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25 mars 2012

Élection de Macky Sall à la présidence du Sénégal

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Macky Sall

Après avoir terminé deuxième au premier tour, l'ex-premier ministre Macky Sall remporte l'élection à la présidence du Sénégal. Il devance par une forte marge le président sortant Abdoulaye Wade dont la candidature avait soulevé de fortes contestations.

Wade avait surpris en annonçant son souhait de briguer de nouveau la présidence en 2012, à l'âge de 85 ans. Cette décision soulève la controverse, la Constitution de 2001 ne permettant que deux mandats consécutifs. De plus, le deuxième mandat de Wade a été marqué par des accusations de corruption et de favoritisme ainsi que des accrocs aux libertés civiles. Une opposition se manifeste avec force le 23 juin 2011 lors que le président tente, sans succès, de faire adopter des réformes constitutionnelles susceptibles d'aider à sa réélection. Elle donne naissance au mouvement du 23 juin qui veut lui barrer la route. Cela n'entrave pas la candidature de Wade qui est acceptée par le Conseil constitutionnel en janvier 2012, alors que celle du chanteur Youssou N'Dour est refusée faute d'appuis. Le mécontentement s'exprime dans la rue et dégénère en affrontements violents, un fait inusité au Sénégal qui a une longue tradition démocratique. Il en résulte des morts et plus d'une centaine de blessés. Wade termine en tête après le premier tour, le 26 février, avec 34,8% des voix. Ce résultat force la tenue d'un deuxième tour l'opposant à Macky Sall, un scientifique de formation. Après avoir été premier ministre de Wade de 2004 à 2007, et appuyé sa candidature à la présidence en 2007, celui-ci a rompu les ponts avec le président et son Parti démocratique sénégalais, fortement majoritaire à l'Assemblée nationale. Épaulé par tous les candidats vaincus au premier tour, Sall gagne son pari le 25 mars, remportant la victoire au deuxième tour avec une bonne avance. L'acceptation très rapide du verdict par Wade est bien accueillie par la population ainsi que la communauté internationale. Les avis restent tout de même partagés quant à l'importance du changement qui vient de se produire et de l'impact qu'il aura, notamment sur les législatives prévues pour juin 2012.

Pour en savoir plus: Premier discours du nouveau président du Sénégal

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Sandra Moro, « Le Sénégal, fierté démocratique de l'Afrique »

«...L'alternance démocratique n'est pas une chimère en Afrique, le Sénégal vient une fois de plus de le prouver de manière éclatante: un deuxième tour pacifique s'est soldé par la victoire de l'opposant Macky Sall sur le sortant Abdoulaye Wade lors de l'élection présidentielle. Face à un score sans appel, le candidat malheureux a pris son téléphone, dimanche soir déjà, pour féliciter son adversaire, reconnaissant ainsi sa défaite. Un scénario sans accroc, source de fierté pour les Sénégalais, et qui a valu lundi un concert de louanges internationales à ce pays d'Afrique de l'Ouest. Abdoulaye Wade sort de scène sans crise ni effusion de sang, comme l'avait fait le socialiste Abdou Diouf il y a douze ans, à son profit. Une succession pacifique de plus, qui confirme que le Sénégal s'est installé dans la démocratie. Le constat est d'autant plus réjouissant qu'il s'inscrit dans une région où l'instabilité persiste, comme l'illustre la crise qui agite le Mali voisin. L'irréprochable élection de Macky Sall offre ainsi un contraste saisissant avec le coup d'Etat mené par les militaires à Bamako mercredi dernier. »

Le Temps (Suisse), 27 mars 2012.

Tanguy Berthemet, « Macky Sall, le bon élève devenu maître »

«...Macky Sall ne s'est pas laissé aller pour autant à l'euphorie du moment, comme pour mieux souligner les différences avec son prédécesseur. Quand Wade se montrait volontiers éruptif, haranguant le peuple au moindre de ses succès, celui que tous appellent Macky joue sur une certaine douceur et sur la pondération. À l'autoritarisme de l'ex-président, il préfère le consensus, même mou. L'antinomie se loge jusque dans le physique : il est aussi rond que Wade est sec. Entre ces deux libéraux convaincus, l'opposition est toutefois plus humaine que politique. (...) Ce renouvellement que le président Sall va devoir conduire ne s'annonce pas simple. Durement touché par la crise financière de 2008, le Sénégal se trouve dans une situation délicate. Les espoirs qu'il soulève sont grands, trop grands, et la coalition qui l'a conduit au pouvoir est trop hétéroclite. Les socialistes ont déjà dit qu'ils seraient vigilants. Les rappeurs de Y'en a Marre aussi. Macky Sall, en faux dilettante, a déjà donné des gages. « Je crois que le libéralisme peut se mixer avec du social », lance-t-il aux uns sans oublier de rassurer les derniers partisans du chef déchu. « Il n'y aura pas de chasse aux sorcières mais pas de faiblesse coupable non plus. » À mots couverts, tous les Sénégalais comprennent que l'ère des décisions abruptes, chères à Abdoulaye Wade, est finie. Que l'élève a pris la succession du maître. »

Le Figaro (France), 27 mars 2012, p. 20.

Marc-André Boisvert, « Sénégal : Macky Sall met fin à 12 ans de règne de Wade »

«...L'étonnement ne vient pas de la défaite de celui que l'ancien président Léopold Sédar Senghor avait baptisé le lièvre, pour sa ruse. La véritable surprise est née lorsque la RTS, la chaine de télévision nationale, a annoncé qu'à 21h30, heure locale, Abdoulaye Wade a félicité son adversaire pour sa victoire. Clarisse Djionne en est restée estomaquée devant son téléviseur. « C'est un soulagement, de savoir que, au Sénégal, on sait changer de président dans la dignité. C'est aussi un espoir, » commente la Sénégalaise. La jeune Dija Boye est tout aussi enthousiaste. « Le peuple est souverain! » lance-t-elle, en allusion aux nombreuses craintes que le scrutin soit entaché d'irrégularités. Car, jusqu'à la fin, les Sénégalais ont eu peur qu'on leur confisque le pouvoir. Le président sortant a tenu jusqu'au deuxième tour alors que l'opposition a manifesté pendant près d'un an pour s'opposer à un troisième mandat qu'elle jugeait anticonstitutionnel. »

La Presse (Québec, Canada), 25 mars 2012.

Adam Nossiter, « Challenger Ahead in Vote in Senegal »

«...Mr. Wade's age -- he is at least 85 but probably older and is among the last of the independence-era African politicians still active -- had provoked Senegal's youths into an independent opposition movement that coalesced around fiercely critical rap songs. Two of this nation's defining characteristics -- its young population and its distinctive musical culture -- were mobilized against Mr. Wade, who showed increasing authoritarian tendencies. (...) Mr. Sall is promising a more subdued style of governing, less spending on prestige projects of limited value to a largely impoverished population, a strict limit of two terms and greater attention to agriculture. Most Senegalese work in the country's fields and farms, yet it still imports most of its food, partly because Mr. Wade has neglected agriculture in favor of spending on new highways and a modern airport, among other things. « The current administration wastes a lot of money, » Mr. Sall said in an interview on Saturday. « I'm for a style of governance that is more sober and efficient. » In addition, institutions such as the Parliament and the judiciary have largely been rubber stamps for Mr. Wade. Mr. Sall promised a change, « a new republic, in which the equilibrium between institutions is respected. » »

New York Times (États-Unis), 26 mars 2012, p. 4.

Gouvernance et gouvernement [ 25 mars 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Sénégal
IntermédiaireAbdoulaye WadeSouleymane Ndéné Ndiaye

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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[Résultats] Élection présidentielle

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2012
Élection de Macky Sall à la présidence du Sénégal

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2012
[Résultats] Élections législatives

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