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1 avril 2012

Élection d'Aung San Suu Kyi à l'Assemblée du peuple au Myanmar (Birmanie)

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Aung San Suu Kyi

Un an et demi après la fin de son assignation à résidence, Aung San Suu Kyi, la récipiendaire du prix Nobel de la paix en 1991, est élue à l'Assemblée du peuple de Birmanie lors d'élections partielles. Cet événement fait suite aux ouvertures démocratiques manifestées par le gouvernement birman depuis quelques mois.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND), dont Aung San Suu Kyi est la secrétaire générale, est sur le point de prendre le pouvoir au Myanmar lorsque sa victoire électorale est annulée par les militaires en 1990. En plus d'être évincée du pouvoir, Aung San Suu Kyi est emprisonnée pendant la majorité des années qui suivent. Elle est encore privée de sa liberté en novembre 1990 lorsque la junte au pouvoir met fin à son assignation à résidence. Le geste est interprété comme une volonté des autorités de procéder à des ouvertures démocratiques, une évolution qui, selon les analystes, s'expliquerait en grande partie par l'espoir de voir les puissances occidentales lever les sanctions économiques qui tenaillent le Myanmar. D'autres gestes sont posés dans cette perspective en 2011, sous un gouvernement de civils et la présidence de Thein Sein, un ex-général : autorisation de manifester et de faire la grève, libération de prisonniers politiques, etc. Une autre étape est la tenue d'élections partielles multipartites visant à remplacer une quarantaine d'élus du Parti de la solidarité et du développement de l'Union (PSDU), la formation au pouvoir. Ceux-ci quittent leurs sièges à la Chambre basse, au Sénat ou dans des chambres régionales afin de devenir ministres ou vice-ministres. La LND remporte un succès éclatant, faisant élire une quarantaine de candidats, dont Aung San Suu Kyi dans la circonscription rurale de Kahwmu. La nouvelle est accueillie favorablement dans le pays et à l'extérieur, même si certaines irrégularités sont soulignées dans la tenue du vote. La victoire de la « dame de Rangoon » et de son parti n'entament toutefois pas la domination du PSDU qui contrôle encore la grande majorité des sièges de l'Assemblée du peuple, la Chambre basse birmane.

Pour en savoir plus: Discours de la récipiendaire du prix Nobel de la paix

Dans les médias...


Arnaud Vaulerin, « Aung San Suu Kyi à l'épreuve du pouvoir »

«...ce mini raz-de-marée de la LND dans un système politique verrouillé par le clan militaire ouvre une période d'incertitudes. Aung San Suu Kyi va devoir endosser son costume de parlementaire après des années vécues en icône de la démocratie adulée par les foules et les gouvernements occidentaux. Après deux décennies passées à évoquer les droits de l'homme et la démocratie, elle va devoir plancher sur des dossiers plus techniques, allant du microcrédit à l'accès à la formation en passant par la promotion des investissements dans un pays où l'économie est dans un état lamentable. « Longtemps, il lui a manqué des moyens d'analyse sur l'état de son pays, note un diplomate français. Résultat, sur l'économie, elle n'est pas encore très affûtée. » Il lui faudra vite répondre aux attentes du peuple qui sont énormes après des années d'oppression militaire et d'isolement. Elle va devoir mettre les mains dans le cambouis du compromis, « un mot qui l'a longtemps terrifiée », rappelle une intellectuelle de Rangoun. »

Libération (France), 3 avril 2012, p. 11.

Gaetane Morin, « Le parti d'Aung San Suu Kyi annonce une victoire historique »

«...la campagne d'Aung San Suu Kyi a suscité un espoir immense dans le pays. Saluée par des foules en liesse, la « Dame de Rangoun » a sillonné les villes et les campagnes, tentant de lutter contre la fatigue et une santé fragile, qui l'ont contrainte à annuler ses derniers déplacements. Dimanche encore, elle a déambulé toute la matinée dans les villages de sa circonscription avant d'aller voter. Aung San Suu Kyi doit désormais réussir le « printemps birman » que son élection appelle, et dont rêve la communauté internationale. Prudente, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, estime qu'il est « trop tôt pour juger de la signification des progrès réalisés au cours des derniers mois et si ceux-ci se poursuivront ». Mais elle s'est engagée dimanche à « soutenir les efforts de réformes » entrepris par les autorités birmanes, et sur lesquelles devrait désormais peser Aung San Suu Kyi. Car l'ex-ennemie publique numéro un est aujourd'hui un acteur politique majeur. Et incontournable. »

Le Figaro (France), 2 avril 2012, p. 8.

Serge Truffault, « Élections en Birman - Mi-figue, mi-raisin »

«...Ici et là, on se demande si Aung Suu Kyi est la Mandela du Sud-Est asiatique. La réponse? Elle a la forme d'un proverbe enseignant que comparaison n'est pas raison. Ce qui vient de se passer dans ce pays ayant notamment pour voisins les puissantes Inde et Chine n'a rien à voir, absolument rien, avec la fin de l'Apartheid en Afrique du Sud. Dimanche, on n'a pas assisté à un transfert des pouvoirs, mais à un exercice à inscrire à la rubrique embryon de démocratie. (...) Si minime soit la portée de l'élection de dimanche, sa dimension symbolique, soit la victoire de Aung San Suu Kyi, a suffit par convaincre, et d'ailleurs avec raison, les capitales européennes et Washington qu'il est désormais temps d'étudier le chapelet de sanctions imposées à ce pays. Autrement dit, ces gouvernements envisagent la levée de sanctions à court terme. C'est souhaitable. À condition que cette levée ne soit pas l'occasion pour les Chinois, les Japonais, les anciens colonisateurs britanniques, les Thaïlandais, les Européens ainsi que les Américains d'effectuer une razzia économique. Chose certaine, la Birmanie est si riche que l'on dit les étrangers très fébriles à l'idée d'une prochaine ouverture économique. C'est à surveiller. Et de près. »

Le Devoir (Québec, Canada), 4 avril 2012, p. A8.

Thant Myint-U, « Sanctions must go or Myanmar's moment may be lost »

«...For Ms Suu Kyi, the compromises she has had to make have been difficult as well. For years she and her party attacked the process leading to the new constitution. To then turn round and accept the offer of reconciliation was a gamble. Many in the opposition have long wanted a more revolutionary approach to change, and she has had to fight hard to keep them on board. Now there is a nervousness on both sides. Having come so far so fast, the generals realise they have manoeuvred themselves to uncharted waters. There is no appetite for turning back. But the scale of the NLD's win and the almost frenzied outpouring of popular support for Ms Suu Kyi may not sit well with many of the old soldiers, conservative by instinct, who want to ensure any transition is gradual. Ms Suu Kyi and the NLD are nervous too. In three weeks she and 40 or so colleagues will be in a parliament dominated by the ruling Union Solidarity and Development Party, a creation of the old junta. Having won millions of votes she will have to demonstrate she can remake herself from being an icon for change to an agent for practical reform. »

Financial Times (Royaume-Uni), 3 avril 2012, p. 9.

Gouvernance et gouvernement [ 1 avril 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Myanmar
FaibleThein SeinThein Sein

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2002 - 2016



septembre
2007
Début des manifestations de moines bouddhistes au Myanmar (Birmanie)

mai
2008
Cyclone au Myanmar (Birmanie)

novembre
2010
Libération d'Aung San Suu Kyi au Myanmar (Birmanie)

avril
2012
Élection d'Aung San Suu Kyi à l'Assemblée du peuple au Myanmar (Birmanie)

novembre
2015
Élection au Myanmar (Birmanie) de la Ligue nationale pour la démocratie


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Un moment birman historique

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