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25 juillet 2011
Inondations destructrices en Thaïlande

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Inondation en Thaïlande

Une tempête tropicale qui déferle sur le sud-est asiatique est à l'origine de pluies diluviennes qui provoquent d'importantes inondations en Thaïlande. Elles causeront des centaines de morts et des dizaines de milliards de dollars en dommages de toutes sortes.

L'année 2011 est marquée par une série de tempêtes en Thaïlande. En mars, c'est le sud du pays qui écope. Puis, en juillet, la tempête tropicale Nock-ten amène de fortes pluies qui touchent le sud-est asiatique, notamment les Philippines et la Thaïlande. Des cours d'eau importants - Mékong, Chao Phraya, etc. - débordent, provoquant des inondations qui affectent des millions de personnes, surtout dans le nord et le centre du pays. Des centaines de milliers d'hectares de terres agricoles sont affectés et les infrastructures thaïlandaises mises à mal par les conditions qui ont de graves conséquences économiques, par exemple sur la production de riz ou de disques durs, ainsi que sur l'industrie touristique. Un branle-bas de combat est déclenché afin d'éviter le pire à la capitale, Bangkok, qui est également menacée. La grande majorité des 77 provinces subissent les conséquences des débordements qui font plusieurs centaines de morts et des dégâts évalués à 45 milliards de dollars américains. Les citoyens éprouvés reçoivent l'appui de l'armée. De l'aide étrangère est également acheminée aux sinistrés. Malgré cela, les mesures préventives n'ont pas suffi à atténuer l'impact des inondations, les pires des 50 dernières années selon les observateurs. La population reproche d'ailleurs au gouvernement son manque de prévoyance, ainsi que sa gestion des barrages qui fait l'objet de critiques. La situation des cours d'eau se normalisera au début de 2012, mais il faudra encore beaucoup de temps avant que les dommages de cette tragédie ne soient effacés.

Dans les médias...


Florence Compain, « La Thaïlande à la merci d'un coup d'État aquatique »

«...Au milieu des inondations monstrueuses qui ravagent le pays depuis juillet, l'armée pourrait de nouveau déterminer la trajectoire politique du royaume. Devant les errements du gouvernement de Yingluck Shinawatra face à la catastrophe, l'opposition réclame la déclaration de l'état d'urgence, ce qui donnerait toute autorité aux gradés. Après le « coup d'État vertueux » de 2006, censé délivrer les Thaïlandais d'un premier ministre tyrannique et corrompu, puis le « demi-coup d'État » de 2010, pour maintenir au pouvoir le Parti démocrate d'Abhisit Vejjajiva, une version aquatique du putsch se jouerait aujourd'hui. Les adversaires du premier ministre utiliseraient les intempéries - qui ont tué 350 personnes et paralysé une bonne partie de l'économie - à des fins politiques. Ils empêcheraient une réponse coordonnée du gouvernement pour saper sa crédibilité, explique-t-on dans l'entourage de Yingluck Shinawatra. (...) Dans un pays qui a connu 18 putschs - et des dizaines d'autres manqués - en soixante ans, le retour des militaires est une hypothèse récurrente. Les radios communautaires des « chemises rouges » le savent : elles crient déjà à une « conspiration des élites » et à une « sale revanche sur les urnes ». »

Le Figaro (France), 26 octobre 2011, p. 5.

« Bangkok sous la menace du déluge »

«...La volonté du gouvernement de protéger coûte que coûte la capitale provoque des conflits entre groupes de citoyens. Mercredi, des habitants du quartier historique de Bangkok ont démantelé des digues de sacs de sable qui protégeaient le Grand Palais, résidence des anciens rois du Siam depuis le XVIIIe siècle. Les abords du site ont été brièvement inondés avant que des marins n'installent des pompes pour évacuer l'eau vers le fleuve. « La situation est sérieuse. Les gens se battent entre eux. Ils disent : ma maison est inondée, mais ta maison ne l'est pas, pourquoi ? Si ce gouvernement n'est pas capable de gérer la crise, qu'il laisse la place à d'autres », s'énerve Nan Thiraphat, une commerçante. Si l'image du gouvernement et tout particulièrement celle de Yingluck Shinawatra sont gravement érodées par la crise, l'armée en a profité, elle, pour se refaire une virginité. Vivement critiquée pour la répression meurtrière des manifestations anti-gouvernementales de l'été 2010, elle a dépêché 40.000 militaires sur le front des inondations. Omniprésents, ils ont déployé d'importants moyens matériels et agissent sans véritable coordination avec le gouvernement civil. « Tous les militaires, moi-même inclus, dorment très peu et travaillent parfois jusqu'à l'aube. Je veux que les gens aiment les soldats » , dit le général Prayuth Chan-Ocha, chef de l'armée de terre. »

Le Soir (Belgique), 29 octobre 2011, p. 17.

Pavin Chachavalpongpun, « Un gouvernement vite submergé »

«...La chef du gouvernement a trop attendu avant de mettre sur pied une cellule de crise pour gérer la situation. Le discours qu'elle a adressé à la nation le 7 octobre aurait dû être prononcé bien avant. Elle s'est en outre montrée incapable de répondre à plusieurs questions importantes. Quel est le plan d'évacuation ? Quand la Thaïlande sortira-t-elle de la crise ? Quel genre d'indemnisation le gouvernement a-t-il l'intention d'offrir ? Et comment compte-t-il remettre le pays en marche après la décrue ? Il est inconcevable qu'un pays à revenus moyens comme la Thaïlande ne dispose pas d'un plan de gestion de crise efficace. Reste que, dans ce contexte, le leadership de Yingluck a été mis à l'épreuve et qu'elle n'a guère brillé. Il est inexcusable de sa part d'invoquer comme prétexte le fait que son gouvernement vient tout juste d'accéder au pouvoir et qu'elle a été accaparée par d'autres « questions politiques ». Elle doit maintenant tout mettre en oeuvre pour corriger la situation. Et, lorsque l'eau se retirera, elle devra trouver les mots pour apaiser la colère de tous les Thaïlandais qui ont été livrés à eux-mêmes durant ces longues semaines. »

Extrait paru dans le South China Morning Post (Chine), traduit pour Courrier international, 20 octobre 2011, p. 13.

Ben Bland, « Yingluck under pressure as flood waters reach Bangkok »

«...Ms Yingluck, a political novice who in August became Thailand's first female prime minister, is under political pressure from critics who say her populist government has lacked co-ordination and released inaccurate information, particularly about the fate of Bangkok. But analysts believe the first crisis of her first term in office has also given Ms Yingluck the opportunity to demonstrate her leadership. Thitinan Pongsudhirak, a political scientist at Bangkok's Chulalongkorn University, argued the scale of the flooding, ineffective state agencies and poor long-term planning had hindered Ms Yingluck's ability to respond. « She is obviously doing her best, but the question is whether her best is good enough, » he said. « The people who did not support her from the outset will seize on the deluge to destabilise her rule. » But analysts believe the Democrat party, which was in power before being ousted by Ms Yingluck, is playing a dangerous game because it must also take the blame for the long-term planning failures that have exacerbated the flooding. « There has been a much broader political and administrative failure in terms of the management of water . . . and dams, » said Michael Montesano of the Institute of Southeast Asian Studies in Singapore. »

Financial Times (Royaume-Uni), 25 octobre 2011, p. 6.

Gouvernance et gouvernement [ 25 juillet 2011 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Thaïlande
IntermédiaireBhumibol Adulyadej (Rama IX)Abhisit Vejjajiva

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie [2006 - 2012]



5 avril 2006 Chidchai Vanasatidya : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
23 mai 2006 Thaksin Shinawatra : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
23 décembre 2007[Résultats] Élections législatives
25 juillet 2011 Inondations destructrices en Thaïlande
3 juillet 2011[Résultats] Élections législatives

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension