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17 janvier 2010

Élection de Sebastian Pinera à la présidence du Chili

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Sebastián Piñera

Les Chiliens effectuent un virage en élisant un président de droite à la tête de leur pays. Il s'agit de Sebastian Pinera, un richissime homme d'affaires qui obtient 51,6% des voix contre 48,4% pour son adversaire, l'ex-président Eduardo Frei.

Au terme du premier tour, le 13 décembre 2009, Pinera arrive en tête avec 44,1% des voix. Cet ancien diplômé de Harvard, qui possède des entreprises actives dans une foule de secteurs - communication, transport, sport professionnel, etc. - , devance facilement ses principaux rivaux. Il s'agit d'Eduardo Frei, un ex-président du Chili, de 1994 à 2000, qui obtient 29,6% des votes; ainsi que de Marco Enriquez-Ominami, un homme de 36 ans qui, à sa première tentative dans une course à la présidence, récolte 20,1% des votes. Ces deux candidats sont considérés comme étant de gauche. Frei reçoit d'ailleurs l'appui de la présidente sortante, Michelle Bachelet, puis celui d'Enriquez-Ominami en prévision du second tour. Pinera et Frei sont au coude à coude dans les sondages effectués entre les deux scrutins, laissant présager un résultat serré. C'est finalement Pinera qui remporte la victoire avec 51,4% des votes. Impliqué en politique depuis une vingtaine d'années, ce sexagénaire avait été défait lors de l'élection précédente de 2005, contre Michelle Bachelet. Sa victoire marque un retour de la droite au pouvoir au Chili, un succès qui tranche avec la tendance observée depuis quelques années en Amérique du Sud, alors que plusieurs pays ont porté des gouvernements de gauche au pouvoir. Le président élu sera assermenté en mars 2010.

Pour en savoir plus: Dernier discours du président chilien

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Patrick Bèle, « Pinera ou la droit chilienne décomplexée »

«...L'une des principales difficultés de Pinera a été de décomplexer la droite chilienne, en la débarrassant de l'image pinochétiste qui la poursuit depuis que le dictateur a quitté son poste. La Concertation a pourtant cherché à imposer une campagne sur le thème « Au secours, la droite revient », aidée par plusieurs événements qui ont rappelé les années noires... (...) Sebastian Pinera, lui, n'a eu de cesse de démontrer son attachement à la démocratie. Il a affirmé avoir voté non au référendum organisé par Pinochet en 1989. Le 11 septembre 1973, il était étudiant en économie à Harvard. Il a appris par la télévision le coup d'État militaire. Il a rappelé que son père appartenait à la Démocratie chrétienne et que lui-même était inscrit à ce parti à la fin des années 1980, avant de rejoindre la Rénovation nationale. Prendre ses distances avec la dictature ne suffisait pas pour conquérir le pouvoir. Il a aussi fallu qu'il se donne une image moderne tout en ringardisant la coalition de gauche au pouvoir. La Démocratie chrétienne et le Parti socialiste l'ont « aidé » dans cet objectif. En désignant Eduardo Frei, déjà président du Chili entre 1994 et 2000, la Concertation ne pouvait faire un meilleur cadeau à la droite : sa présidence a été l'une des pires des vingt dernières années. »

Le Figaro (France), 19 janvier 2010, p. 16.

Gérard Thomas, « Le Chili élit son « Berlusconi » »

«...Pinera a projeté son image d'homme d'affaires florissant durant la campagne, promettant de mettre son savoir-faire entrepreneurial au service du pays afin de créer « un million d'emplois ». Cela sans toucher à l'héritage de l'actuelle présidente, la socialiste Michelle Bachelet, qui jouit de plus de 80% d'opinions favorables mais ne pouvait pas se présenter pour un second mandat consécutif. Ses détracteurs l'ont affublé du sobriquet de « Berlusconi chilien », mais l'homme, dont la fortune est évaluée à 860 millions d'euros par le magazine Forbes, a également su faire les choix idoines aux moments opportuns. C'est ainsi qu'il s'était prononcé en 1988 contre le maintien de Pinochet à la présidence. Il affirme aujourd'hui que son gouvernement ne comptera aucun membre susceptible d'avoir trempé dans des affaires liées aux violations des droits de l'homme, tout en déclarant avec ambiguïté qu'avoir « travaillé pour la dictature n'est pas en soi un péché ». L'un de ses frères, José, s'est d'ailleurs illustré comme ministre du Travail de Pinochet en remplaçant le système de retraite par répartition par un système par capitalisation. »

Libération (France), 19 janvier 2010, p. 6.

S.A., « Alternance »

«...La défaite d'Eduardo Frei est paradoxale. Il a été battu alors que la coalition dont il portait les couleurs affiche un bilan flatteur sur le plan économique et social. Après vingt ans de croissance quasi ininterrompue, le Chili vient de rejoindre l'OCDE, le club des pays riches. La récession économique internationale n'a fait que l'effleurer. Illustration de cette réussite : la présidente sortante, la socialiste Michelle Bachelet, à qui la Constitution interdisait de solliciter le renouvellement de son mandat, va quitter le palais de la Moneda, le siège de la présidence, avec 80 % d'opinions favorables. Mais sa popularité n'était pas celle de la coalition de centre gauche qui la soutenait. Ce que les électeurs ont rejeté en se détournant d'Eduardo Frei, c'est un système usé par les scandales, une coalition gouvernementale déconsidérée, incapable de renouveler ses idées et ses élites. Fruit de tractations politiciennes et non d'un choix démocratique, la désignation comme candidat d'Eduardo Frei - âgé de 67 ans, piètre tribun et déjà chef de l'Etat il y a seize ans - en dit long sur cet immobilisme sanctionné par les électeurs, en particulier les jeunes. »

Le Monde (France), 20 janvier 2010, p. 2.

Gouvernance et gouvernement [ 17 janvier 2010 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chili
ÉlevéMichelle Bachelet

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2005 - 2016



décembre
2005
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
2005
[Résultats] Élections législatives

janvier
2006
Élection de Michelle Bachelet à la présidence du Chili

décembre
2009
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
2009
[Résultats] Élections législatives

janvier
2010
Élection de Sebastian Pinera à la présidence du Chili

octobre
2010
Sauvetage de 33 mineurs au Chili

novembre
2013
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2013
[Résultats] Élections législatives

décembre
2013
Élection de Michelle Bachelet à la présidence du Chili


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