Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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1 avril 1969

Ouverture du IXe Congrès du Parti communiste chinois

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Lin Piao

Le IXe Congrès de l'histoire du Parti communiste chinois (PCC) permet à Mao Zedong de confirmer son ascendant. Cet événement, le premier du genre depuis 1956, survient dans le contexte bouillonnant de la Révolution culturelle.

L'échec retentissant du Grand Bond en avant ébranle le leadership de Mao Zedong qui démissionne de la présidence de la République populaire de Chine (RPC), en avril 1959, mais demeure à la tête du PCC. Celui-ci prépare son retour dès le début des années 60. En 1966, il déclenche la Révolution culturelle avec l'aide des Gardes rouges qui se livrent à des purges d’envergure contre les révisionnistes et les contre-révolutionnaires. Cette campagne permet à Mao de se défaire de ses principaux opposants politiques, dont Deng Xiaoping et le président Liu Shaoqui (1959-1968) qui est incarcéré. C'est dans ce contexte que se tient le IXe Congrès du PCC, devant 1512 délégués nommés par les comités révolutionnaires, et non élus par le parti comme par le passé. Mao y fait un retour remarqué. À cette occasion, on rétablit la référence à la pensée, supprimée à la suite des critiques de Deng Xiaoping et de Liu Shaoqi. Ces derniers sont écartés du Comité central, tout comme la majorité des anciens membres, dont plusieurs formés en Union soviétique avec qui les relations sont tendues. Différents groupes gravitent autour de Mao, notamment celui de Lin Piao dont l'influence est la plus forte. Ministre de la Défense, vice-secrétaire du PCC et acteur clef de la Révolution culturelle, celui-ci lit le rapport au Congrès, le 1er avril. Il est également désigné par la Constitution comme le successeur éventuel de Mao, un compagnon d'armes de longue date. Des différences de vue vont cependant entraîner de vives tensions entre les deux hommes. Elles trouveront un dénouement tragique en septembre 1971, alors que l'avion transportant Lin Piao s'écrase en Mongolie dans des circonstances nébuleuses. Sa mort consolidera le pouvoir de Mao et celui du premier ministre Zhou Enlai, devenu le numéro 2 du PCC.

Dans les médias...


S.A., « La relance de Chou En-lai »

«...L'habile Premier ministre chinois, Chou En-lai, qui pendant toute la période de la « révolution culturelle » avait joué face aux Gardes rouges, un rôle modérateur, a su tirer son épingle du jeu au IXe Congrès du Parti communiste chinois. (...) Ainsi renforcé sur le plan intérieur, Chou En-lai va pouvoir relancer les activités diplomatiques du gouvernement chinois qui, pendant, toute une période, s'était replié dans une sorte de « splendide isolement ». C'est déjà le Premier ministre qui, affirme-t-on à Pékin, a inspiré, lors de discussions tenues devant le IXe Congrès, le passage du rapport de Lin Piao dans lequel le maréchal déclare que « le gouvernement chinois est favorable à des négociations avec l'U.R.S.S. sur des questions frontalières ». Les dirigeants soviétiques auraient réagi plus favorablement à cette initiative s'ils n'avaient pas appris qu'au moment même où il la prenait Chou En-lai faisait aussi de discrètes ouvertures à Nixon au sujet d'une éventuelle reprise, en 1970, des conversations directes entre Washington et Pékin, au niveau des ambassadeurs. »

Le Nouvel Observateur (France), 5 mai 1969, p. 16.

Claude Feuillet, « Le triomphe de Mao »

«...Après les événements des trois dernières années, il était difficile, en effet, aux dirigeants de Pékin de demander aux militaires de se replacer sous l'autorité d'un parti qu'ils avaient jeté à terre. D'autant moins que, dans la conjoncture actuelle, Mao Tsé-toung estime que la guerre est inévitable, sinon contre les Soviétiques, à coup sûr contre les Américains. L'armée chinoise, comme Mao, estime que l'affrontement général se gagnera sur le plan doctrinal. Et c'est bien sur le plan doctrinal que les conséquences du neuvième congrès se feront le plus sentir. En affirmant que Mao Tsé-toung est le seul héritier légitime du léninisme, en affirmant que c'est en se libérant du communisme mouscoutaire qu'ils ont pu rallumer chez eux la flamme de la révolution et donner un nouveau dynamisme au mouvement ouvrier international, les Chinois n'hésitent pas à se couper des Soviétiques qu'ils condamnent par ailleurs comme « révisionnistes et traîtres à la cause révolutionnaire ». »

Jeune Afrique (France), 14 au 20 avril 1969, p. 46-47.

L. Vandermeersch, « La Chine à l'heure du IXe Congrès »

«...À la vérité, de la quadruple tâche dévolue statutairement au Congrès : 1) recevoir et discuter le rapport politique du Comité Central; 2) déterminer l'orientation politique du Parti; 3) procéder éventuellement à la révision des statuts; 4) élire les membres du nouveau Comité Central, l'ordre du jour du 1er avril n'a retenu que les premier, troisième et quatrième volets, négligeant en apparence celui qui commande tous les autres, le second. La raison de cette omission, sûrement délibérée, pourrait être que, la définition de la nouvelle ligne ayant été réservée à Mao Zedong lui-même, qui s'accorde en général de longs délais de réflexion avant de publier ses discours, le Congrès, en évitant d'en faire une stipulation à l'ordre du jour, esquivait l'obligation d'en assurer immédiatement la diffusion. Le sens de la nouvelle ligne aurait alors été développé dans le grand discours du 14 avril, qu'il faut se résigner à ignorer pour l'instant. Quoi qu'il en soit, et nonobstant cette grave lacune, le dossier du IXe Congrès renferme déjà, avec le rapport politique de Lin Biao, les nouveaux statuts du Partis et la liste des membres des organes centraux, des pièces assez significatives pour autoriser une réflexion sérieusement fondée. »

Esprit (France), septembre 1969, p. 346-347.

S.A., « China's Search for Stability »

«...Significantly, Mao had to make room in the congress for moderates : among the 176 members of the congress' temporary presidium, the Maoist militants were actually outnumbered by more conservative men, most of them old-line party bureaucrats and relatively pragmatic military men. These moderates control the bulk of China's revolutionary committees, the new administrative units at the provincial and local level. The large number of military delegates to the congress testified to the fact that the People's Liberation Army remains the single most powerful and cohesive force in China. If the congress presidium is elevated to Central Committee status, as is expected, the army will almost certainly be entitled a share of the policymaking. That will add to Mao's difficulties in rebuilding the party and putting it once more, as he says, « in control of the gun. » It will also create tension between military officers, who are now in positions of local authority, rehabilitated party cadres and Maoist radicals, who would like to assume command of revolutionary committees. »

Time (édition canadienne), 11 avril 1969, p. 38.

Gouvernance et gouvernement [ 1 avril 1969 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleDong BiwuZhou Enlai

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1964 - 1974



octobre
1964
Explosion d'une première bombe atomique par la Chine

mai
1966
Déclenchement de la Révolution culturelle en Chine

mars
1969
Incidents frontaliers entre la Chine et l'URSS

avril
1969
Ouverture du IXe Congrès du Parti communiste chinois

septembre
1971
Décès de Lin Piao

octobre
1971
Admission de la République populaire de Chine par l'Organisation des Nations unies

août
1973
Ouverture du Xe Congrès du Parti communiste chinois


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