Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

18 novembre 2017

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19 septembre 1985

Tremblement de terre meurtrier au Mexique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mexique 1985

Un séisme d'une magnitude de 8,2 sur l'échelle de Richter frappe les États Unis du Mexique. Trois États fédérés, ainsi que le District fédéral de Mexico, subissent directement la vingtaine de secousses. Le bilan officiel s'élève à plus de 7 000 morts. Des dégâts monstres, qui exigent des efforts de nettoyage et de reconstruction, forcent les autorités à réagir.

Le Mexique se situe géographiquement dans une zone d'activité sismique (plaque tectonique des cocos, fossé océanique sur la rive du Pacifique). Plus d'une trentaine de séismes ont touché le pays entre 1900 et 1978 avec une magnitude de plus de 7, sans toutefois être très meurtriers. Ce n'est pas le cas le 19 septembre 1985 alors qu'un séisme touche particulièrement les États de Guerrero, de Michoacan, le sud de l'État de Jalisco ainsi que le district fédéral de Mexico, la capitale. Les secousses touchent durement les zones touristiques, dont la vieille ville touristique de Zona Rosa. Les autorités mexicaines mettent rapidement en place des mesures de protection aux endroits stratégiques, à l'aide du corps policier et de l'armée, afin d'éviter le pillage et le désordre. Malgré la coupure de toute communication pendant près de 24 heures dans ces centres d'activités économiques, les autorités donnent une consigne claire : les citoyens doivent rentrer chez eux à moins de pouvoir participer aux secours. Un élan de solidarité s'instaure alors dans tout le pays. Dès le 21 septembre, un bilan non officiel des autorités mentionne plus de 3 000 morts. Plusieurs dizaines d'immeubles de verre et de béton se sont effondrés. L'heure est au nettoyage alors que soldats, membres de la Croix-Rouge et citoyens se retroussent les manches. À la suite de ces évènements, la communauté internationale réagira rapidement par la mobilisation de fonds d'aide à la reconstruction du pays et par la production d'un rapport des Nations unies sur l'état de la situation. Celui-ci sera déposé le 21 novembre 1985, soit deux mois après la catastrophe. Il soulignera l'effort de solidarité internationale envers le Mexique.

Dans les médias...


Jérôme Marchand, « Mexico : la vie quand même »

«...C'est un secret de polichinelle. À Mexico, la vieille cathédrale et des édifices trois fois centenaires ont mieux résisté que d'autres. « La majeure partie des immeubles sinistrés, remarque Manuel Fuentes, éditorialiste, étaient des ministères, des bâtiments publics, des logements sociaux. Comme par hasard... » L'insinuation est claire : sur un sol à la géologie chancelante, des malhonnêtes ont persisté à construire léger. De magouilles en magouilles, de pots-de-vin en pots-de-vin, édiles et caciques se sont entendus à merveille pour se « sucrer ». Les ciments n'étaient qu'un aimable mélange sablonneux. Il suffisait de poser des briques à la verticale... Sanction des coupables, révision immédiate du Code de la construction ? Tel est le Mexique... La législation antiséisme, quoique ancienne, n'est apparemment pas, au dire des experts, très différente de celle qui a été adoptée par l'État de la Californie, en 1977. Mais là, elle est appliquée; à Mexico, non. La création d'une commission d'enquête parlementaire ad hoc ne devrait donc probablement rien changer à l'affaire. »

L'Express (France), 4 octobre 1985, p. 37-38.

Bruno Frappat, « Mexico en état de choc »

«...Tristes jours du Mexique, qui, après quelques années d'illusions dues à l'euphorie du boom pétrolier, s'enfonce dans une crise financière peut-être plus durable qu'on ne le dit. Triste jour qui lui offre un tremblement de terre et, à quelques heures près, où le Fonds monétaire international lui refuse les crédits qui lui permettraient, sans trop de casse, d'honorer les intérêts de sa dette. Tristes jours d'un pays qui avait commencé de préparer dans la fierté et l'optimisme - oubliant le chômage qui augmente aussi vite que l'inflation et aussi vite que baisse le peso - la Coupe du monde de football qu'il accueillera (nul n'envisage un instant d'y renoncer) et qui voit pourtant le monde entier persuadé, pendant quelques heures, que sa capitale a pratiquement été rayée de la carte du monde. (...) Triste jour des premiers vrais déblaiements et des premiers bilans sérieux. En voici un officiel à l'instant où il est écrit et il variera sûrement, car ce qui est officiel est sujet, ici, à caution, et tout bilan s'alourdit généralement au fil des jours. Il y est question (...) de « plus de deux mille morts recensés », mais il faudra peut-être doubler le nombre - ou pire - des évaluations. »

Le Monde (France), 22 et 23 septembre 1985, p. 1.

Albert Juneau, « S.O.S. Mexico »

«...illustre une fois de plus l'immense fragilité des métropoles du tiers monde. Développées à un rythme extrêmement rapide et d'une manière souvent anarchique, elles comportent des risques de plus en plus nombreux et difficiles à maîtriser. (...) L'urbanisation des grandes villes du tiers monde a pris les proportions d'un véritable cancer. On compte actuellement plus de 125 agglomérations de plus d'un million d'habitants dans les pays en développement. Il y en aura 295 à la fin du siècle. Et bien peu d'entre elles sont en mesure de faire face à des accidents industriels ou à des catastrophes naturelles. Construite sur les sédiments meubles d'un lac desséché, Mexico est particulièrement vulnérable aux secousses sismiques. Au cours des soixante dernières années, elle a subi une trentaine de secousses particulièrement violentes. Mais en dépit de ses 18 millions d'habitants - on en prévoit 30 dans quinze ans - peu de mesures ont été adoptées pour protéger les édifices et la population contre les tremblements de terre. Le Mexique a peut-être la chance de refaire sa capitale et d'en ordonner son développement en tenant compte de cette menace constante qui pèse « sous » elle. »

Le Devoir (Québec, Canada), 23 septembre 1985, p. 8.

Harry Anderson et al., « Disaster in Mexico »

«...Aftershocks hit Mexico City Saturday morning, and seismologists predicted that others might follow. But even after the panic subsides, "the cleanup will last for months," warned Mayor Aguirre. Local officials insisted that there were no serious shortages of food, water or clothing; what Mexico lacked most was cash. "This is the real problem," said presidential spokesman Manuel Alonso. "Everything else is soluble in one form or another." He added that while it was impossible to assess the financial cost of the damage, it was sure to be "astronomical." But in keeping with Mexican tradition, President de la Madrid resisted seeking U.S. financial aid. It was a tragedy, he said, "that affects all Mexicans, but the government has all the necessary resources and elements for attending to the problem." That wasn't entirely true. While confirming that Mexico was not actively soliciting foreign aid, Foreign Secretary Bernardo Sepulveda half contradicted the president by adding, "but neither can we refuse to accept it." »

Newsweek (États-Unis), 30 septembre 1985, p. 20-21.

Gouvernance et gouvernement [ 19 septembre 1985 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Mexique
FaibleMiguel de la Madrid Hurtado

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1980 - 1990



juillet
1982
Élection de Miguel de la Madrid Hurtado à la présidence du Mexique

juillet
1982
[Résultats] Élection présidentielle

juillet
1982
[Résultats] Élections législatives

juillet
1985
[Résultats] Élections législatives

septembre
1985
Tremblement de terre meurtrier au Mexique

juillet
1988
Élection de Carlos Salinas de Gortari à la présidence du Mexique

juillet
1988
[Résultats] Élection présidentielle

juillet
1988
[Résultats] Élections législatives


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