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24 août 1973

Ouverture du Xe Congrès du Parti communiste chinois

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Zhou Enlai

Après des années turbulentes, marquées par la Révolution culturelle et des développements importants en politique étrangère, le Parti communiste chinois (PCC) se réunit secrètement en Congrès à Beijing.

Lors du Congrès de 1969, le PCC avait constitutionnellement désigné Lin Piao comme successeur éventuel de Mao Zedong, mais leur relation s'est détériorée par la suite. Lin Piao meurt dans des circonstances nébuleuses en 1971 et ses alliés, comme Chen Boda et d'autres membres de l'état-major, sont évincés et dénoncés lors du Congrès de 1973. Malgré un discours radical, le PCC semble tout de même, selon plusieurs analystes, adopter une approche moins extrémiste et plus pragmatique, tant en politique intérieure qu'extérieure. De nombreux cadres et administrateurs, tombés en disgrâce pendant la Révolution culturelle, sont réhabilités. Le cas de Deng Xiaoping est le plus connu. De plus, Mao demeure à la tête du Comité central et du Bureau politique, mais la nouvelle Constitution met l'accent sur le leadership collectif au sein du parti et moins sur le culte de sa personnalité. Les spéculations sur l'identité de son successeur sont alimentées par l'ascension d'un jeune homme peu connu, Wang Hung-wen, au sein du Bureau politique. Considéré un moment comme le numéro 3 du PCC, derrière Mao et Zhou Enlai, celui-ci sera cependant écarté et emprisonné en 1976 avec les autres membres de la bande des 4 dont il faisait partie. Enfin, le Xe Congrès est influencé par l'évolution récente de la situation internationale. Admise aux Nations unies en 1971, la Chine a normalisé ses relations avec le Japon. Surtout, même si le premier ministre Zhou Enlai tient des propos durs à l'endroit des deux superpuissances dans son rapport politique, un rapprochement stratégique s'est effectué avec les États-Unis. Son moment fort a été la visite du président Richard Nixon en 1972. En revanche, les tensions persistent avec la superpuissance soviétique dont le Parti communiste est qualifié de « clique de renégats révisionnistes ».

Dans les médias...


Pierre Rocheron, « L'irrésistible ascension de Weng Hung-wen »

«...Plusieurs ont aujourd'hui leur revanche : ils entrent au Comité central. Parmi eux, l'ancien secrétaire général du Parti, Teng Hsiao-ping; l'ancien vice-Premier ministre, Tan Chen-lin; le Mongol Ulanfu et bien d'autres, jadis dénoncés comme « révisionnistes » et « roitelets locaux ». Victoire de la « bureaucratie » pragmatique, menée par Chou En-lai, sur les gauchistes qui se réclamaient (à tort ou à raison) de Mao ? Ce n'est pas si simple. Car, dans les semaines précédant le congrès, des attaques ont été développées par les éléments extrémistes contre Chou. Notamment par des articles transparents, qui le comparaient à... Confucius, philosophe traditionaliste. En voyant revenir à ses côtés un certain nombre de ses vieux camarades jadis épurés et en prononçant le rapport politique, Chou En-lai marque un point, tandis que Mao, qui n'a pas parlé, est dans une situation équivoque. Il n'a jamais personnellement condamné Lin Piao. Est-il déjà momifié dans son propre mythe de dieu vivant et pratiquement sans prise sur le pouvoir ? Il aura quatre-vingts ans en décembre. »

Jeune Afrique (France), 15 septembre 1973, p. 36.

Gilbert Padoul, « La Chine de Chou En-lai »

«...la ligne politique adoptée par le Dixième Congrès est habile et, par bien des côtés, raisonnable. Elle peut être d'abord définie comme celle de la réconciliation. Si l'ultra-gauche et certains bureaucrates ont été laissés aux oubliettes de l'histoire, on a fait un réel effort d'amalgame entre les cadres fidèles, à toutes les politiques successives, les jeunes apparus pendant la Révolution culturelle et les anciens bureaucrates réhabilités. Les premiers gardent des positions-clefs dans la gestion des affaires, notamment économiques. Les seconds conservent, et parfois gagnent, des positions importantes. C'est par exemple le « groupe de Shanghai », dont est issu le nouveau numéro trois de la hiérarchie, Wang Hong-wen. Il est probable qu'ils jouent, sous l'autorité de Chou En-lai, un rôle considérable dans les affaires du Parti et donc dans l'élaboration de la stratégie globale du régime. Les troisièmes reviennent en force : ils sont une bonne trentaine de dirigeants gravement critiqués pendant la Révolution culturelle qui rentrent dans le nouveau Comité central. Certains d'entre eux, comme Deng Xiao-ping, jouent à nouveau un rôle politique réel, mais il faudra sans doute attendre quelque peu avant qu'ils puissent revenir au premier plan. »

Esprit (France), novembre 1973, p. 675.

Léon Trivière, « La Chine et ses dirigeants »

«...La déchéance du dauphin (Lin Piao) fait monter Chou En-lai sur les marches du trône. Déjà grand commis de l'État et grand maître de la diplomatie, il devient le deuxième personnage du Parti. Il vient immédiatement après Mao Tsé-tung, dont il est à la fois l'associé, l'opposé et le complément depuis plus de 40 ans. Différents par leur personnalité et leur style de travail, les deux hommes n'ont jamais cessé de vivre en complémentarité, en symbiose, tout au long des crises majeures et de l'histoire tumultueuse du Parti. (...) Lin Piao représentait l'ordre des fusils. Chou En-lai, l'ordre des réalités, le poids des choses. Depuis la disparition de Lin Piao, il peut suivre une ligne plus personnelle, en politique intérieure et extérieure, avec l'approbation de Mao Tsé-tung. Par sa riche expérience internationale et son sens aigu des réalités nationales, M. Chou En-lai s'affirme incontestablement comme l'un des hommes d'État les plus remarquables de notre temps. Mais sa tâche demeure immense et ses années lui sont comptées. Il lui faut assurer la relève du président Mao et celle du Premier ministre. »

Études (France), décembre 1973, p. 662-663.

S.A., « Putting Its House in Order »

«...The Congress apparently failed to resolve the question of Mao's eventual successor. The announced lineup of the new 21-member Politburo gives no clue as to who ranks where in the hierarchy. To some observers, this suggests that although Chou is clearly No. 2 now, the party may be preparing for a collective leadership during the transition period after Mao dies or retires. By contrast, the Ninth Party Congress, in the process of approving a new constitution, specifically named Defense Minister Lin Piao as Mao's heir. Last week's conclave repaired that embarrassing error. The constitution was revised to expunge the name of Lin Piao, who was, according to Hsinhua, publicly excoriated as a « bourgeois careerist, conspirator, counterrevolutionary, double-dealer, renegade, and traitor. » (...) The U.S. and other Western nations may also have reason to be pleased. If, in fact, Chou has been strengthened as much as the first hints from the Congress indicate, then China - for the short run at least - will probably continue its policy of relaxing international tensions and encouraging political and economic relations with the capitalist nations it once damned. »

Time (édition canadienne), 10 septembre 1973, p. 30.

Gouvernance et gouvernement [ 24 août 1973 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleDong BiwuZhou Enlai

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1968 - 1978



mars
1969
Incidents frontaliers entre la Chine et l'URSS

avril
1969
Ouverture du IXe Congrès du Parti communiste chinois

septembre
1971
Décès de Lin Piao

octobre
1971
Admission de la République populaire de Chine par l'Organisation des Nations unies

août
1973
Ouverture du Xe Congrès du Parti communiste chinois

janvier
1976
Décès de Zhou Enlai

juillet
1976
Tremblement de terre à Tangshan, en Chine

septembre
1976
Décès de Mao Zedong

octobre
1976
Arrestation en Chine des membres de la «bande des quatre»

août
1977
Ouverture du XIe Congrès du Parti communiste chinois


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