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17 juin 2012

Élection d'une majorité de gauche aux législatives en France

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jean-Marc Ayrault

Un mois après la victoire de François Hollande lors de l'élection présidentielle, les Français accordent 280 sièges au Parti socialiste (PS), ce qui lui procure, avec ses alliés de gauche, une majorité des 577 sièges de l'Assemblée nationale. Elle leur donnera les coudées franches pour faire avancer leur programme législatif.

Lors de la présidentielle du 6 mai 2012, les Français donnent une majorité au socialiste François Hollande contre le président sortant, Nicolas Sarkozy de l'Union pour un mouvement populaire (UMP). Un nouveau gouvernement, dirigé par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, est assermenté le 15 mai. Après la présidentielle, les sondages demeurent favorables aux socialistes qui font bonne figure au premier tour des législatives, le 10 juin. Cet élan se poursuit lors du second tour, le 17 juin, avec l'élection de 280 socialistes plus une trentaine d'alliés de la gauche qui les supportent. Tous les ministres en lice sont élus, la défaite socialiste la plus notable étant celle de l'ex-candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal. Celle-ci se retrouve d'ailleurs au centre d'une controverse puisque son rival au second tour, Olivier Falorni, est un socialiste dissident du PS qui a reçu l'appui de Valérie Trierweiler. Cette dernière est la conjointe de François Hollande, l'ex-conjoint de Royal. Parmi les autres vaincus de renom on compte les ex-ministres de l'UMP Claude Guéant et Michèle Alliot-Marie. Deux candidats défaits à la présidentielle, le centriste François Bayrou et Marine Le Pen du Front national, perdent également dans leur circonscription. Leurs formations respectives n'obtiennent que deux sièges, une maigre récolte pour le FN qui a eu 13,6 % des voix au premier tour. Au lendemain du scrutin, une lutte se dessine pour le leadership de la droite défaite entre l'ex-premier ministre François Fillon et le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, tous deux réélus. À court terme, les regards sont cependant tournés vers le PS qui, avec la présidence et des majorités à l'Assemblée nationale et au Sénat, aura la latitude pour faire avancer ses politiques. Malgré les enjeux, le taux de participation de 55,4 % au deuxième tour démontre le faible intérêt des Français pour ces législatives.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Antoine Guiral, « Un palais rose Bourbon »

«...Le changement, acte 2. Après sa victoire élyséenne du 6 mai, François Hollande dispose désormais de tous les moyens législatifs pour mettre en oeuvre son programme. Le résultat d'hier est pour lui un succès très politique. Dès le premier tour, les Français avaient indiqué qu'ils ne voulaient pas de cohabitation. En dépit d'un taux d'abstention historique (environ 44%), ils ont accordé hier au seul parti du chef de l'État une majorité absolue de sièges. Cette forte légitimité lui sera très utile pour peser sur la scène européenne. Déjà majoritaire dans les régions et les départements, la gauche détient tous les leviers du pouvoir. Une première sous la Ve République. (...) Le changement, acte 2. Après sa victoire élyséenne du 6 mai, François Hollande dispose désormais de tous les moyens législatifs pour mettre en oeuvre son programme. Le résultat d'hier est pour lui un succès très politique. Dès le premier tour, les Français avaient indiqué qu'ils ne voulaient pas de cohabitation. En dépit d'un taux d'abstention historique (environ 44%), ils ont accordé hier au seul parti du chef de l'État une majorité absolue de sièges. Cette forte légitimité lui sera très utile pour peser sur la scène européenne. Déjà majoritaire dans les régions et les départements, la gauche détient tous les leviers du pouvoir. Une première sous la Ve République. »

L'Humanité (France), 18 juin 2012.

Elsa Freyssenet, « Fin de partie pour François Bayrou »

«...François Bayrou voit sanctionnée par une seconde défaite (après son score décevant de 9,1 % à la présidentielle) son émancipation progressive de la droite, commencée en 2002 avec son refus de rejoindre l'UMP. Ses détracteurs le rendent responsables de la « désintégration » de la famille centriste et libérale, qui comptait en 1997, malgré la défaite de la droite, 114 députés. Lui plaide la constance de son combat - un centre indépendant, le dépassement du clivage droite-gauche - et sa haute idée de la politique : « La politique a besoin de valeurs, le peuple a besoin de vérité, le pays a besoin d'unité. » Toujours prompt à s'imaginer un destin malgré les échecs, le président du Modem n'a pas voulu paraître renoncer hier. (...) Mais pour cet homme d'ancrage, élu depuis 1986 dans cette circonscription, cette défaite-là est particulièrement rude : privé de la tribune de l'Assemblée, celui qui n'est plus que conseiller municipal de Pau perd aussi la légitimité qui confère une élection nationale. Et il n'a pas derrière lui un grand parti sur lequel s'appuyer pour rebondir. »

Les Échos (France), 18 juin 2012, p. 6.

Charles Jaigu, « L'UMP prend acte de sa défaite et prépare la suite »

«...S'il a réussi à organiser sa survie, le premier parti de l'opposition (l'UMP) a devant lui de très difficiles défis à relever. Le premier est celui de l'incarnation d'un nouveau leadership à droite. Une bataille rude se prépare entre fillonistes et copéistes pour la présidence du parti. Le deuxième défi est la stratégie à tenir face à un Front national rénové par Marine Le Pen. Ce débat-là sera au coeur de la campagne interne. Bruno Le Maire, qui sort renforcé de ces législatives, a souligné dès vendredi que l'UMP devrait aller « beaucoup plus loin » et ne pas s'en tenir à la ligne du « ni-ni ». Sous entendu : l'UMP devra répondre clairement aux aspirations de l'électorat du Front national tout en fermant la porte à toute perspective d'alliance. Élu avec 57,9 % des voix dimanche soir, malgré un Front national « à 17 % » au premier tour, l'ancien ministre y voit la preuve que ces clarifications sont « payantes ». (...) Le troisième défi est celui de la reconquête des électeurs centristes. La création du Nouveau Centre en 2007 n'a pas suffi à combler le vide qui a résulté de la disparition de l'UDF. Depuis, l'UMP cherche désespérément un leader centriste qui ne soit ni trop fort ni trop faible et qui accepterait le rôle compliqué et ingrat de parti d'appoint. »

Le Figaro (France), 18 juin 2012.

François Brousseau, « Voter, pourquoi ? »

«...À Paris, au lendemain d'élections législatives écrasantes, il est exact que le nouveau président François Hollande - en ce qui concerne l'équilibre « politicien » à l'intérieur des institutions - aura « la voie libre » comme jamais un président français dans le passé. Il disposera d'une claire majorité socialiste, non seulement à l'Assemblée nationale, mais aussi au Sénat et dans les collectivités régionales. Mais ce nouvel « État-PS », en apparence tout-puissant, arrive « au pouvoir » face à une conjoncture économique, européenne, mondiale, telle qu'il n'a pratiquement aucune marge de manoeuvre. Il en sera quitte pour tenter d'infléchir, tant soit peu, une politique dictée par l'état des finances du pays, par les marchés, et par le voisin tout-puissant qu'est l'Allemagne d'Angela Merkel. Car la « vraie » politique, c'est là qu'elle se joue désormais. Les plus redoutables adversaires de François Hollande ne s'appellent pas UMP ou Front national. Ils ont pour noms « dette nationale », « idéologie allemande » et « marchés financiers ». Ses vrais alliés politiciens ? Peut-être l'Italie de Mario Monti, ou l'opposition sociale-démocrate à Berlin... La joute s'annonce terrible. »

Le Devoir (Québec, Canada), 18 juin 2012, p. B1.

Angelique Chrisafis Paris, « France's Socialist Win Free Hand to Tackle Economic Woes : Left Gains Historic Control of Assembly and Senate Two Seats Gained by Far-Right Front National »

«...Francois Hollande's Socialist party has won an absolute majority in the French parliament, giving him a free hand in his attempts to drag France out of its economic crisis through a mixture of deficit-reduction and growth measures. The left now holds a historic concentration of power in France as it controls both the assembly and the senate. But Hollande faces the difficult task of tackling France's economic gloom, high unemployment and rising debt. His plans include raising taxes on the wealthy. An audit of the country's dire public finances will set the tone for the first summer parliament session later this month. The prime minister, Jean-Marc Ayrault, appeared to be preparing France for difficult choices and sacrifices in his speech after the vote, saying: « The task ahead of us is immense. » »

The Guardian (Royaume-Uni), 18 juin 2012.

Gouvernance et gouvernement [ 17 juin 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéFrançois HollandeJean-Marc Ayrault

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Dépôt d'un important rapport du GIEC sur les changements climatiques

avril
2007
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2007
Élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française

juin
2007
[Résultats] Élections législatives

mai
2011
Arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York

avril
2012
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2012
Élection de François Hollande à la présidence de la République française

juin
2012
Élection d'une majorité de gauche aux législatives en France

juin
2012
[Résultats] Élections législatives

mai
2014
Début des élections législatives au Parlement européen

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2015
Manifestations d'envergure en France à la suite d'attentats terroristes

novembre
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Attentats terroristes en France

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Fin de la Conférence de Paris sur le changement climatique


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