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6 mai 2012

Tenue d'élections législatives en Grèce

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Lucas Papademos

Les électeurs grecs expriment leur colère à l'endroit des deux partis dominants au Conseil des Grecs, le Pasok et la Nouvelle Démocratie (ND), qui connaissent une forte chute au niveau des sièges et des intentions de vote. La division des élus, incapables de s'entendre sur la formation d'un gouvernement, est telle qu'elle force de nouvelles élections le 17 juin.

Révélée par la crise de 2008, la situation financière catastrophique de la Grèce incite ses dirigeants à adopter une politique d'austérité afin de se soumettre aux exigences du Fonds monétaire international et de ses partenaires de la zone euro. Afin de faire accepter ces mesures, les principaux partis, dont le Pasok et la ND, forment un gouvernement de coalition en novembre 2011 sous le premier ministre Lucas Papademos. L'impopularité des politiques - coupures salariales, taxation plus lourde, etc. - accentue toutefois la grogne qui entraîne la démission de ministres et la colère dans les rues d'un pays déjà affecté par un fort chômage. Le rejet des partis de la coalition s'exprime aux urnes lors des législatives du 6 mai 2012, qui suivent de près un nouveau plan d'austérité. Alors que le Pasok et la ND obtenaient 77,4% des voix en 2009, ce total chute à 35,7% en 2012. Ensemble, ces deux formations favorables à l'austérité restent à court de la majorité avec 149 députés sur les 300 du Conseil des Grecs. Or, aucun des tiers partis, marginaux jusque-là, n'accepte de participer à une coalition avec elles. La Coalition de la gauche radicale obtient un sommet historique avec 52 sièges, devant la droite - les Grecs Indépendants - et les communistes avec respectivement 33 et 26 députés. Agressive face à l'immigration, l'extrême-droite de l'Aube dorée entre pour sa part au Parlement avec 21 sièges. Cette instabilité inquiète les observateurs, de plus en plus nombreux à envisager le retrait de la Grèce de la zone euro. Après une semaine de tractations, le refus des autres formations de joindre la ND et le Pasok et l'incapacité de la Coaltion de la gauche radicale à former un nouveau gouvernement provoquent une impasse. Elle force la tenue de nouvelles élections prévues pour le 17 juin.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


S.A., « En Grèce la crise est aussi politique »

«...Jamais en Grèce, depuis la fin de la guerre, un scrutin n'a été aussi crucial. Son enjeu n'est rien de moins que la place du pays dans l'Europe et dans la zone euro; et sa capacité à surmonter sa faillite actuelle. Rarement, pourtant, une élection aura été aussi peu porteuse d'espérances. Accablé, écoeuré et déboussolé, le peuple grec va voter, dimanche, dans un mélange de peur, de colère et de résignation. Rarement, par conséquent, le résultat d'une telle consultation aura été aussi incertain. Tout y contribue : l'éparpillement des candidatures, le discrédit des responsables politiques - de gauche comme de droite - , la montée des extrémismes, l'indécision des électeurs. Rien ne garantit, bien au contraire, que ce scrutin permette de surmonter l'instabilité et de former un gouvernement capable de prendre et d'appliquer les rudes décisions qui l'attendent. A cet égard, le spectacle de la campagne électorale est inquiétant : les deux partis qui constituent l'actuel gouvernement - le Pasok, à gauche, et Nouvelle Démocratie, à droite - , ont de bonnes chances de devoir poursuivre leur cohabitation. Pourtant, ils ont fait campagne l'un contre l'autre comme au plus beau temps de ce bipartisme clientéliste qui a tant paralysé la Grèce. »

Le Monde (France), 7 mai 2012, p. 1.

Nicolas Barré, « L'heure de vérité de l'euro »

«...Une fois de plus dans sa courte histoire, la zone euro connaît une tension extrême qui menace son intégrité. Jamais un de ses pays membres, la Grèce en l'occurrence, n'a été aussi près d'en sortir. Le peuple grec est aujourd'hui ingouvernable, son élite politique totalement déconsidérée, résultat de nombreuses années de déliquescence démocratique, de corruption, de détournement d'argent public au profit de clans et d'évasion fiscale au plus haut niveau. Le procès-verbal de cette faillite politique et morale doit être dressé, la société grecque ne se relèvera pas sans un profond examen de conscience. « Cette faiblesse collective n'a peut-être été, souvent, que la somme de beaucoup de faiblesses individuelles » : le jugement lucide de Marc Bloch sur les carences de la France de 1940 s'applique à la Grèce de 2012. Mais, au-delà du sort du peuple grec, l'Europe entière a un défi historique à relever. Et elle ne peut y parvenir qu'avec un couple franco-allemand bien accordé. »

Les Échos (France), 9 mai 2012, p. 14.

Maria Malagardis, « Alexis Tsipras, le Grec qui fait trembler Bruxelles »

«...Avec son visage poupon et son allure de garçon sage, Alexis Tsipras s'était déjà distingué en devenant le plus jeune leader de parti que la Grèce ait jamais connu. Depuis mardi, fort de la percée de Syriza (Coalition de la gauche radicale), qui obtient 16,7% des voix, Tsipras est également chargé de former un gouvernement. Certes, ses chances de réussir sont aussi réduites que celles d'Antonis Samaras, le leader conservateur de Nouvelle Démocratie, qui, bien qu'arrivé en tête aux élections, n'a pas réussi à former un gouvernement faute d'alliés, et a jeté l'éponge dès lundi soir (...). Mais Tsipras a déjà gagné une première manche en confirmant par les urnes l'impopularité des réformes d'austérité. Depuis son succès électoral, l'hypothèse d'une remise en cause du mémorandum imposé par Bruxelles n'a jamais semblé aussi crédible. Les partenaires de la Grèce l'ont d'ailleurs bien compris, multipliant depuis deux jours les déclarations pour rappeler que toute renégociation du plan d'austérité grec était impossible et conduirait même la Grèce hors de la zone euro. »

Libération (France), 10 mai 2012, p. 5.

Serge Truffault, « Présidentielle en France - Pour le changement »

«...L'austérité n'étant pas une fatalité, pour reprendre le mot du nouveau président, ce dernier entend s'appliquer à convaincre ses partenaires de la nécessité d'oeuvrer à une « réorientation de l'Europe », ainsi qu'il l'a martelé dans le premier discours décliné dans le cadre de sa nouvelle fonction. À cet égard, il faut absolument faire un arrêt sur image en Grèce. Au terme des législatives qui se tenaient simultanément à la présidentielle française, les Grecs ont infligé un sacré revers aux partis traditionnels. Les conservateurs sont arrivés en tête avec 20 % seulement des suffrages, suivis des communistes, des socialistes et des fascistes tendance très dure pour ne pas dire nazie. Toujours est-il que, parmi les quatre principales formations, on en compte deux farouchement anti-européennes. Ce faisant, les Grecs viennent de signifier à Angela Merkel, comme d'ailleurs l'ont fait une majorité de Français, qu'il serait grandement temps qu'elle mette son obsession pour l'austérité, et seulement l'austérité, entre parenthèses. »

Le Devoir (Québec, Canada), 7 mai 2012, p. A6.

Rachel Donadio, Niki Kitsantonis, « Voters in Greece Punish 2 Mainline Parties for Economic Collapse »

«...Greece was plunged into political uncertainty on Sunday after voters bolstered the far left and neo-Nazi right in a wave of protest that saw the crushing defeat of the dominant political parties they blame for Greece's economic collapse. The parliamentary elections were the first time Greece's foreign loan agreement had been put to a democratic test, and the outcome was clear: a rejection of the terms of the bailout and a fragmentation of the vote so severe that the two more established parties were scrambling to form alliances in a hung Parliament. The elections were seen as pivotal, determining both the country's future in Europe and its prospects for economic recovery. The outcome, along with that in France, is expected to resonate far beyond Europe and possibly lead to more upheaval in the euro zone. The results were also a clear rebuke to European leaders that their strategy for Greece had failed. »

New York Times (États-Unis), 7 mai 2012, p. A9.

Gouvernance et gouvernement [ 6 mai 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Grèce
ÉlevéKarolos G. PapouliasLoukas Papademos

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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