20 novembre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

27 septembre 2009

Réélection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Angela Merkel

Après une campagne électorale sans éclat, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne/Union chrétienne sociale en Bavière (CDU/CSU) arrive en tête avec 239 sièges au Bundestag. Ce résultat permettra à la chancelière sortante, Angela Merkel, de former un gouvernement de coalition majoritaire avec le Parti libéral-démocrate (PLD) qui se distingue avec une récolte de 93 députés.

Les législatives de 2009 se déroulent sans grand suspense, contrairement à celles de 2005 alors que les deux principaux partis étaient arrivés nez à nez au niveau des sièges obtenus. Un gouvernement de coalition, réunissant des membres du CDU/CSU et du Parti social-démocrate (PSD), avait alors été formé avec Angela Merkel au poste de chancelière. Malgré la crise économique qui n'épargne pas l'Allemagne à partir de 2008, celle-ci gagne en popularité au cours de son mandat. Son leadership est même considéré comme un atout important pour le CDU/CSU qui domine dans les sondages avant de remporter la victoire aux législatives du 27 septembre malgré un score modeste de 33,8%, le plus bas depuis sa création. Les 239 sièges remportés, combinés aux 93 du PLD, permettent toutefois à Merkel de mettre sur pied une nouvelle coalition gouvernementale, cette fois avec une formation de droite. Pour sa part, le PSD de l'ex-ministre des Affaires étrangères, Franz-Walter Steinmeier, essuie un cinglant revers, n'obtenant que 23% des voix, ainsi qu'un maigre total de 146 sièges sur les 622 du Bundestag. Si le retour de Merkel au pouvoir défraie les manchettes, c'est néanmoins le faible taux de participation et les percées effectuées par les tiers partis qui retiennent le plus l'attention des observateurs. Derrière le CDU/CSU et le PSD, trois formations atteignent en effet des sommets historiques. Il s'agit du PLD (14,6%), Die Linke (11,9%), un parti d'extrême-gauche, ainsi que des Verts (10,7%) qui, combinés, récoltent 237 sièges. Ce succès est interprété par plusieurs comme un désaveu à l'endroit des partis de la coalition au pouvoir entre 2005 et 2009.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Patrick Saint-Paul, « Angela Merkel prépare des potions amères »

«...Les Allemands regrettent déjà leur « Mutti ». Pendant quatre ans, ils s'étaient félicités d'être dirigés par une chancelière qui abordait les problèmes les plus complexes telle une mère de famille, avec pragmatisme et sans idéologie. Hier, au lendemain des élections législatives qui ont porté au pouvoir une nouvelle coalition de centre droit grâce au bon score des libéraux du FDP, ils redoutaient de voir Angela Merkel se transformer en Dame de fer. Contrainte de gouverner avec les sociaux-démocrates après le scrutin de 2005, la chancelière avait donné une impulsion plus sociale à son parti, la CDU-CSU, pour mieux étouffer ses partenaires de gauche. La dirigeante conservatrice s'était acquittée de cette tâche avec tant d'aisance que les ténors de son parti la soupçonnaient d'avoir un coeur de sociale-démocrate. Aujourd'hui, certains redoutent que ce recentrage n'ait été que le fruit d'un calcul politique. Seule certitude : Merkel subira la pression de la branche économique de son parti et de ses partenaires libéraux, pour conduire une politique axée sur la croissance. »

Le Figaro (France), 29 septembre 2009, p. 6.

Yves Petignat, « Angela Merkel obtient une large majorité avec les libéraux »

«...c'est surtout la débâcle historique du plus vieux parti allemand, le SPD, qui aura marqué la soirée électorale. Non seulement son candidat Frank-Walter Steinmeier n'aura pas pu réaliser le seul but clair de sa campagne, empêcher une coalition noire-jaune, mais il doit aussi encaisser une véritable débâcle. Le SPD se retrouve à son plus bas niveau, 23,1%, une chute de près de 11 points en quatre ans. « Une journée amère, une défaite amère », a reconnu le candidat social-démocrate Frank-Walter Steinmeier quelques minutes seulement après les premières estimations. Il y a eu, a-t-il admis dans la soirée, une énorme difficulté de la part de son parti à mobiliser son électorat traditionnel. Ce qui expliquerait en partie la chute de participation électorale à 73%, la plus faible de ces trente dernières années. Le SPD, qui faisait campagne en dénonçant « la glaciation sociale » qui découlerait d'une coalition de centre droit, n'a manifestement pas réussi à convaincre l'électorat populaire. Les sociaux-démocrates sont aussi victimes de l'ambiguïté de leur discours. D'un côté, ils dénonçaient le froid social des libéraux, mais de l'autre ils n'avaient pas d'autres alternatives à offrir qu'une coalition avec le FDP et Les Verts. »

Le Temps (Suisse), 28 septembre 2009.

Marion Van Renterghem, « Angela Merkel, victorieuse, devra compter avec des libéraux renforcés »

«...Ménager la chèvre et le chou, ne fâcher personne, se rendre indispensable : tel aura été le tour de force de la chancelière. S'allier la droite et la gauche, pour se préparer à toute coalition possible. Sa campagne électorale fut un exercice de funambulisme exemplaire pour ne se positionner d'aucune manière, éviter tout débat de fond, ne faire aucune « faute directe », comme on dit au tennis. Et pour s'imposer dans le rôle où elle excelle : celui de la « Mutti » (« maman »), ainsi qu'on l'a surnommée à la CDU. Sa force tranquille, les Allemands en ont besoin plus que jamais à ce moment précis de leur histoire : soixante-quatre ans après la seconde guerre mondiale et vingt ans après la chute du Mur, le pays hésite entre la gestion compliquée d'un passé qui s'éloigne et la puissance que lui confère, malgré la crise, le fait d'être la troisième économie mondiale. L'Allemagne en transition commence à se débarrasser de ses complexes, n'éprouve plus de dette à l'égard de l'Europe et s'interroge sur son identité. Par son centrisme radical, la chancelière rassure. Angela Merkel, ou l'art du flou. »

Le Monde (France), 29 septembre 2009, p. 1.

Christian Rioux, « Angela Merkel remporte son pari »

«...Depuis plusieurs jours, la candidate avait clairement souhaité une coalition avec le FDP afin, disait-elle, de sortir l'Allemagne de la crise. Même si la chancelière est demeurée muette sur ses projets durant la campagne, le vote d'hier annonce des politiques économiques plus favorables à l'entreprise privée, au marché libre et à la rigueur budgétaire. Ironie de l'histoire, la chancelière pourrait se retrouver cette fois en position d'appliquer le programme plus à droite sur lequel elle avait fait campagne en 2005 et qui ne lui avait pourtant valu qu'une victoire à l'arraché. Le grand gagnant de cette élection est le candidat libéral de 48 ans, Guido Westerwelle, dont le parti avait été écarté du pouvoir depuis 11 ans. Westerwelle a surtout fait campagne pour des baisses d'impôt et une intervention moins grande de l'État dans la vie des citoyens. Hier, à Berlin, on parlait d'un « king maker » (faiseur de roi) qui entrerait dans le nouveau gouvernement en position de force. »

Le Devoir (Québec, Canada), 28 septembre 2009, p. B1.

Gouvernance et gouvernement [ 27 septembre 2009 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéHorst KöhlerAngela Merkel

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2004 - 2016



juin
2004
Tenue d'élections au Parlement européen

septembre
2005
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

septembre
2005
[Résultats] Élections législatives

juin
2007
Ouverture du Sommet du G8 à Heiligendamm, en Allemagne

septembre
2009
Réélection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

septembre
2009
[Résultats] Élections législatives

septembre
2013
Réélection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

septembre
2013
[Résultats] Élections législatives

septembre
2015
Adoption d'un plan par l'Union européenne afin de répartir 120 000 demandeurs d'asile

décembre
2015
Fin d’une année record pour l’immigration en Allemagne


Dans l'actualité


octobre
2019
Légalisation de la prostitution en Allemagne : une loi à revoir?

février
2019
L'Allemagne ouvre la porte au cannabis

octobre
2018
Allemagne : puissance économique n'est pas synonyme de puissance militaire

avril
2018
L'Allemagne de Merkel : Wir Schaffen Das

mars
2018
Grève historique en Allemagne

février
2018
Fin des négociations pour une coalition : le nouveau gouvernement allemand enfin formé

janvier
2018
Nord Stream 2 : une véritable saga autour d'un projet de pipeline en Europe

janvier
2018
Vers une étrange répétition de l'histoire ?

décembre
2017
Le plan Merkel : gage de prospérité pour l'Afrique?

novembre
2017
Le vieillissement démographique en Allemagne : une réalité alarmante


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019