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1 janvier 2007

Entrée en fonction de Ban Ki-moon au poste de secrétaire général des Nations unies

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ban Ki-moon

Après avoir été élu par l'Assemblée générale le 13 octobre 2006, le Sud-Coréen Ban Ki-moon devient le deuxième Asiatique, après le Birman U Thant, à accéder au poste de secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU).

L'annonce du départ du Ghanéen Kofi Annan, en poste depuis 1997, entraîne la tenue d'une course à sa succession à la tête de l'ONU. Parmi les aspirants, on retrouve le nom de Ban Ki-moon, un diplomate de carrière, familier avec l'appareil onusien, qui est ministre des Affaires étrangères de la Corée du Sud depuis 2004. Respecté pour son travail consciencieux et sa maîtrise des dossiers qu'il touche, celui-ci se démarque graduellement parmi les candidats. Lors de votes non-officiels - straw polls - effectués au sein des pays membres de l'ONU entre juillet et octobre 2006, le diplomate de 62 ans reçoit de solides appuis. Ban Ki-moon profite notamment du fait qu'il est le seul candidat soutenu par les cinq membres du Conseil de sécurité, ce qui n'est pas le cas de l'un de ses principaux adversaires, l'Indien Shashi Tharoor, à qui la Chine opposerait son veto. Les rivaux de Ban Ki-moon se retirent graduellement de la lutte et sa nomination est approuvée par le Conseil de sécurité le 9 octobre, avant d'être adoptée par l'Assemblée générale le 13 octobre 2006. Celui-ci devient le premier Asiatique depuis U Thant (1961-1971) à occuper le poste de secrétaire général de l'ONU. Plusieurs dossiers importants l'attendent dès son entrée en fonction, le 1er janvier 2007, dont la crise au Darfour, la lutte aux changements climatiques, les tensions au Moyen-Orient ainsi que les discussions entourant le développement de l'énergie nucléaire en Iran.

Pour en savoir plus: Discours inaugural du nouveau Secrétaire général des Nations unies

Dans les médias...


Philippe Bolopion, Philippe Pons, « Nations unies l'homme du consensus mou »

«...Ban Ki-moon a déjà prouvé ses qualités de stratège. Affable, discret et accessible, il a mené une campagne habile, sans heurter les grandes puissances, dotées d'un droit de veto, ni s'aliéner les pays du tiers-monde, qui constituent la majorité des 192 membres de l'Assemblée générale de l'ONU, chargée d'entériner sa nomination. « Sa campagne en dit long sur son talent et son côté méthodique et volontaire », admire un ambassadeur. « Au fond, je suis quelqu'un qui harmonise », déclarait Ban Ki-moon au Monde avant son élection. Ce goût du consensus, couplé à une voix contenue, lui a valu, dans les couloirs de l'ONU, la réputation d'être un candidat terne. « Le troisième choix de tout le monde », plaisante un journaliste, alors qu'un ambassadeur reconnaît qu' « aucun des candidats n'avait un charisme à crever le plafond ». Sans hausser le ton, l'intéressé s'en défend. « Je parle parfois doucement mais, lorsque c'est nécessaire, j'exprime mon engagement. »

Le Monde (France), 14 octobre 2006, p. 21.

Colette Braeckman, « Comment Ban Ki-moon a gagné New York »

«...La Corée du Sud, par contre, a tout mis en oeuvre pour faire passer son candidat, courtisant en particulier les membres non permanents du Conseil de sécurité : une délégation de 300 hommes d'affaires sud-coréens dépêchée à Athènes emporta le soutien de la Grèce, et la promesse de construire une usine d'assemblage de voitures finit par convaincre la Slovaquie ; le Japon et le Qatar n'opposèrent guère d'objections... (...) Tout cela ne suffisant cependant pas à assurer la victoire de Ban Ki-moon, qui manquait un peu trop de charisme, un autre pays asiatique épaula la campagne sud-coréenne : le Pakistan prit la relève, infiniment plus actif sur le plan diplomatique que l'Inde. Agissant à la fois pour le compte des Etats-Unis et mû par une hostilité personnelle au candidat indien (Sashi Taroor), le Pakistan entreprit de convaincre les non-alignés. Ces derniers, en effet, exigeaient que le futur secrétaire général soit « non aligné », ce qui n'est manifestement pas le cas de la Corée du Sud, proche allié des Etats-Unis, qui a envoyé un important contingent en Irak. Qu'à cela ne tienne : par un subtil tour de passe-passe, les participants au sommet de La Havane furent convaincus de remplacer l'exigence d'un candidat « non aligné » par celle d'un candidat d'origine asiatique...»

Le Soir (Belgique), 16 octobre 2006, p. 10.

Luis Lema, « Ban Ki-moon, une souris grise à l'ONU ? »

«...Reste, cependant, à trancher encore les grandes questions de l'organisation: quel pays prendra en charge, notamment, les opérations de maintien de la paix? Les Etats-Unis, comme ils en ont affiché l'intention, au risque de provoquer une dangereuse collusion entre la politique étrangère américaine et les interventions des Nations unies? Quel sera le « cadeau » offert à la Chine pour son soutien apporté à la nomination de Ban? Un poste de sous-secrétaire général? Parmi les innombrables conseils qu'a reçus le nouveau patron de l'ONU, il y a celui que lui ont donné une quinzaine d'ambassadeurs réunis à cet effet: il faut rapprocher la rhétorique de la réalité, lui ont-ils suggéré. Les dernières années ont soulevé des attentes énormes face au rôle de l'ONU. Il est temps de « recalibrer » ce rôle à la baisse. Une suggestion à laquelle Ban Ki-moon a prêté une oreille particulièrement attentive. »

Le Temps (Suisse), 4 janvier 2007.

Jean-Marc Salvet, « Bonne chance, M. Ban »

«...Kofi Annan a eu une voix forte à la tête de l'ONU. C'est indéniable. Mais il a échoué sur l'essentiel : il n'est pas parvenu à implanter la nécessaire réforme du système onusien, à faire naître une vraie « communauté internationale ». Son successeur, Ban Ki-moon, qui s'est mis à la tâche, hier, réussira probablement à améliorer la gestion et l'efficacité internes des Nations unies. On l'en félicitera le moment venu. Trop de fonctionnaires onusiens se complaisent dans l'administration de leur carrière. Il y a un coup de balai à donner de ce côté. Mais le nouveau secrétaire général demeurera, comme son prédécesseur, incapable de placer réellement les Nations unies au coeur du jeu politique international - hormis qu'en paroles. Les gesticulations diplomatiques continueront d'étouffer les actions. La faute à qui ? Aux États membres. À l'incapacité des dirigeants politiques nationaux, et de leurs opinions publiques, à donner naissance à une communauté internationale digne de ce nom. C'est une vision étroite des intérêts nationaux de chacun qui domine. Il faut le dire pour éviter que, dans les moments de crise, tout le monde feigne l'étonnement ou continue de dénoncer l'impuissance de l'ONU. La faute en reviendra aux États. Les larmes de crocodile seront inutiles. »

Le Soleil (Québec, Canada), 3 janvier 2007, p. 20.

Gouvernance et gouvernement [ 1 janvier 2007 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Sud
IntermédiaireRoh Moo HyunHan Myung-sook

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2002 - 2016



décembre
2002
[Résultats] Élection présidentielle

avril
2004
[Résultats] Élections législatives

janvier
2007
Entrée en fonction de Ban Ki-moon au poste de secrétaire général des Nations unies

décembre
2007
[Résultats] Élection présidentielle

avril
2008
[Résultats] Élections législatives

avril
2012
[Résultats] Élections législatives

décembre
2012
Élection de Park Geun-hye à la présidence de la Corée du Sud

décembre
2012
[Résultats] Élection présidentielle

avril
2016
[Résultats] Élections législatives


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