Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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20 mars 2011

Élection de Michel Martelly à la présidence d'Haïti

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Michel Martelly

Michel Martelly, du parti Repons Peyizan (Réponse paysanne), remporte le deuxième tour de l'élection présidentielle en Haïti. Il obtient 67,6% des voix contre 31,7% pour Mirlande Manigat, la candidate du Rassemblement des Démocrates nationaux progressistes d'Haïti.

L'élection pour trouver un successeur à René Préval, qui a effectué deux mandats à la présidence d'Haïti, devait avoir lieu le 28 février 2010. Le tremblement de terre dévastateur survenu le 12 janvier force toutefois son report. Les mises en candidature ont finalement lieu à l'été 2010, malgré le fait que le pays soit toujours en situation d'urgence. Le processus est marqué par une importante controverse alors qu'un candidat potentiel, le populaire musicien Wyclef Jean, est déclaré inéligible. En tout, une trentaine d'aspirants sont sur les rangs pour le premier tour qui se déroule le 28 novembre. Il est dominé par Mirlande Manigat, une spécialiste des questions constitutionnelles qui est la femme de l'ex-président haïtien Leslie Manigat. Jude Célestin du parti Inité (Unité), auquel appartient le président Préval, arrive deuxième avec 22,5% des voix, mais des accusations de fraude électorale pèsent contre ses partisans et des pressions amènent le retrait de sa candidature. Toute cette période est d'ailleurs marquée par un climat d'instabilité, dont le report du deuxième tour du 16 janvier au 20 mars, ainsi que le retour en sol haïtien des ex-présidents Jean-Claude Duvalier (16 janvier) et Jean-Bertrand Aristide (18 mars), qui suscite de fortes réactions au pays et à l'extérieur. La lutte se fait finalement entre Manigat et Michel Martelly, un musicien de 50 ans, connu sous le nom de scène Sweet Micky, qui n'a jamais occupé de fonctions politiques. Le 20 mars, Martelly remporte le second tour avec 67,6% des voix. Le résultat tiendra malgré le fait que des irrégularités aient été observées lors du jour du scrutin. Martelly, qui sera assermenté le 15 mai, devra composer avec un Parlement dans lequel ses appuis sont nettement minoritaires.

Pour en savoir plus: Discours du nouveau président haïtien devant l'Assemblée générale des Nations unies

Dans les médias...


Thierry Oberlé, « Haïti élit son président - chanteur »

«...Après un séisme qui a fait plus de 250 000 morts en janvier 2011, le pays, traumatisé par des tragédies sans fin, s'est offert - à la stupeur des diplomates et des experts internationaux - un peu de baume au coeur en élisant à sa tête un saltimbanque à l'enthousiasme communicatif. Président sans palais d'un État sans argent, Michel Martelly incarne, au royaume du choléra, l'espoir et la joie de vivre. (...) Michel Martelly se présente en défenseur des valeurs familiales et du néolibéralisme. Si les potentats de l'économie locale ne lui sont pas acquis, il bénéficie du soutien d'une partie de la bourgeoisie dont certaines amitiés se sont nouées sous le règne d'Aristide. Mais le chanteur n'a pas que des fans. Les sceptiques comparent le raz-de-marée électoral en sa faveur à un nouveau cataclysme. Ils dénoncent en vrac son populisme, ses outrances et son manque de maturité politique. Ils redoutent que ce personnage impulsif marche dans les pas de ses prédécesseurs qui, tels Jean-Claude Duvalier et Jean-Bertrand Aristide, viennent de rentrer au bercail avec leur cortège de mauvais fantômes. »

Le Figaro (France), 6 avril 2011, p. 16.

Arnaud Robert, « Le maître chanteur tourné en président »

«...Mi-amuseur, mi-stratège, Michel Martelly est surtout un objet électoral non identifié comme la scène politique haïtienne en génère régulièrement. Au moment où deux chefs autoritaires ont fait sans encombre majeur leur retour au pays (Jean-Claude Duvalier et Jean-Bertrand Aristide), le président élu incarne à sa manière hilare le carrefour de ces dernières décennies haïtiennes. A Duvalier, il a pris l'essentiel de son conseil politique, notamment Daniel Supplice, ancien ministre sous Baby Doc. Adolescent inscrit aux milices des Tontons Macoute, soutien discret du coup d'Etat contre Aristide en 1991, Michel Martelly pourrait relancer la machine de la droite dure sur l'île. Mais l'essentiel de son électorat provient en réalité de l'autre bord. Son parler vrai, son discours constant contre les élites politiques lui ont rallié les jeunesses des quartiers pauvres de Cité Soleil ou du Bel Air. Aux premiers rangs de chacun de ses meetings apparaissaient des groupes plus ou moins constitués, parfois rémunérés, d'activistes liés aux anciens gangs aristidiens. Certains d'entre eux ne cachaient pas sur leur poitrine le portrait de Jean-Bertrand Aristide (...) Entre la droite et la gauche populiste, Michel Martelly n'a pas choisi. Il a promis à tous l'école publique gratuite, la souveraineté alimentaire et un toit pour le million de sans-abri du séisme. »

Le Temps (Suisse), 6 avril 2011.

Gérard Thomas, « Présidentielle : Haïti choisit la voix de Martelly »

«...Pourquoi lui ? (...) D'abord, parce que les Haïtiens sont dégoûtés de leur classe politique traditionnelle, corrompue et autoritaire, qui n'a jamais réellement oeuvré pour le développement du pays, ni pour le bien-être de sa population. Ensuite, parce qu'il a surfé sur le ressentiment d'une jeunesse furieuse dont la star mondiale du hip-hop, l'Haïtien Wyclef Jean, n'a pas pu bénéficier. La candidature à la présidence de ce dernier n'a pas abouti puisqu'il ne pouvait justifier de cinq années de résidence en Haïti. Alors, les électeurs se sont rabattus sur Michel Martelly - que le pouvoir en place a un temps voulu écarter - , lequel estime que « tout jeune Haïtien doit pouvoir travailler, s'acheter une voiture et vivre décemment ». Enfin, parce que lui et ses partisans ont mené une campagne particulièrement agressive contre Mirlande Manigat, ce qui ne devrait pas faciliter un éventuel processus de « réconciliation nationale ». »

Libération (France), 6 avril 2011, p. 8.

Serge Truffault, « La victoire de Martelly - Travaux d'Hercule »

«...Cela étant, à compter du 15 mai Martelly devra faire face aux travaux d'Hercule. Tout est à construire et à reconstruire. Tout, absolument tout. Dans la foulée du séisme la moitié de l'État a sombré, l'autre moitié est inopérante. Signe de cette déliquescence, la somme des ONG présentes est si impressionnante qu'Haïti a été rebaptisée la « République des ONG ». (...) le mois prochain, Martelly va prendre ses fonctions avec un cabinet qui sera probablement dirigé par un premier ministre appartenant à une formation politique concurrente. En fait, il est écrit dans le ciel que les membres du parti du président sortant, Inité, forts de la majorité qu'ils détiennent aux deux chambres et du droit qu'il leur revient de choisir le premier ministre, vont envoyer un des leurs. Entre les nostalgiques de Jean-Claude Duvalier et Jean-Bertrand Aristide qui ont soutenu Martelly et les proches de René Préval, on va assister au mariage de la carpe et du lapin. »

Le Devoir (Québec, Canada), 6 avril 2011, p. A8.

Gouvernance et gouvernement [ 20 mars 2011 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Haïti
TransitionRené Garcia PrévalJean-Max Bellerive

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2006 - 2016



janvier
2010
Tremblement de terre dévastateur en Haïti

mars
2011
Élection de Michel Martelly à la présidence d'Haïti

septembre
2016
Apparition de l'ouragan Matthew

novembre
2016
Élection de Jovenel Moïse à la présidence d’Haïti

novembre
2016
[Résultats] Élection présidentielle


Dans l'actualité


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2016
Échec de l'aide humanitaire : le cas haïtien

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Mandat d'arrestation contre Aristide : la continuité d'un parcours controversé

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2014
La dérive de l'immigration haïtienne

décembre
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Haïti : manifestations importantes pour demander la démission du président Martelly

octobre
2012
Haiti : polémique sur une Constitution modifiée

février
2012
Haïti : Michel Martelly à la recherche de partenaires

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2011
Michel Martelly : « Sweet Mickey » et l'avenir incertain d'Haïti

février
2010
Course au leadership autour de la reconstruction d'Haïti


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