23 juillet 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

1 janvier 1992

Entrée en fonction de Boutros Boutros-Ghali au poste de secrétaire général des Nations unies

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Boutros Boutros-Ghali

Après les deux mandats du Péruvien Javier Perez de Cuellar, l'Égyptien Boutros Boutros-Ghali est élu au poste de secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU). Il est le premier Africain à accéder à cette fonction prestigieuse.

Boutros Boutros-Ghali est né au Caire en 1922. Il se spécialise dans le droit international qu'il enseigne au niveau universitaire de 1946 à 1977. Il occupe par la suite (1977-1991) le poste de ministre d'État aux Affaires étrangères et dirige à plusieurs reprises la délégation égyptienne à l'Assemblée générale de l'ONU. Il participe notamment aux négociations qui conduisent aux accords de camp David signés entre Israël et l'Égypte en 1978. En 1991, Boutros-Ghali est élu secrétaire général de l'ONU. À ce moment, les conflits domestiques occupent une place importante qui incitent l'ONU à revoir la nature de ses interventions. Le secrétaire général expose sa vision dans « Agenda pour la paix », un document dans lequel il prône une diplomatie préventive, l'expérimentation d'un processus de construction de la paix et de nouvelles dispositions relatives à la disponibilité de forces armées mobiles en cas de conflit. Par ailleurs, après le déploiement de grande envergure en ex-Yougoslavie, la Force du maintien de la paix de l'ONU est réorientée vers le continent africain. Cependant, l'incapacité des casques bleus à mener à bien leur mission en Somalie, puis au Rwanda, constitue un échec. À un autre niveau, Boutros-Ghali en appelle à une redéfinition des rapports Nord-Sud afin de réduire les inégalités. Son approche, qui se veut globale, va au-delà du maintien de la paix et inclut l'action économique et sociale. Cette vision déplaît aux États-Unis selon qui elle dépasse le rôle que doit jouer le secrétaire général. Aussi, lorsque son premier mandat expire, en 1997, les États-Unis s'opposent à la réélection de Boutros-Ghali. Celui-ci deviendra, la même année, le premier secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Dans les médias...


Jean Daniel, « Un siècle à déchiffrer »

«...Au Caire, c'est la fête. Les Égyptiens sont fiers de ce que le premier Africain à occuper le siège du secrétariat général de l'ONU soit un des leurs. Déjà ils avaient crié victoire lorsqu'ils avaient récupéré le secrétariat de la Ligue arabe. Mais l'ONU, c'est la gloire. Personne ne songe à regretter le fait que le nouveau promu soit copte, ni qu'il soit marié à une juive. C'est en grande pompe que le président Moubarak a été accueilli pour la messe de Noël dans la cathédrale copte. Quant à Mme Boutros Ghali, la photo était déjà dans tous les journaux. Le successeur de Javier Perez de Cuellar, dont la famille a donné à l'Égypte un Premier ministre et un ministre d'État, aurait-il pu avoir dans son pays la première place en dépit de ses origines ? Il est probable que non. C'est ainsi depuis toujours en Islam, et il faut considérer - du seul point de vue historique et comparatif - que le sort des coptes n'est pas aujourd'hui trop défavorisé. En tout cas, on s'est chamaillé au parlement égyptien pour avoir le privilège de monter à la tribune et de dire adieu et bonne chance à Boutros Ghali. »

Le Nouvel Observateur (France), 9 au 15 janvier 1992.

Serge Marti, « L'homme qui a incarné la renaissance des Nations unies »

«...En quittant ses fonctions le 31 décembre, à l'issue d'un second mandat de cinq ans et à l'âge de soixante et onze ans, le Péruvien Javier Perez de Cuellar laisse à M. Boutros Boutros-Ghali un poste envié, si l'on en juge par le nombre de candidats à sa succession, à la tête d'une organisation largement réhabilitée par rapport à la situation dans laquelle il l'avait trouvée. On doit à l'action personnelle du cinquième secrétaire général le redressement spectaculaire de l'image de l'ONU; on le doit aussi à la « sainte alliance » apparue au sein du Conseil de sécurité pendant son second mandat entre les puissances occidentales et une Union soviétique qui vient de céder la place à la Russie. Paradoxalement, cette solidarité, qui s'est notamment exprimée pendant la crise du Golfe, aura contribué aussi à un relatif effacement du secrétaire général, moins influent sur les dossiers ayant trait à la sécurité dans le monde, désormais traités directement par le Conseil, que sur les opérations de maintien de la paix ou à caractère humanitaire, telle la récente libération d'otages détenus par des extrémistes libanais, obtenue après d'interminables pourparlers. »

Le Monde (France), 2 janvier 1992, p. 5.

Éditorial

«...An international lawyer, he has mediated many African quarrels, led negotiations among African and Arab countries that share Nile water resources and played a key role in negotiating Egypt's peace treaty with Israel. It is that last bit of background that helps explain why Israel didn't object strenuously to a secretary-general of Arab background. His reputation for « fair-mindedness » also has deeper roots : he is a Coptic Christian who is married to an Egyptian Jew and has risen to prominence in an important Muslim Arab nation. He speaks fluent French and English and is said to be a wit in three languages. All these qualities will be sorely tested in a job that has grown in importance as the United Nations' role has expanded after the end of Cold War paralysis. The United Nations may now be called upon not only to mediate disputes between member states, but to intervene in bloody battles between ethnic groups within the disintegrating states of the former Soviet bloc. The next secretary-general will also have to reinvigorate a United Nations grown bloated with overstaffing and corruption. But Mr. Ghali knew what he was taking on. »

The Philadelphia Inquirer (États-Unis), 24 novembre 1991.

Gouvernance et gouvernement [ 1 janvier 1992 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Égypte
FaibleHosni MoubarakAtef Muhammad Naguib Sedki

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1987 - 1997



janvier
1992
Entrée en fonction de Boutros Boutros-Ghali au poste de secrétaire général des Nations unies


Dans l'actualité


avril
2019
Égypte : le régime de la terreur d'al-Sissi

octobre
2018
La dette égyptienne : difficile de s'en sortir

mars
2017
Le canal de Suez : un tremplin pour l'économie égyptienne

février
2017
Boutros Boutros-Ghali : un « dirigeant mémorable » des Nations unies

novembre
2016
La justice égyptienne sévère à l'endroit d'un ex-président

novembre
2015
Al-Sissi : de l'armée à la présidence égyptienne

septembre
2015
Afrique : un pas de plus vers l'intégration économique

février
2015
Égypte : la liberté d'expression en danger

décembre
2014
L'armée égyptienne : acteur immuable du pouvoir présidentiel

avril
2014
Égypte : une économie asphyxiée, une destination délaissée


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019