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6 mai 2010

Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement dirigé par le conservateur David Cameron

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

David Cameron

Les conservateurs, dirigés par David Cameron, arrivent en tête lors des élections législatives avec 36,1% des voix. Ils font élire 305 députés à la Chambre des communes contre 258 pour les travaillistes de Gordon Brown, mais devront compter sur les libéraux démocrates de Nick Clegg pour former un gouvernement de coalition.

Rompant avec une longue tradition bipartite, les électeurs du Royaume-Uni démontrent un intérêt marqué pour trois formations politiques à l'approche des élections législatives de mai 2010. Il s'agit du Parti travailliste (PT) de Gordon Brown, le premier ministre sortant, du Parti conservateur (PC) de David Cameron et du Parti libéral démocrate (PLD) de Nick Clegg. Après 13 années au pouvoir, les travaillistes démontrent des signes d'essoufflement alors que les conservateurs dominent dans les sondages depuis 2008 et que les libéraux démocrates semblent sur une lancée. Trois débats télévisés - 15, 22 et 29 avril - , une première au Royaume-Uni, permettent aux candidats de défendre leurs positions. Le 6 mai, les électeurs expriment leur désappointement à l'endroit du PT qui ne récolte que 258 des 649 sièges en jeu, en plus de voir plusieurs ministres défaits dans leurs circonscriptions. Bien qu'il arrive en tête, le PC reste pour sa part à court de la majorité avec 305 élus, une situation qui laisse présager la formation d'un gouvernement de coalition. Le suspense perdure avant que Brown ne démissionne de son poste de premier ministre et de leader travailliste le 11 mai. Cameron, 43 ans, forme alors un gouvernement de coalition, le premier du genre depuis la Deuxième Guerre mondiale, avec l'appui du PLD. Les deux partis s'entendent sur un document résumant les enjeux du mandat à venir dans une foule de domaines : réforme électorale, environnement, fiscalité, etc. Malgré les résultats plutôt décevants des libéraux démocrates - 25% des voix et 57 sièges - , Clegg hérite du poste de vice-premier ministre alors que quatre autres membres du parti entrent au cabinet.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Christian Roudaut, « Fragile union sous l'Union Jack »

«...Au royaume des bookmakers, les paris sont déjà ouverts : combien de temps le mariage de convenance entre les conservateurs et les libéraux-démocrates tiendra-t-il ? Le nouveau Premier ministre britannique, David Cameron, peut bien promettre « un gouvernement fort et stable », nombre d'observateurs imaginent difficilement cette alliance contre nature aller jusqu'au bout de la mandature, en mai 2015. Dans un pays peu habitué aux coalitions, les sujets de Sa Majesté pourraient être appelés aux urnes plus tôt qu'ils ne l'imaginent, afin de délivrer un verdict moins ambigu. Pour l'heure, David Cameron et son vice-Premier ministre Nick Clegg veulent croire (ou faire croire) que leur union est moins fragile que ne le laissent supposer les divergences programmatiques de leurs partis respectifs. Dans l'immédiat, elles risquent de se focaliser sur la question européenne sur laquelle les deux alliés avancent des positions radicalement opposées. Comment l'europhile Nick Clegg, qui a fait ses armes à Bruxelles, cohabitera-t-il avec le nouveau ministre des Affaires étrangères, William Hague, connu pour son euroscepticisme militant ? »

Marianne (France), 15 mai 2010, p. 50.

Sonia Delessalle-Stopler, « Cameron s'installe au 10, Downing Street »

«...Les libéraux-démocrates sont naturellement politiquement plus proches des travaillistes que des conservateurs et l'offre d'une réforme immédiate du système électoral - une condition Sine qua non pour les troupes de Nick Clegg - semblait offrir toutes les chances d'un accord rapide. Pourtant, très vite, des voix dissonantes se sont fait entendre. Et particulièrement au sein du New Labour. Comment justifier face aux électeurs l'alliance des deux partis perdants aux élections ? Comment assurer un gouvernement stable et durable pour pouvoir gérer la reprise économique et la réduction du déficit abyssal du gouvernement, alors que l'addition des voix travaillistes et libérales-démocrates (258 et 57) ne suffisait pas à assurer une majorité absolue ? (...) Surtout, il est très vite apparu que nombre de députés du Parti travailliste ne souhaitaient finalement pas forcément rester au gouvernement. Après tout, les quatre ou cinq prochaines années s'annoncent difficiles, avec à la clé une cure d'austérité sans précédent, qui minera la popularité du nouveau gouvernement. Alors que cinq années dans l'opposition permettraient au New Labour de se refaire une beauté, de rafraîchir ses cadres et de revenir en conquérant aux prochaines élections. »

Libération (France), 12 mai 2010, p. 8.

Serge Truffaut, « Brown passe le relais à Cameron - La carpe et le lapin »

«...Depuis que le « lib-dem » existe, ses membres rêvent d'une greffe de proportionnelle dans le système britannique. Chez Clegg plus que chez ses prédécesseurs, cette greffe est une obsession. Des négociations qui se sont poursuivies au cours des derniers jours ont transpiré ceci: les conservateurs se disent enclins à organiser un référendum sur le sujet pour mieux se poser en principal adversaire de la proportionnelle. Bonjour l'ambiance ! Sur le flanc économique, les intentions de Cameron sont autant, là aussi, de contradictions à celles de Clegg. Le premier veut imposer une cure d'austérité. Le deuxième a la certitude que cette cure étoufferait dans l'oeuf la frêle reprise constatée ces semaines-ci. Le conservateur promet une baisse d'impôts sur la succession que le « lib-dem » estime injuste parce que propre à creuser l'écart entre les riches et les pauvres. Au fond, la liste des contentieux entre membres de ce duo est égale au nombre de ministres et sous-ministres. »

Le Devoir (Québec, Canada), 12 mai 2010, p. A6.

S.A., « They Call it a Hung Parliament »

«...Whoever leads the next government, the top priority must be reducing Britain's 11.5 percent budget deficit. That will require painful cuts. Public sector jobs, wages and contracts must all be on the table. Schools, job training and the National Health Service must not. Labour suffered at the polls because, after 13 years in power, it had run out of ideas, energy and luck. The Conservatives fell short because many voters doubted the depth of the party's conversion from its harsh Thatcherite past. The Liberal Democratic leader, Nick Clegg, generated real excitement. In the end, most voters decided not to take a chance on an inexperienced party, lacking fleshed-out policy positions. Something is surely wrong with an electoral system that translates Labour's 29 percent of the popular vote into more than 250 seats in Parliament and the Liberal Democrats 23 percent into more than 50 seats. Electoral reform is needed, and the Liberal Democrats will seek it as part of any coalition deal. Britain's first need is a government that can bring down the deficit without choking off economic growth or placing the heaviest burdens on those least able to bear them. »

New York Times (États-Unis), 7 mai 2010.

Gouvernance et gouvernement [ 6 mai 2010 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIGordon Brown

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2005 - 2016



mai
2005
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Tony Blair

mai
2005
[Résultats] Élections législatives

mai
2007
Formation d'un gouvernement dirigé par Ian Paisley en Irlande du Nord

juin
2007
Assermentation de Gordon Brown au poste de premier ministre du Royaume-Uni

avril
2009
Tenue du Sommet du G20 à Londres

mai
2010
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement dirigé par le conservateur David Cameron

mai
2010
[Résultats] Élections législatives

juillet
2012
Ouverture des Jeux olympiques de Londres

septembre
2014
Tenue d'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse

mai
2015
Réélection du gouvernement conservateur de David Cameron au Royaume-Uni

mai
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
Tenue d'un référendum au Royaume-Uni sur la sortie de l'Union européenne


Dans l'actualité


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