Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 novembre 2018

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8 juillet 1994

Décès du président nord-coréen Kim Il-sung

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Kim Il-Sung

La Corée du Nord est éprouvée par la mort de Kim Il-sung, l'homme qui fut le leader politique du pays depuis sa création, en 1948. La succession sera assurée par son fils aîné, Kim Jong-il.

Avec l'appui de l'Union soviétique (URSS), Kim Il-sung - né Kim Song-ju - devient l'homme fort de la Corée du Nord à sa création, en 1948. D'abord premier ministre et secrétaire général du Parti des travailleurs de Corée (PTC), il devient président du pays en 1972, titre qu'il conservera jusqu'à sa mort. De toutes les grandes étapes de l'histoire de son pays, dont la sanglante guerre de Corée (1950-1953), Kim Il-sung est un leader autoritaire dans la tradition stalinienne, recourant à la répression pour étouffer toute forme d'opposition à son pouvoir. Le pays connaît sous sa gouverne, et sa politique de Juche (autonomie et auto-suffisance), une situation économique difficile qui se détériore à partir des années 1970. Avec la chute des différents régimes communistes, au début des années 1990, la Corée du Nord vit aussi un certain isolement sur la scène internationale. La diplomatie nord-coréenne est toutefois active en 1994, participant notamment à la planification d'un éventuel sommet avec la Corée du Sud. Des discussions sont également en cours avec les États-Unis qui s'inquiètent du développement du programme nucléaire nord-coréen. C'est dans ce contexte que Kim Il-sung, 82 ans, meurt le 8 juillet d'une attaque cardiaque. Le départ du « Grand leader », qui a encouragé le culte de sa personnalité sur une grande échelle, est souligné par un deuil national. Le 19 juillet, une foule évaluée à 2 millions de personnes se rassemble à Pyongyang pour lui rendre un dernier hommage. Déjà désigné pour lui succéder, son fils aîné Kim Jong-il, 52 ans, dirige les forces armées et les affaires intérieures du pays depuis quelques années. La presse internationale s'interroge sur l'orientation qu'il donnera à la Corée du Nord alors que le communisme recule à travers le monde.

Dans les médias...


Bruno Birolli, « L'héritage empoisonné de Kim Il-sung »

«...L'annonce de la mort de Kim Il-sung, emporté dans la nuit de jeudi à vendredi par une crise cardiaque, a plongé la Corée dans la consternation. Au nord du 38e parallèle, l'émotion a tourné à l'hystérie collective : soldats en larmes qui se frappent la tête de chagrin contre le sol, femmes terrassées par le chagrin... L'émotion s'est exprimée différemment au Sud : les milieux dirigeants se sont immédiatement réunis pour d'interminables sessions. Séoul accusait Kim Il-sung d'être « imprévisible ». L'émule coréen de Staline a confirmé une ultime fois sa réputation : il quitte la scène à quelques jours du voyage que le président de Corée du Sud, Kim Young Sam, devait faire à Pyongyang. Le « sommet des deux Kim » - la première rencontre à ce niveau - devait marquer le début d'un rapprochement entre les deux États qui sont séparés par la zone démilitarisée le long du 38e parallèle où, depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, se font face 37 000 Gi's, 600 000 soldats sud-coréens et un million de troupes communistes. »

Le Nouvel Observateur (France), 14 au 20 juillet 1994, p. 41.

Marcel Péju, « Kim qui ? Jong-Il... »

«...La grande inconnue est ici l'armée nord-coréenne, qu'on dit réticente à l'égard d'un héritier sans états de service et sans charisme, mais qui reste, au vrai, très mystérieuse. Son entrée en scène, en tout cas, bouleverserait le tableau. Selon Hans Maretzki, ancien ambassadeur d'Allemagne de l'Est en Corée du Nord, elle pourrait même provoquer une « avalanche » qui entraînerait la chute du régime. (...) La perplexité s'accroît, ici, de l'ignorance où l'on est des éventuelles orientations de Kim Jong-Il. Ainsi peut-on voir un Selig Harrison, expert autorisé de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, décrire en lui un « réformiste » désireux d'ouvrir progressivement son pays au monde extérieur. Et, dans le même temps, d'autres experts l'accusent d'être le « dur » responsable de la dénonciation du traité de non-prolifération nucléaire. Le vrai est que cette incertitude prolonge tout simplement celle où l'on était touchant les intentions de Kim Il-Sung dans son jeu nucléaire : volonté réelle de se doter à tout prix de l'arme atomique ? Ou moyen de chantage pour obtenir des États-Unis et du Japon des avantages substantiels ? »

Jeune Afrique (France), 21 au 27 juillet 1994, p. 40.

Frédéric Wagnière, « Le Bébé Doc de Pyongyang »

«...La tentation est grande de chercher à manoeuvrer pour se mettre dans les bonnes grâces de la personnalité ou des personnalités qui s'imposeront à Pyongyang. Kim Jong Il a la réputation d'un fils à papa, noceur et irresponsable. Ne serait-il pas alors avantageux de le voir strictement encadré dans un régime militaire ? On pense que Kim Jong Il veut ouvrir son pays au commerce et aux investissements étrangers. Ne faut-il pas lui donner des arguments substantiels contre les militaires qui engloutissent et gaspillent environ un tiers du produit national ? Ce genre de calculs au sujet d'un pays aussi fermé sont une pure perte de temps, quand ils ne sont pas carrément dangereux. Seule la Chine peut se le permettre, car elle est l'unique amie de Pyongyang sur la scène internationale. Or, Pékin se méfie de Kim Jong Il et aurait refusé à cinq reprises de l'inviter en visite officielle. Sans aller jusqu'à lâcher un des derniers alliés communistes qui lui restent, la Chine ne veut pas se laisser entraîner dans une aventure dangereuse. Elle faisait confiance à Kim Il Sung pour ne pas provoquer une catastrophe, mais pas à son fils. »

La Presse (Québec, Canada), 12 juillet 1994, p. B2.

Bill Powell, « Headless beast : North Korea after Kim »

«...Now, no one in Washington, Seoul, Tokyo or Beijing has anything close to a firm grasp of what happens next. (...) The stakes of a leadership crisis in the North are enormous. It could distract Pyongyang from resolving the nuclear impasse, deepen its formidable economic troubles and lead to unrest. And while few analysts doubt that the North's collapse is inevitable, no one - not the Chinese, the Japanese nor the South Koreans - wants to see it happen soon. To Seoul - just 120 miles south of Pyongyang - the breakdown of order in the North doesn't conjure up joyous, Berlin wall-like scenes of reunification. Instead it means streams of refugees and huge new economic burdens that South Korea, the 15th largest economy in the world, is in no position to bear. Kim Il Sung's passing, one South Korean diplomat conceded, « may well have brought that day closer. »»

Newsweek (États-Unis), 18 juillet 1994, p. 21.

Gouvernance et gouvernement [ 8 juillet 1994 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Nord
Faiblevacance du pouvoirKang Song San

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1984 - 2004



septembre
1991
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)

juillet
1994
Décès du président nord-coréen Kim Il-sung


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