Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

20 janvier 2019

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2 avril 2009

Tenue du Sommet du G20 à Londres

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Gordon Brown

Un sommet international d'envergure réunit les dirigeants politiques de 20 des pays les plus importants du monde sur le plan économique. La crise qui sévit sert de toile de fond à cette rencontre très médiatisée qui se solde par plusieurs ententes.

Londres est le théâtre de cette rencontre du G20 qui se tient six mois après celle de Washington (novembre 2008). En plus de puissances membres du G8 comme les États-Unis, le Japon ou l'Allemagne, on compte parmi les participants des pays comme l'Australie, le Brésil ou la Turquie. Cet événement se déroule au coeur de la période économique la plus troublée des 80 dernières années, un contexte qui suscite des attentes et qui incite les membres du G20 à préciser dans leur communiqué : «A global crisis requires a global solution». Des mesures sont effectivement prises afin de réformer l'architecture financière mondiale et de mettre en place une stratégie efficace dont l'objectif est la relance de l'économie. De façon générale, les chefs d'État et de gouvernement présents s'entendent, entre autres, sur une régulation accrue des marchés financiers, un contrôle plus serré des rémunérations des dirigeants d'entreprise, l'identification des paradis fiscaux, qui feront l'objet de sanctions, ainsi que l'importance de ne pas céder aux tentations protectionnistes. Afin de stimuler l'économie mondiale, une injection de 1000 milliards de dollars est prévue par l'entremise du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Même si certaines mesures sont plus difficiles à faire adopter, le premier ministre britannique Gordon Brown parle de «nouvel ordre mondial» pour caractériser le climat entourant ce sommet. Plusieurs analystes font aussi un bilan positif de ces discussions, mais s'interrogent sur les suites qui y seront apportées. Parmi les présences remarquées lors de ce G20, il y a celle du nouveau président des États-Unis, Barack Obama, dont le style et le leadership attirent l'attention de la presse de façon particulière.

Dans les médias...


Nicolas Baverez, « Sommet de Londres : le nouvel ordre du XXIe siècle »

«...Le G20 a donc réussi à transcender les intérêts et les priorités divergents de ses membres pour définir un cadre mondial pour la lutte contre la déflation et la régulation future du capitalisme. Parallèlement, il a fixé une méthode qui rompt tant avec le néoconservatisme de l'ère Bush qu'avec la renationalisation à outrance des politiques économiques qui a prévalu depuis le déclenchement de la crise. Le FMI, moribond il y a deux ans, sort puissamment renforcé tant dans ses moyens d'intervention que dans ses missions, élargies à la supervision financière, qu'il partagera avec le Conseil de stabilité. Une articulation s'ébauche entre le G20, qui tranche les choix politiques, les organisations multilatérales en charge de leur déclinaison et de leur contrôle, les instances de régulation nationales ou continentales responsables de leur mise en oeuvre quotidienne. En bref, un embryon de mondialisation politique prend forme autour des instances de régulation financière pour stabiliser et faire contrepoids à la mondialisation des marchés. Parallèlement, une coopération est ébauchée entre le FMI et l'OMC et un lien noué entre la supervision financière, les règles applicables au commerce international, la protection de l'environnement, soit les grandes thématiques qui, avec le régime des monnaies, structureront les négociations économiques du XXI siècle. »

Le Figaro (France), 4 avril 2009, p. 16.

Bruno Odent, « Le G20 peine à donner le change »

«...On ne regrettera naturellement pas que certains îlots sulfureux puissent y laisser, à terme, quelques plumes. Mais la mécanique est globalement préservée. Les traders britanniques sabraient d'ailleurs le champagne hier soir, la Bourse de Londres bondissant à l'annonce des conclusions du G20. Pourtant la City est, elle-même, l'un des plus grands paradis fiscaux du monde. Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, des milliers de riches contribuables français ne s'y sont-ils pas délocalisés ?... Une autre régulation, une vraie, reste donc à faire. Le défaut majeur de celle que le G20 annonce est de rester totalement aux mains d'organismes situés dans son périmètre - ignorant donc la majorité de l'humanité qui habite les pays les moins développés. Ces organismes-là sont présentés comme « indépendants ». Traduisez : inaccessibles à l'intervention du commun des citoyens. Ce sont pourtant eux qui payent le plus lourd tribut à la crise et qui seraient les meilleurs garants d'une véritable transparence, d'un contrôle des fonds publics, comme de ceux de leurs entreprises. Mais cette régulation-là induirait l'ébauche d'un dépassement du système, de l'accès à un autre âge de la démocratie, alors que le G20 n'avait en tête hier que la préservation du vieil ordre économique et financier. »

L'Humanité (France), 3 avril 2009, p. 2.

Bernard Guetta, « Le tournant de Londres »

«...Beaucoup n'en reviennent pas. Ils ne peuvent simplement pas croire que le multilatéralisme progresse, que les gouvernements des vingt pays les plus riches du monde auraient vraiment entrepris de restaurer une réglementation des marchés ou, moins encore, que ce même G20 serait vraiment décidé à dissuader les capitaux d'émigrer vers des pays où ils peuvent échapper à l'impôt. Ces sceptiques repoussent ces faits d'un haussement d'épaule. De la « com », du « bluff », disent-ils depuis le sommet de Londres car, à leurs yeux, le capitalisme ne peut pas changer et sûrement pas être « moralisé ». Sans le savoir, ils font exactement la même erreur que tous ces autres sceptiques qui allaient répétant, pendant que tout changeait en URSS, que le communisme ne pouvait pas être réformé. Censé être « sans retour », le communisme l'a, pourtant, tellement été qu'il ne s'est survécu qu'en Corée du Nord et à Cuba, et la longue phase néolibérale du capitalisme, mais oui, s'achève à son tour. Elle ne s'épuise pas parce que ses idéologues auraient été touchés par la grâce de la Raison. Elle ne touche pas non plus à sa fin parce que ses tenants se seraient soudain convertis à la protection et l'équité sociales. Non, si la page se tourne sur l'ère libérale, c'est parce qu'elle a conduit, comme le communisme, à une faillite générale dont il faut sauver les économies et les pays qu'elle ébranle, exactement comme Mikhaïl Gorbatchev avait lancé la Perestroïka pour sauver la Russie de la faillite communiste. »

Le Temps (Suisse), 4 avril 2009.

Alain Dubuc, « La surprise de Londres »

«...Les chefs d'État réunis à Londres pour le sommet du G20 ont déjoué les observateurs. Au terme de leurs délibérations, ils sont arrivés à une entente substantielle, avec des mesures précises, et surtout, un consensus sur les stratégies à adopter pour lutter contre la crise et faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Il s'agit très certainement d'un succès, et peut-être même d'un tournant. Est-ce que les progrès réalisés à Londres permettent de parler de l'émergence d'un nouvel ordre mondial? Méfions-nous des formules ronflantes. Mais on peut dire que le leadership des chefs d'État donne au monde des outils pour lutter contre les cercles vicieux de la récession. Cela ne réglera pas tout. Toutefois, la direction est la bonne et l'élan donné par ce sommet pourra aider à restaurer la confiance, une condition essentielle à la reprise. »

La Presse (Québec, Canada), 3 avril 2009, p. a21.

Gouvernance et gouvernement [ 2 avril 2009 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIGordon Brown

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2004 - 2016



mai
2005
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Tony Blair

mai
2005
[Résultats] Élections législatives

mai
2007
Formation d'un gouvernement dirigé par Ian Paisley en Irlande du Nord

juin
2007
Assermentation de Gordon Brown au poste de premier ministre du Royaume-Uni

avril
2009
Tenue du Sommet du G20 à Londres

mai
2010
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement dirigé par le conservateur David Cameron

mai
2010
[Résultats] Élections législatives

juillet
2012
Ouverture des Jeux olympiques de Londres

septembre
2014
Tenue d'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse

mai
2015
Réélection du gouvernement conservateur de David Cameron au Royaume-Uni

mai
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
Tenue d'un référendum au Royaume-Uni sur la sortie de l'Union européenne


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