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12 novembre 2011

Démission du président du Conseil italien, Silvio Berlusconi

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Silvio Berlusconi

Après une période tumultueuse au cours de laquelle il a vu sa popularité chuter, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, annonce sa démission. Son départ est suivi par l'arrivée au pouvoir de Mario Monti, un ex-commissaire européen qui aura le mandat de redresser la situation financière du pays.

Magnat des médias et de l'immobilier considéré comme l'homme le plus riche d'Italie, Silvio Berlusconi a marqué la vie politique de son pays dès son accession à la présidence du Conseil, en 1994. Battu en 1995, il réintégra ses fonctions de 2001 à 2006, puis à partir de mai 2008. Lors de ce mandat, il doit rapidement composer avec la crise économique qui plombe la situation financière de tous les gouvernements. L'Italie réussit à conserver un taux de chômage inférieur à 10%. Mais son taux d'endettement important, un des plus élevés d'Europe, suscite des inquiétudes, particulièrement à la lumière de la crise en Grèce qui menace la stabilité de la zone euro. Sous les pressions, un plan de stabilité est adopté en 2010. Il vise le retour à l'équilibre budgétaire d'ici quelques années. La situation demeure néanmoins difficile et le leadership de Berlusconi est remis en question à plusieurs reprises. Des scandales personnels, des histoires de corruption, un référendum défavorable à l'énergie nucléaire et la perte d'alliés politiques importants, comme la Ligue du Nord, minent la crédibilité du président du Conseil qui doit encore, en 2011, faire face à la tempête. En novembre, il est incapable d'obtenir une majorité sur un vote budgétaire. Ce recul pave la voie à son départ, même si un autre plan d'austérité pour contenir la dette est approuvé par les parlementaires. Le 12 novembre, Berlusconi démissionne. Mario Monti, un ex-commissaire européen, lui succède. Bien que le plan économique qu'il propose soit adopté en décembre, la précarité financière de l'Italie laisse présager une année 2012 mouvementée sur le plan politique.

Dans les médias...


Gaël de Santis, « L'ex-commissaire européen Monti remplacera le PDG Berlusconi »

«...le Cavaliere est en sursis depuis 2009, époque à laquelle il a été lâché par les deux « pouvoirs forts » comme on les appelle dans la Péninsule : l'Église et le patronat. Ses frasques sexuelles ont irrité l'électorat catholique. Le patronat, lui, jugeait imprésentable à l'étranger un dirigeant dont l'activité législative se résumait à élaborer des lois lui permettant d'échapper aux juges. Et ce alors qu'il était incapable de faire adopter des réformes présentées comme indispensables, telle celle sur les retraites, car prisonnier de son alliance avec l'extrême droite, la Ligue du Nord. À mesure qu'apparaissait évidente l'impuissance de Silvio Berlusconi, sa majorité se délitait. Le numéro 2 de son parti, Gianfranco Fini, et une trentaine de députés quittent la majorité en 2010. Au point que le gouvernement devait, presque à chaque vote, poser la question de confiance, sa majorité ne tenant qu'à une poignée de voix. Ces dernières semaines, cette pratique est devenue intenable face aux attaques spéculatives sur la dette. »

L'Humanité (France), 14 novembre 2011.

Guillaume Delacroix, « Mario Monti, un technocrate sobre et intransigeant »

«...Celui (Monti) qui va sortir le pays du fossé et l'aider à tourner la page de presque dix-huit ans de berlusconisme. Désormais parlementaire, ce partisan de l'économie sociale de marché possède la dimension politique qui manquait à son profil de technocrate. Et surtout, pour le symbole, il peut voter, vendredi soir, le budget 2012 de la nation, assorti de nouvelles mesures d'austérité. En somme, la première partie du programme qu'il va maintenant devoir mettre en oeuvre. Âgé de soixante-huit ans, le nouveau président du Conseil des ministres italien, réputé intransigeant, a un peu surjoué son personnage au cours des dernières heures qui l'ont mené jusqu'au fauteuil du « Cavaliere », hier soir. Il a refusé de se laisser imposer un diktat de la droite sortante et prévenu qu'il choisirait lui-même ses ministres, parmi lesquels beaucoup d'amis universitaires. Avant de quitter Milan, il avait du reste annoncé la couleur : il faut « en finir avec les privilèges » de la caste au pouvoir, avait-il lancé. Mario Monti est non seulement l'anti-Berlusconi par excellence, de par son sérieux et sa sobriété, mais il apparaît également comme l'homme providentiel capable de rassurer les marchés. »

Les Échos (France), 14 novembre 2011, p. 6.

Eric Jozsef, « Berlusconi a fini Cavaliere seul »

«...Sous les coups de boutoir des marchés, il a simplement pris acte que sa permanence au sommet du pouvoir entraînait le pays (et au passage ses entreprises) vers la faillite. L'explosion des taux d'intérêt a eu raison d'un homme que les casseroles judiciaires, les scandales sexuels et les gaffes diplomatiques n'avaient pas réussi à abattre. Jusqu'au bout, il a tenté de résister à la fois pour se protéger des juges, défendre ses affaires et continuer d'espérer d'incarner les rêves d'une bonne partie de l'électorat sans prendre en compte la cruauté des faits: une popularité en berne, la désillusion de ses partisans, la défiance de ses partenaires et des marchés. « Silvio, tu ne vois pas que c'est toi, le problème » avait-on tenté de lui dire dans son entourage. Dans un déni de réalité, il continuait malgré la crise à soutenir publiquement il y a un peu plus d'une semaine: « Les restaurants sont pleins et il faut faire la queue pour prendre l'avion. » Les faits l'ont rattrapé, mettant un terme à une expérience unique en Europe où jamais depuis la guerre un homme politique n'avait concentré autant de pouvoirs, économique, financier, médiatique et même sportif. »

Le Temps (Suisse), 14 novembre 2011.

René Beaudin, « L'étrange tombée de selle du Cavaliere »

«...La chute de Berlusconi est paradoxale. Le Cavaliere est pour peu dans l'actuelle crise financière. La dette italienne, qui atteint 120 % du produit intérieur brut, a pour l'essentiel été contractée dans les années 70 et 80 par des gouvernements de droite et de gauche. Les tout derniers sondages soulignent à quel point la crise financière est de peu de poids dans la débandade de Berlusconi. Et pourtant, c'est devant les contraintes qu'elle impose qu'il tire son épingle du jeu. Tâche redoutable que celle de ses héritiers. Berlusconi a pris le pouvoir dans le contexte d'une « propension à l'individualisme » apparemment sans précédent en Italie, et que Berlusconi, par sa gouverne, et les médias qu'il contrôle, n'a cessé de nourrir et d'entretenir et dont même l'opposition dite de gauche a été gavée. Celle-ci se réjouit de la chute de Berlusconi, mais jusqu'à quel point peut-elle crier victoire? »

Le Soleil (Québec, Canada), 13 novembre 2011, p. 25.

Maurizio Viroli, « Can Italy put Berlusconi behind it ? »

«...Many of the people Mr. Berlusconi has surrounded himself with are corrupt and servile, all the easier for him to dominate them. People with principles are regarded as dangerous enemies. So why has he finally fallen from office? Such a system can work only as long as the courtesans and servants have faith that the signore will remain in power. Mr. Berlusconi long ago showed that he was unlikely to fall for domestic reasons. But now pressure from international markets and the European Union has convinced some of his courtesans that he can no longer guarantee their re-election and their privileges. As a result, some of them are looking elsewhere for more concrete opportunities for political survival. This provides Italy with a chance to begin a process of civic and political regeneration. To do so it must liberate itself not only from Mr. Berlusconi, but also from his system of power, and from the political and moral bad habits that he has reinforced and relied on in the political elite and in large sectors of public opinion. »

New York Times (États-Unis), 11 novembre 2011, p. a35.

Gouvernance et gouvernement [ 12 novembre 2011 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéGiorgio NapolitanoSilvio Berlusconi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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avril
2006
[Résultats] Élections législatives

avril
2008
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi

avril
2008
[Résultats] Élections législatives

novembre
2011
Démission du président du Conseil italien, Silvio Berlusconi

février
2013
Élections législatives en Italie

février
2013
[Résultats] Élections législatives

mars
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Tremblement de terre dévastateur en Italie

décembre
2016
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