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31 octobre 2010

Élection de Dilma Rousseff à la présidence du Brésil

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Dilma Rousseff

Après les Chiliens, en 2006, et les Argentins, en 2007, c'est au tour des Brésiliens d'élire pour la première fois une femme à la présidence de leur pays. Il s'agit de Dilma Rousseff du Parti des travailleurs (PT) qui obtient 55,4% des voix contre 44,6% pour son adversaire, José Serra.

Même si le taux de satisfaction à son endroit demeure remarquablement élevé, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, est forcé par la Constitution de quitter ses fonctions après deux mandats. Celle à qui il accorde son appui, son ex-chef de cabinet Dilma Rousseff, s'impose dans les sondages au cours de l'été. Ex-opposante de la dictature qui a régné au Brésil au cours des années 1960 et 1970, cette économiste de 62 ans a également été ministre de l'Énergie dans le gouvernement de Lula. Lors du premier tour, le 3 octobre, elle obtient 46,9% des votes, ce qui force la tenue d'un second tour. Son adversaire à cette occasion est José Serra du Parti de la social-démocratie brésilienne. Candidat vaincu à la présidence en 2002, il a occupé plusieurs postes importants dont celui de gouverneur de l'État de Sao Paulo et de maire de la ville du même nom. La surprise du premier tour est cependant la performance de Marina Silva, une ex-ministre de l'Environnement qui a quitté le PT pour joindre les rangs du Parti vert. Silva récolte 19,3%, ce qui ne lui permet pas de participer au second tour. Les débats se corsent au cours du mois d'octobre, les questions de corruption, ainsi que des enjeux sociaux et moraux, comme la santé, l'avortement et les mariages entre conjoints de même sexe, occupant une grande place. Identifiée au régime, Rousseff doit défendre son bilan, alors que Serra reçoit l'appui des principales formations d'opposition. La victoire de Rousseff, avec 55,4% des voix, ouvre la porte aux spéculations des observateurs qui se demandent comment elle gouvernera par rapport à son célèbre prédécesseur. Malgré un contexte économique favorable et des progrès au niveau de l'équité sociale, le Brésil demeure miné par des inégalités profondes qui continuent de susciter des inquiétudes.

Pour en savoir plus: Discours inaugural de la première présidente du Brésil

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Joëlle Kuntz, « La continuité »

«...Dans son discours de remerciement à ses compatriotes, la nouvelle présidente brésilienne, Dilma Rousseff, a insisté: surtout, a-t-elle dit avec un sourire post-électoral, soyez assurés que je ne changerai rien à la politique de mon prédécesseur. Je suivrai la même voie. Il sera toujours à mes côtés. Dans le doute, je lui demanderai ses conseils. On sait que Dilma Rousseff est « l'héritière » de Lula. Les héritiers ont des scrupules à critiquer la personne qui les fait riches ou le bien dont ils deviennent dépositaires. Le Brésil est en forme, il n'y a pas lieu de vouloir tout bouleverser, c'est d'ailleurs ce qu'ont signifié les citoyens en préférant la continuité au changement. Mais dans le tremblement des démocraties, quand les dirigeants paient pour la mauvaise humeur ambiante même quand ils n'en sont pas coupables, une affirmation si solennelle de la continuité est une singularité mondiale. »

Le Temps (Suisse), 3 novembre 2010.

Lamia Oualalou, « Le pari fou du président sortant Luiz Inacio Lula da Silva vient d'être gagné »

«...Géographiquement, le clivage est net. Le Brésil est littéralement coupé en deux, rouge au nord (la couleur du PT) et bleu au sud (couleur du PSDB). Dilma Rousseff l'emporte avec des scores de maréchaux dans les Etats du Nordeste, les plus pauvres du pays. (...) Le clivage nord/sud et pauvres/riches est récent dans le paysage électoral brésilien. En 1989, 1994 et 1998, Lula a perdu en partie parce qu'il ne parvenait pas à séduire les plus défavorisés. Il symbolisait l'aventurisme et le conflit social, dont ils se percevaient comme les principales victimes, notamment à travers l'inflation « C'est en 2006 que cela bascule, après que la question sociale est devenue un des axes du gouvernement de Lula », analyse André Singer. Depuis, les pauvres en général, et notamment dans le Nordeste, votent pour lui, par affection, reconnaissance et identification. Aujourd'hui, pour ces mêmes raisons, ils ont suivi ses recommandations en votant massivement Dilma. Cette identification a des effets pervers. Les médias ont tellement répété que Lula et Dilma étaient en tête dans le Nordeste que les électeurs du Sud, dont le niveau de revenu et d'instruction est plus élevé, ne se reconnaissent pas dans cet électorat et « choisissent son adversaire, accentuant plus encore le clivage entre classes sociales », estime Stéphane Monclaire, politologue spécialiste du Brésil à la Sorbonne-Paris I. »

Le Figaro (France), 1er novembre 2010, p. 7.

Bernard Duraud, « Une femme de l'ombre en pleine lumière »

«...Pour avoir marché dans les pas de Lula, Dilma serait condamnée à capter un héritage encombrant laissé à ce pays émergent qu'elle a pourtant contribué à façonner. Le désormais ex-chef de l'État la présente comme « la mère du PAC », le programme d'accélération de la croissance lancé en 2007, prévoyant d'énormes investissements dans les programmes sociaux (logement, services publics de base dans les favelas) et dans les infrastructures pour recevoir la Coupe du monde de football en 2014 et les jeux Olympiques en 2016. Dilma a promis la continuité dans la gestion rigoureuse de l'économie, prioritairement la maîtrise de l'inflation, l'éradication de l'extrême pauvreté, l'accentuation des programmes sociaux ou le multilatéralisme au plan international. Des chantiers restent en souffrance comme la réforme agraire, la remise en état de services publics délabrés (éducation et santé). Mais elle a aussi promis du changement en s'attaquant à la réforme politique (le système électoral en particulier) et à celle des impôts, où les riches et les secteurs financiers de la huitième puissance mondiale aux inégalités criantes seraient mis à contribution. Lula a esquivé cette réforme. Et si c'était ça, la marque de Dilma ! »

L'Humanité (France), 3 janvier 2011.

Gouvernance et gouvernement [ 31 octobre 2010 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Brésil
IntermédiaireLuiz Inacio Lula Da Silva

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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2006
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2006
[Résultats] Élections législatives

octobre
2010
Élection de Dilma Rousseff à la présidence du Brésil

octobre
2010
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
2010
[Résultats] Élections législatives

juin
2013
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2014
Réélection de Dilma Rousseff à la présidence du Brésil

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[Résultats] Élection présidentielle

octobre
2014
[Résultats] Élections législatives

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