2 juillet 2008 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Colombie
IntermédiaireÁlvaro Uribe Vélez

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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Libération de la femme politique colombienne Ingrid Betancourt

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