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6 mai 2009

Élection de Jacob Zuma à la présidence de l'Afrique du Sud

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jacob Zuma

Après avoir milité pendant plusieurs années au sein du Congrès national africain (ANC), parti qu'il préside depuis décembre 2007, Jacob Zuma devient le quatrième président sud-africain de la période post-apartheid. Il succède à un autre président issu de l'ANC, Thabo Mbeki.

Né dans la province de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, le 12 avril 1942, Jacob Zuma est un autodidacte qui a longtemps milité au sein de l'ANC aux côtés de Nelson Mandela, d'Oliver Tambo et du président Thabo Mbeki. Après avoir été vice-président de l'ANC, de 1997 à 2007, il en est élu président en décembre 2007. Il défait ainsi le président Mbeki qui était à la tête du parti depuis 1997. Celui-ci était de plus en plus critiqué et son leadership remis en cause au sein de l'ANC, notamment à la suite du limogeage de Jacob Zuma qui fait face à des accusations de corruption. Après avoir perdu la confiance de son parti, Mbeki est contraint à la démission en septembre 2008 après neuf années comme chef de l'État. Il est aussitôt remplacé par Kgalema Motlanthe qui assume l'intérim. Jacob Zuma est de ceux qui sont pressentis pour lui succéder, malgré des démêlés avec la justice et une vie privée trouble, dont une accusation de viol, qui risquent de nuire à ses ambitions. Zuma est accusé de corruption et de blanchiment d'argent, mais les charges seront abandonnées. Les législatives d'avril 2009 sont marquées par la victoire écrasante de l'ANC qui l'emporte largement sur ses rivaux. Avec près de 66% des votes et 264 sièges, elle devance nettement son principal rival, l'Alliance démocratique d'Helen Zille, qui récolte seulement 16% des voix et 67 sièges. Il s'agit d'un recul pour l'ANC par rapport en 2004, ce qui s'explique en partie par la dissidence d'une faction pro-Mbeki qui a fondé un autre parti, le Congrès du peuple (7,4% des voix, 30 élus). Son parti ayant obtenu la majorité absolue, Jacob Zuma est néanmoins élu facilement à la tête de l'Afrique du Sud, le 6 mai 2009, par 277 votes contre 47.

Dans les médias...


Tanguy Berthemet, « La revanche électorale de Jacob Zuma »

«...En cette matinée froide d'avril 2008, Jacob Zuma recevait la fine fleur du patronat français sous les dorures d'un palace parisien. Costume sombre, regard souriant, celui dont tous soupçonnent déjà qu'il sera le prochain président sud-africain tenait à rassurer les élites européennes. Les mots flottent, cajoleurs et précis. En un instant, il fallait faire oublier les inquiétantes frasques de ce Zoulou qui a gardé l'habitude de danser en costume traditionnel, une peau de vache autour des reins. Gommer l'étrange polygame affiché, père de 18 enfants. Enterrer, enfin, le brutal combattant de l'ombre des années clandestines de l'African National Congress (ANC) et sa proximité avec le Parti communiste. Alors ce jour-là, Jacob Zuma, 67 ans, l'ancien gamin venu de nulle part, le politicien populiste et ambigu, s'est mis à ressembler à n'importe quel homme d'État occidental. »

Le Figaro (France), 23 avril 2009, p. 7.

Pierre Barbancey, « L'ANC face au désir de changement »

«...Jacob Zuma sait parfaitement qu'une fois l'euphorie de la victoire passée, il faudra se mettre au travail. Beaucoup de Sud-Africains qui lui ont accordé leur suffrage ont fait savoir que c'était la dernière chance pour l'ANC de véritablement changer les choses et dans la durée. Celui qui sera élu président par le Parlement au mois de mai changera certainement en partie la politique économique. C'est ce que veulent ses alliés du syndicat Cosatu et du Parti communiste sud-africain (SACP). Zuma « a fait en sorte de s'identifier à la marginalisation des pauvres », explique ainsi le Mail and Guardian. Mais, attention, « ils se retourneront contre lui s'il échoue à répondre aux attentes ». L'Afrique du Sud est la première économie du continent, mais plus de 43 % de sa population vit sous le seuil de pauvreté, tandis que le chômage frôle les 40 %. Des statistiques susceptibles d'empirer alors que le pays s'apprête à entrer en récession pour la première fois depuis dix-sept ans. « Le plus grand défi pour Zuma réside dans les espoirs de la classe ouvrière et des pauvres, qui sont en grande partie derrière le phénomène Zuma », avertit l'analyste Aubrey Matshiqi. »

L'Humanité (France), 25 avril 2009, p. 6.

Patrice Claude, « La quatrième vie de Jacob Zuma, le nouvel homme fort d'Afrique du Sud »

«...Promis juré, « nous n'allons pas user de notre victoire pour « bulldozer » les autres dans la soumission. « Promis juré », je resterai accessible à la presse pourvu qu'elle soit honnête et objective avec nous ». Mardi, à la veille des élections générales du 22 avril, pour son ultime conférence de presse dans un grand hôtel de Johannesburg, l'homme qui deviendra dès la semaine prochaine le quatrième président de la « nation arc-en-ciel » a choisi de se montrer sous son meilleur jour. Tour à tour charmeur, rieur, chaleureux et décontracté - costume sombre, chemise ouverte, une main dans la poche - Jacob Zuma, debout derrière les micros, s'efforce, en politicien professionnel qu'il est, de ne pas répondre aux questions trop précises sur son programme. »

Le Monde (France), 23 avril 2009, p. 6.

François Brousseau, « La torture et le mensonge »

«...Le nouveau président, Jacob Zuma, est décrit comme un « populiste » hostile au néolibéralisme à tout crin qu'avait - selon lui - embrassé son prédécesseur. L'homme, un polygame revendiqué, charrie une biographie sulfureuse, ponctuée de procès pour viols et pour corruption (toujours avortés ou conclus par des acquittements). Mais il reste la coqueluche des townships. Les médias étrangers ont largement diffusé, la semaine dernière, des images où - en fin de campagne - on aperçoit Zuma qui chante (et danse) un hymne de l'époque héroïque de l'ANC, dont le refrain lancinant est « Passe-moi ma mitraillette! » Le nouveau président a souvent dit qu'il voulait renouer avec l'esprit combattant de l'ANC, qui se serait perdu sous Thabo Mbeki. Mauvais genre pour un chef d'État démocratiquement élu... même si l'on doit faire la part du contexte et du symbolique dans l'usage des hymnes. Le monde regardera Jacob Zuma avec circonspection. »

Le Devoir (Québec, Canada), 27 avril 2009, p. b1.

S.A., « South Africa's Mr. Zuma »

«...the A.N.C.'s nearly unchallenged rule of the past 15 years has turned South Africa into a virtual one-party state, with all the cronyism and corruption that that entails. For many black Africans, however, the party remains synonymous with liberation from the brutal and dehumanizing system of apartheid, and with whatever gains they have made since the end of white rule. These are not negligible: A.N.C. governments have provided millions of poor South Africans with grants, housing, potable water, electricity and sanitation. The A.N.C.'s political dominance carries great potential for abuse and will make it doubly hard for Mr. Zuma to rise above his party and his own failings. But rise he must if he is to confront the many daunting problems before him, including a recession at home after years of steady expansion, and, to the north, a continent rife with crises and eager for South Africa's leadership. Mr. Zuma will have to navigate a responsible path between the growing impatience of South Africa's poor and the need to maintain the confidence of international investors. He will also have to come up with a policy for helping ease neighboring Zimbabwe out of the destructive dictatorship of Robert Mugabe. Mr. Mbeki failed on both scores. Mr. Zuma will have to do better. »

New York Times (États-Unis), 25 avril 2009, p. A18.

Gouvernance et gouvernement [ 6 mai 2009 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Afrique du Sud
ÉlevéKgalema Petrus Motlanthe Poste aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2004 - 2016



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2004
[Résultats] Élections législatives

mai
2008
Attaques xénophobes en Afrique du Sud

avril
2009
[Résultats] Élections législatives

mai
2009
Élection de Jacob Zuma à la présidence de l'Afrique du Sud

juin
2010
Présentation de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud

décembre
2013
Décès de l'ex-président sud-africain Nelson Mandela

mai
2014
Réélection du Congrès national africain de Jacob Zuma en Afrique du Sud

mai
2014
[Résultats] Élections législatives


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