Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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11 décembre 2001

Adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Logo de l'OMC (Organisation mondiale du commerce)

Après de longues négociations qui s'étendent sur une quinzaine d'années, le Chine devient officiellement membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Pays le plus peuplé du monde, la Chine est également une des économies qui se développent le plus rapidement.

La Chine se retire du General Agreement on Tariffs and Trade (GATT) le 5 mai 1950, peu après la révolution communiste et la création de la République populaire de Chine. Au cours des années 1970, l'empire du Milieu entreprend toutefois, sous Deng Xiaoping, une transition vers une économie plus libérale. Le 10 juillet 1986, Beijing exprime le désir de reprendre son siège au GATT. Les 17 et 18 septembre 2001, la Chine et le Groupe de travail menant les négociations tombent finalement d'accord sur les conditions d'accession de la république à l'OMC, créée en 1995. Véritable moment historique selon le Directeur général de l'époque, le Néo-Zélandais Mike Moore, l'accession de la Chine rapproche l'OMC du statut d'organisation mondiale puisque son système est accepté par presque tous les pays. Dans le but d'ouvrir, de libéraliser et d'intégrer son régime dans l'économie mondiale, la Chine a souscrit à différents engagements : accorder un traitement non discriminatoire à tous les États membres de l'OMC, abolir ses politiques de double prix, ne pas recourir au contrôle des prix dans le but de protéger les producteurs de services nationaux, mettre en oeuvre l'Accord sur l'OMC et réviser ses lois de manière à les rendre complètement uniformes avec celles de cette organisation. L'accession de la Chine a été officiellement approuvée par les 142 États membres lors de la Conférence de Doha (9 au 14 novembre 2001), plus précisément lors de la séance plénière officielle du 11 novembre. Trente jours après la ratification des instruments d'accession, soit le 11 décembre 2001, l'entrée de la Chine à l'OMC devient effective.

Dans les médias...


Frédéric Koller, « Après quinze ans « d'interminable et pénible attente », la Chine célèbre son entrée dans l'OMC »

«...Ce matraquage médiatique n'a pourtant pas suscité de grande passion populaire tant les règles de l'OMC semblent éloignées des préoccupations quotidiennes. « J'espère que les prix vont baisser », explique une cliente d'une grande surface sans savoir exactement ce qu'est l'OMC. Plus généralement, les gens attendent de cette adhésion un plus grand choix de produits et davantage de liberté pour le consommateur. (...) De débats sur les risques de cette adhésion pour l'économie et la société chinoise, il n'y en a pas eu. Les autorités parlent certes de défis et de difficultés à venir, des articles de presse démontrent par secteurs d'activité pourquoi la Chine n'est toujours pas prête. Le premier ministre chinois a reconnu la semaine dernière que ce sera extrêmement dur pour la paysannerie et ses 235 millions d'exploitations. Mais le système OMC et les valeurs qu'il véhicule ne sont jamais remis en question. La presse du week-end a complètement passé sous silence les millions d'emplois qui devraient être supprimés comme conséquence de l'entrée dans l'OMC. L'optimisme reste de règle. D'ailleurs, pour les Chinois, aujourd'hui, il n'y a tout simplement pas d'autre choix possible. C'est du moins ce que le parti est parvenu à leur faire croire. »

Le Temps (Suisse), 12 novembre 2001.

Pierre Haski, « Pékin fête sa longue marche vers la concurrence »

«...les Chinois se montrent généralement très positifs face à cette adhésion. Il est vrai qu'ils ne sont guère exposés à d'autres opinions que celle de la propagande officielle. S'il existe une « nouvelle gauche » chinoise qui critique les options de plus en plus libérales d'un pouvoir théoriquement communiste, elle est étouffée et combattue et son discours reste limité à quelques cercles intellectuels. (...) Au sein du régime, les plus réformistes voient dans l'entrée du pays dans l'OMC un levier de modernisation, un carcan de règles pour un pays qui n'en a guère, l'introduction progressive d'un Etat de droit, au moins pour le monde de l'économie, avant, espèrent-ils, de l'étendre à l'ensemble de la société. Mais l'OMC constituera également un électrochoc pour des secteurs entiers de l'économie, qui, malgré vingt ans de réformes, restent largement protégés par un Etat centralisé et dirigiste. L'introduction d'une concurrence accrue peut, certes, pousser à la modernisation des secteurs les plus archaïques; elle a aussi le potentiel de mettre des millions de personnes au chômage dans un pays qui découvre, depuis quelques années seulement, ce phénomène social. »

Libération (France), 12 novembre 2001, p. 23.

Éric Desrosiers, « La Chine reçue au sein de l'OMC »

«...la Chine, c'est aussi une économie dont le produit national brut est passé du vingtième au septième rang mondial en l'espace de 20 ans et pour laquelle certains prédisent même le premier rang d'ici seulement quatre ans. (...) Cette Chine-là nourrit à l'égard des pays en développement des ambitions tout à fait semblables à celles de n'importe quel pays riche. Déjà premier producteur mondial de lessiveuses, de photocopieuses et de motocyclettes, le géant asiatique ne se gêne d'ailleurs pas pour presser ses alliés des pays pauvres d'ouvrir leurs marchés et de procéder rapidement à un assainissement de leurs structures politiques et économiques. Dans des secteurs comme l'électronique, les télécommunications et les biotechnologies, la Chine compte sur son bassin de chercheurs et sa connaissance du Tiers-Monde pour compenser son léger retard par rapport aux concurrents occidentaux. Mais avant de se lancer à la conquête des marchés étrangers, la Chine devra mettre de l'ordre dans ses propres affaires. L'OMC ne lui accorde en effet que cinq petites années pour se conformer à ses règles en matière de libre circulation des biens et services. Cette opération risque fort d'emporter des pans entiers du tissu industriel chinois, toujours fortement étatisé, en plus de frapper de plein fouet une agriculture peu efficace. »

Le Devoir (Québec, Canada), 15 décembre 2001, p. B9.

Éditorial

«...Consumers around the world will start seeing even more goods marked « Made in China » in their stores, and companies will tremble at the prospect of even more inexpensive goods flooding world markets. But bringing China into international systems such as WTO will help temper its worst behavior, both as a possible threat to its neighbors and in its treatment of dissidents. Joining the WTO, like its hosting of the 2008 Summer Olympics, is part of China's strategy to become a global power. That creates unease in Washington, which both welcomes China's economic growth and worries about how China might use its exports and imports as a diplomatic weapon. China has a track record of using its huge market to force nations into making decisions they otherwise wouldn't make. Such actions will be more difficult under WTO rules, but old habits may die hard. »

The Christian Science Monitor (États-Unis), 7 novembre 2001.

Gouvernance et gouvernement [ 11 décembre 2001 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleJiang ZeminZhu Rongji

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1996 - 2006



février
1997
Décès de Deng Xiaoping

juillet
1997
Rétrocession de Hong Kong à la Chine

septembre
1997
Ouverture du XVe Congrès du Parti communiste chinois

décembre
1999
Rétrocession de Macao à la Chine

décembre
2001
Adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce

novembre
2002
Ouverture du XVIe Congrès du Parti communiste chinois

mars
2003
Alerte au SRAS par l'Organisation mondiale de la santé

octobre
2003
Première mission chinoise envoyant un homme dans l'espace


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