Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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3 octobre 2008

Adoption du plan Paulson pour le sauvetage de l'économie américaine

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

La crise qui secoue l'économie américaine incite le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, à mettre de l'avant un plan de sauvetage (bailout). Ce plan, qui comprend des mesures estimées à 700 milliards de dollars, est soumis aux élus qui le refusent une première fois avant d'adopter une version modifiée le 3 octobre 2008.

La crise immobilière et les perturbations de la bourse de Wall Street créent de vives inquiétudes aux États-Unis. Sur la toile de fond des élections américaines qui auront lieu le 4 novembre, le gouvernement décide d'agir de façon énergique pour soutenir l'économie. Un plan, estimé à 700 milliards de dollars, est proposé par le secrétaire au Trésor, Henry Paulson. Cette intervention de l'État est vue avec appréhension par les républicains qui votent massivement contre le 29 septembre. Le sentiment d'urgence persiste néanmoins et des négociations entraînent rapidement un nouveau vote sur le plan, auquel on apporte des modifications. Il est adopté et signé par le président George W. Bush le 3 octobre. L'injection des 700 milliards prévus pour l'achat de titres hypothécaires à risque sera divisée en trois étapes. Dans un premier temps, le gouvernement achètera immédiatement pour 250 milliards de titres. Ensuite, 100 milliards pourront être utilisés à la discrétion du président. Enfin, 350 milliards pourront servir après une nouvelle approbation du Congrès. Le plan Paulson comporte, entre autres, la création d'une caisse d'assurance pour les titres hypothécaires à risque et l'élaboration d'un plan par le prochain président des États-Unis pour que les pertes du gouvernement soient remboursées par les institutions financières. Il prévoit également l'instauration de règles afin de mieux évaluer la situation financière des institutions. Malgré l'importance des sommes impliquées, plusieurs analystes pensent que les gouvernements devront adopter d'autres mesures s'ils veulent empêcher l'économie de connaître un ralentissement prolongé.

Pour en savoir plus: Discours du secrétaire au Trésor des États-Unis sur les mesures prises face à la crise

Dans les médias...


P. B-G., « États-Unis : les plans de la dernière chance »

«...Les deux hommes (Henry Paulson, Ben Bernanke) demandent aux parlementaires de débloquer 700 milliards de dollars (500 milliards d'euros), soit 5% du produit intérieur brut américain, pour racheter les créances pourries de Wall Street et prévenir un krach généralisé. Et si le Congrès refuse ? Les yeux revolver de Paulson se plantent dans les leurs : « Si vous ne votez pas la loi, il ne nous reste tous qu'à prier le Seigneur... » Quand le ministre des Finances de la première puissance planétaire s'en remet au bon Dieu, on devine que l'avenir est pour le moins chargé d'incertitude ! Comment sauver la planète financière et la planète tout court ? Comment calmer la panique des marchés, trouver le fond pour enfin rebondir ? En début de semaine, les questions s'empilaient et les réponses se compliquaient. Chaque krach est différent, son ampleur et ses conséquences sont toujours imprévisibles. Quel banquier de la Fed aurait imaginé, en 1929, que sa rigidité face à la crise provoquerait la Grande Dépression, celle-ci se propageant en Europe et facilitant l'ascension d'Hitler au pouvoir ? Et quel banquier de la Fed peut dire, aujourd'hui, ce qui se passera dans le monde - Chine comprise - si la Bourse américaine s'effondre. »

Le Nouvel Observateur (France), 25 septembre au 1e octobre 2008, p. 34.

Jean-Claude Péclet, « Aux urgences »

«...S'il fallait un autre signe que les acteurs financiers sont sceptiques face aux efforts étatiques, il est venu vendredi soir de Wall Street. L'adoption du plan Paulson et de ses 700 milliards de dollars pour racheter les titres compromis a été saluée par une baisse de 1,5% de l'indice Dow Jones à Wall Street. (...) on ne peut que constater le fossé qui sépare la politique de la finance. Les élus ont des comptes à rendre, et les représentants américains bombardés de messages de citoyens en fureur ont été pris de vertige face à la mesure radicale qu'on leur demandait d'approuver sans délai. D'autant plus que l'auteur principal du plan Paulson n'est autre que l'ancien directeur de Goldman Sachs, une des banques d'affaires qui se sont le plus engraissées grâce aux mécanismes pervers dont plus personne ne contrôle aujourd'hui les rouages fous. Après une semaine de palabres, le plan a fini par être adopté, mais surchargé comme un sapin de Noël pour rassembler les votes nécessaires. Au final, il coûtera plus cher au contribuable, et l'effet psychologique qu'on pouvait espérer sur les marchés est largement éventé. »

Le Temps (Suisse), 6 octobre 2008.

Christian Rioux, « La fin d'une époque »

«...On s'est étonné un peu partout que les États-Unis, et surtout une administration républicaine, se lancent tous azimuts dans un gigantesque plan de sauvetage des institutions financières. C'était peut-être oublier un peu vite que notre voisin du Sud avait à une autre époque, succédant d'ailleurs à une autre grande crise, inventé l'État providence. Plus qu'un changement de paradigme, les réactions entourant cette crise, qui vient d'ailleurs de gagner l'Europe, annoncent peut-être enfin le retour à un certain pragmatisme. Ce pourrait être en effet le début de la fin de cette insupportable guerre idéologique qui oppose depuis bientôt 20 ans les partisans du tout-État à ceux du marché tout-puissant. L'arrivée au pouvoir de Ronald Reagan dans les années 80 avait marqué le début de cet affrontement qui n'a pas cessé depuis. L'élection américaine offre un autre exemple de ce retour au centre. Certes, la gauche et la droite n'ont pas disparu, mais quelle différence avec l'élection précédente, qui nous avait offert un combat terne entre un George W. Bush qui ne cessait de brandir l'épouvantail libéral et un John Kerry enfermé dans sa propre caricature de démocrate bon teint de Boston. »

Le Devoir (Québec, Canada), 3 octobre 2008, p. a3.

Éditorial

«...We are told this is a « bailout for Wall Street. » But if Americans are honest with themselves, they will admit that bankers are far from the only cause of our current predicament. The U.S. is living through the aftermath of a classic credit mania, one that all of us enjoyed while it lasted. We don't remember many protests when home prices were rising by 15% a year, or when interest rates stayed at 1% for a year and real interest rates were negative for far longer. Some of the louder voices now invoking « free markets » to denounce the Paulson plan were most opposed to tighter money. (...) Our point isn't to absolve Wall Street or Washington - far from it. The point is that credit manias are by their very nature societal, which is why the panics that follow can do so much damage to Americans outside the financial arena. They are part of a larger psychology that sweeps everyone up in euphoria for a time, only to send everyone into a defensive crouch when the credit stops. The challenge at such a moment is to prevent a panic from becoming a crash that does far more extensive damage. »

The Wall Street Journal (États-Unis), 12 octobre 2008.

Gouvernance et gouvernement [ 3 octobre 2008 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéGeorge W. Bush

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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Adoption du plan Paulson pour le sauvetage de l'économie américaine

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