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2 mai 2011

Assassinat d'Oussama Ben Laden au Pakistan

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Oussama Ben Laden

Une opération secrète impliquant des troupes d'élite de la marine américaine se solde par la mort d'Oussama Ben Laden. Identifié au mouvement islamiste Al-Qaïda, celui-ci était considéré dans le monde occidental comme une des figures de proue du terrorisme international.

Oussama Ben Laden voit le jour en 1957 dans une riche famille saoudienne. Engagé dans la lutte contre l'occupation soviétique en Afghanistan (1979-1989), il participe également, à la fin des années 1980, à la création d'Al-Qaïda (la base). Il s'agit d'un mouvement islamiste, en lutte contre « l'impérialisme occidental », qui va recourir à des actions violentes pour promouvoir sa cause. Des attaques meurtrières frappent les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998, alors que les attentats du 11 septembre 2001, qui font des milliers de morts aux États-Unis, sont le coup le plus spectaculaire d'Al-Qaïda. Après avoir nié son implication, le mouvement revendiquera cette action d'éclat qui attire les yeux du monde entier sur l'Afghanistan, où serait terré Ben Laden. Celui-ci devient, pour l'opinion publique occidentale, l'incarnation du terrorisme international. Malgré l'intervention multinationale en Afghanistan et les effectifs déployés par les États-Unis, Ben Laden demeure insaisissable. Des vidéos, dans lesquelles il exprime ses positions et défie ceux qui le pourchassent, sont même diffusées dans les médias. En avril 2010, le président Barack Obama donne son aval à une opération secrète menée contre la résidence protégée de Ben Laden, à Abbottabad au Pakistan. La sécurité est neutralisée et Ben Laden abattu. Une fois son identification confirmée, la nouvelle est annoncée au monde entier, mais aucune image n'est rendue publique afin de ne pas attiser les passions dans le monde arabe. L'événement est accueilli très favorablement aux États-Unis où plusieurs questions subsistent néanmoins, comme les liens entre le gouvernement pakistanais et Ben Laden ainsi que l'impact qu'aura la disparition de celui-ci sur la situation d'Al-Qaïda qui est difficile à évaluer.

Pour en savoir plus: Discours du président des États-Unis sur la mort d'Oussama Ben Laden

Dans les médias...


Rémy Ourdan, « Quinze ans de duels entre le chef d'Al-Qaida et les États-Unis »

«...Oussama Ben Laden incarnait une proposition révolutionnaire globale, celle d'un « califat » islamique. Mais, depuis les attentats d'Al-Qaida à New York et Washington le 11 septembre 2001, la vie du chef djihadiste se résumait à un duel avec un pays, les Etats-Unis d'Amérique. Un duel à mort. (...) Oussama Ben Laden a perdu le duel. Les Etats-Unis l'ont tué, et la victoire de Barack Obama est de ce point de vue éclatante. La question est désormais de savoir si Ben Laden va perdre l'autre guerre, celle des idées et du djihad. Il l'a perdue parce que sa révolution n'a pas eu lieu, parce que le « califat » n'existe pas, et que les jeunes Arabes viennent au contraire, ces derniers mois, de lancer des révolutions au nom de la liberté et de la démocratie. Mais il reste des combattants djihadistes sur la planète, prêts à lutter pour les idées de Ben Laden. Ils sont plus nombreux et présents dans davantage de pays qu'en 2001. C'est pour l'instant la seule victoire de Ben Laden. Et c'est à eux d'écrire la suite de l'histoire. »

Le Monde (France), 3 mai 2011, p. 5.

Marc Hecker, « Après la mort de Ben Laden, l'avènement d'un « djihad sans leader » ? »

«...La mort ou l'arrestation d'un leader n'est pas un événement anodin pour une organisation terroriste. Le Sentier lumineux, le PKK, l'IRA-véritable et Aum Shinrikyo n'ont jamais réussi à se remettre de la neutralisation de leur chef. Toutefois, al-Qaida n'est pas une organisation terroriste comme les autres, et le décès de Ben Laden n'entraînera pas sa fin immédiate. Ce qui différencie al-Qaida des autres groupes est sa vocation globale et son degré de décentralisation. Depuis le début de l'opération « Enduring Freedom » en 2001, l'organisation terroriste, soumise à une forte pression, a été contrainte d'évoluer. Des « filiales » ont été créées en Irak, au Maghreb et dans la péninsule arabique, sans qu'il soit d'ailleurs possible de connaître précisément la nature et la solidité des liens unissant ces « filiales » à « al-Qaida central ». Certains analystes affirment qu'Oussama Ben Laden n'était guère plus qu'une source d'inspiration, d'autres soutiennent qu'il conservait un rôle opérationnel. Il apparaît en tout cas qu'il n'était pas en mesure de contrôler ce qui se passait sur les différents « fronts » d'al-Qaida. »

Le Figaro (France), 4 mai 2011, p. 14.

Christophe Ayad, « Al-Qaeda bouge encore »

«...Depuis le 11 Septembre, la plupart des grands attentats similaires, qu'il s'agisse de Bali (2002, 202 morts), Casablanca (2003, 45 morts), Madrid (2004, 191 morts), Londres (2005, 56 morts) ou Charm el-Cheikh (2005, 68 morts), ont été conçus et réalisés par des groupes locaux et autonomes, dont seul un membre était allé « parfaire » sa formation idéologique et militaire dans les zones tribales pakistanaises. Pas besoin, pour cela, de l'imprimatur du chef spirituel qu'est devenu Oussama ben Laden, plus inspirateur qu'instigateur. Pour autant, il serait faux de croire que sa mort soit sans conséquences. Il faudra plusieurs mois, voire années, pour en mesurer les effets. Mais il ne fait pas de doute que sa disparition va affaiblir encore un peu plus une organisation prise de court et ringardisée par les révolutions arabes de ces derniers mois, qu'elle n'avait pas vu venir et sur lesquelles elle n'a rien à dire. Il est frappant de voir à quel point Al-Qaeda a donné l'impression d'être gênée par un mouvement de la jeunesse réclamant plus de liberté, mais pas plus d'islam ni moins d'Occident. »

Libération (France), 3 mai 2011.

Michèle Ouimet, « La dynamique infernale du Pakistan »

«...Drôle de pays, le Pakistan. Un pays très homogène, où vivent près de 170 millions de musulmans et une petite poignée de chrétiens. Un pays qui adulait ben Laden au lendemain des attentats du 11 septembre. Un pays corrompu jusqu'à la moelle, dirigé par le veuf de Benazir Bhutto, Asif Zardari, un mou qui a déjà été accusé d'avoir détourné des centaines de millions de dollars. Un pays qui détient l'arme nucléaire et qui risque de basculer dans l'anarchie. Un pays gangrené par la présence des talibans pakistanais, qui multiplient les attentats terroristes depuis 2007 et travaillent main dans la main avec Al-Qaïda. La mort d'Oussama ben Laden ne changera pas grand-chose à la dynamique infernale du Pakistan. Sa mort représente un coup dur pour tous les terroristes de ce monde, mais la vie et les attentats vont continuer, et la lutte contre les Américains ne connaîtra pas d'accalmie. Al-Qaïda a une vie en dehors de ben Laden. »

La Presse (Québec, Canada), 3 mai 2011, p. X7.

David von Drehle, « Death comes for the terrorist »

«...So while it's not enough to get one individual, the occasion of Bin Laden's death is a moment to take stock. A scattered enemy can still be a dangerous one. Terrorism experts warn of the possibility that an isolated cell or lone wolf might try to strike in retaliation for the killing of the leader. But the al-Qaeda network is a tattered tissue compared with what it was when it managed to hit the American mainland as it had never been hit by outsiders before. According to polling by the Pew Research Center's Global Attitudes Project, across the Muslim world confidence in Bin Laden had plunged long before his death - down by half in the Palestinian territories, by even more in Indonesia, Jordan and, yes, Pakistan. From Tunisia to Egypt to Syria this year, scores of thousands of young people - the very people Bin Laden hoped to lead backward across a millennium - have poured into the streets in peaceful uprisings, chanting slogans of democracy. To be sure, Islamic fundamentalists will seek to turn the Arab Spring in their own direction, but regardless of how that plays out, it has been a bad season for bin Ladenism. »

Time (États-Unis), 20 mai 2011, p. 27.

Gouvernance et gouvernement [ 2 mai 2011 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Pakistan
IntermédiaireAsif Ali Zardari Yousaf Raza Gilani

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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2010
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mai
2011
Assassinat d'Oussama Ben Laden au Pakistan

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