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15 mars 2011

Intensification de la contestation en Syrie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Bashar al-Assad

Dans le sillage d'autres pays arabes où souffle un vent de protestation, la Syrie connaît une période turbulente. Le président Bachar el-Assad réagit en proclamant la levée de l'état d'urgence, tout en adoptant des mesures répressives qui lui attirent des critiques sur la scène internationale.

La Syrie justifie l'instauration de l'état d'urgence en 1962 en invoquant la menace de guerre avec son voisin israélien. Il est maintenu pendant le régime de Hafez el-Assad, qui accède à la présidence en 1971. La seule formation politique autorisée est le parti Baas qui utilise son pouvoir de façon autoritaire contre les voix dissidentes, particulièrement celles des islamistes. Malgré certains espoirs d'ouverture, le successeur d'el-Assad, son fils Bachar, continue dans la même veine à partir de 2000. Les protestations qui s'organisent à la fin de 2010 et au début de 2011 dans le monde arabe, notamment en Tunisie et en Égypte, changent toutefois la donne. Le chômage, le prix des denrées de base, la situation des droits de l'homme, la corruption et la volonté de réformes démocratiques nourrissent le mécontentement en Syrie à partir du 26 janvier, date à laquelle un jeune en colère s'immole par le feu. Le mouvement prend de l'ampleur et s'intensifie à partir du 15 mars, alors que les manifestants prennent la rue dans plusieurs villes. Les protestations font tache d'huile en dépit de l'intervention de l'armée et de l'arrestation d'activistes. Le pouvoir tente de calmer le jeu avec la libération de prisonniers politiques, des changements au gouvernement et la levée de l'état d'urgence, le 21 avril. L'opposition demeure néanmoins active, entraînant une répression qui fait plus d'un millier de morts. Le 20 juin, le président promet un dialogue national qui devrait mener à des réformes, mais la violence, condamnée par plusieurs pays, se poursuit. Elle a de multiples conséquences, dont celle de pousser des Syriens à se réfugier dans des pays voisins - Liban, Turquie, etc. - , une situation qui s'avère de plus en plus problématique.

Dans les médias...


Laure Mandeville, « La Syrie, clé du printemps arabe »

«...La bataille qui se joue entre la rue syrienne et le régime d'Assad, mais aussi entre les factions réformistes des élites politiques à Damas et la vieille garde partisane de la répression, est vitale pour les intérêts de l'Occident, et notamment de l'Amérique. Beaucoup plus vitale que ce qui se passe en Libye, notent maints experts à Washington, inquiets d'une opération militaire dans les sables libyens, qui vient distraire l'Amérique de défis plus fondamentaux en Syrie, en Égypte, en Jordanie ou à Bahreïn. « Nous avons beaucoup plus à gagner qu'à perdre » d'un changement en terre syrienne, note Martin Indyk, de la Brookings Institution. Pourtant, les Américains paraissent inquiets et embarrassés au fur et à mesure que le mouvement de protestation syrien prend de l'ampleur. La peur de l'après-Assad, régime qui tenait ensemble ses différentes minorités d'une main de fer depuis 48 ans, est palpable à la Maison-Blanche, où l'on redoute l'arrivée au pouvoir d'islamistes sunnites radicaux, susceptibles de mettre en péril la laïcité imposée par Assad père et fils. »

Le Figaro (France), 29 mars 2011, p. 19.

S.A., « Les Syriens sont entrés dans le cycle révolutionnaire »

«...La secte des Alaouites, une branche dissidente du chiisme (11 % de la population), dont est issu le régime s'est alliée avec une partie de la grande bourgeoisie marchande sunnite, mais les problèmes économiques ont submergé le régime ces derniers temps. Bachar et ses proches ont visiblement mal apprécié le mécontentement populaire accentué par une misère sociale croissante. Le « raïs » avait en effet cru pouvoir dire à un journal américain en janvier que son pays n'était pas menacé par le risque d'une révolution à la tunisienne. Assad n'est d'ailleurs pas unanimement rejeté : sa politique étrangère, par exemple, intransigeante vis-à-vis d'Israël qui occupe toujours le Golan syrien (Damas, proche de l'Iran, accueille la direction exilée du Hamas et d'autres mouvements palestiniens radicaux), rencontre un assentiment massif. Mais le marché passé avec la population - la stabilité et la sécurité garanties en échange d'un apolitisme total - ne pouvait fonctionner indéfiniment. »

Le Soir (Belgique), 25 mars 2011, p. 13.

René Beaudin, « Le désarroi de Bachar Al-Assad »

«...La Syrie semble atteinte à son tour par la « contagion démocratique ». L'événement y a une signification particulière, car ce pays se dit et se veut toujours formellement en guerre avec Israël. La Syrie se veut aussi un acteur incontournable dans le règlement des autres conflits auxquels l'État hébreu est confronté, au Liban, contre le Hezbollah, ou dans les territoires palestiniens, qu'elle considère un peu comme siens. Enfin, le régime politique en place à Damas, depuis 1969, puise en partie sa légitimité ou sa raison d'être dans la persistance de cet état de guerre, plus que dans la guerre elle-même. Quand l'Égypte a signé son traité de paix avec Israël, en 1970, elle a renoncé à peser sur les événements régionaux, dont la question palestinienne. Elle s'est même isolée dans le monde arabe. Les quelque 19 ou 20 millions de Syriens ne font peut-être pas le poids à côté des 80 millions d'Égyptiens, dont la récente « révolution » semblait plus ou moins destinée à faire tache d'huile dans le monde arabe et musulman. Mais ce qui se passe en Syrie a plus d'importance sur l'alternance des guerres et des paix impliquant Israël que les événements analogues en Égypte, en tout cas, pour l'instant. »

Le Soleil (Québec), 27 mars 2011, p. 27.

Simon Tisdall, « World briefing open dissent is new factor »

«...The protests that have shaken towns and cities are unprecedented in scale and character. In many ways, they resemble the Egyptian and other Arab revolts - a roar of rage against lack of economic opportunity, a youthful population's limited life chances, the lack of personal and social freedoms and the dead weight of official corruption. But there are differences, too. Syria's regime, more than most, has relied on absolute obedience, enforced by a terrifying security apparatus. The change now is that dissent has become open, pervasive and unquenchable. Syrian officials insist Assad is a popular president, who would win elections if called tomorrow. It's certainly true Assad is no Hosni Mubarak. He has often spoken of reform and, briefly, during the so-called Damascus spring of 2000-01 after the death of his ultra-authoritarian father, Syrian society seemed ready to break free from its historical and geographical shackles. Assad's failure to bring about change was ultimately his own, raising doubts about his political courage and judgment. His apparent inability to modernise Syria's economy, his continued reliance on emergency laws enacted by the Ba'ath party after the 1963 coup, and the continuing lack of political pluralism and media freedom pose the question: why should anyone believe him now when, back to the wall, he once again promises reforms? »

The Guardian (Royaume-Uni), 30 mars 2011.

Gouvernance et gouvernement [ 15 mars 2011 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Syrie
FaibleBashar el-AssadMuhammad Naji al-Otari

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2006 - 2016



mars
2011
Intensification de la contestation en Syrie

août
2013
Utilisation d'armes chimiques à Ghouta, en Syrie

décembre
2015
Fin d'une année record pour le nombre de déplacés dans le monde


Dans l'actualité


novembre
2018
La fin de l'État islamique?

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2018
Israël en Syrie : un dossier en évolution

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2017
Rojava: une vision de la Syrie peu abordée

octobre
2016
Syrie: rien ne va plus

janvier
2016
Une rencontre diplomatique à saveur politique entre la Russie et la Syrie

septembre
2015
Syrie: rencontre importante entre la Russie et Israël

novembre
2014
La liberté de presse en Syrie : un oxymore

février
2014
Dans les camps de réfugiés syriens, la polio frappe

février
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Syrie : retour sur l'échec de Genève 2

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Mort d'un chef rebelle syrien


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